
Fondée en pleine guerre de libération nationale, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) célèbre son 70ᵉ anniversaire dans un contexte marqué par de profondes mutations économiques et sociales. Acteur incontournable du dialogue social, le syndicat continue de défendre les droits des travailleurs face aux défis du marché du travail et aux réformes engagées par les autorités.
L’Union générale des travailleurs algériens est l’un de ces symboles liés à l’histoire de l’Algérie. Ce n’est pas seulement une organisation syndicale, mais une partie du parcours d’un peuple qui a refusé de vivre dans l’humiliation et sous la domination de l’ennemi. Les Algériens ont voulu construire leur avenir par leurs propres efforts, malgré les difficultés. Aujourd’hui, l’Algérie célèbre l’anniversaire de la création d’une organisation qui a joué un grand rôle dans le recouvrement de cette liberté.
L’UGTA a été fondée le 24 février 1956 pendant la période de la colonisation française, à un moment où la révolution de libération était à son apogée. Sa création s’est faite avec le soutien du Front de libération nationale afin de rassembler les travailleurs algériens dans une seule organisation syndicale nationale. Son rôle ne se limitait pas à la défense des droits matériels et sociaux des travailleurs, mais visait aussi à diffuser la conscience nationale et à soutenir la lutte pour la libération de l’Algérie.
Le militant Aïssat Idir a été l’un des principaux fondateurs de l’UGTA. Il a été élu premier secrétaire général en 1956 et reste l’une des figures historiques qui ont lié le travail syndical à la lutte nationale. Il a également été arrêté en raison de son activité politique et syndicale durant cette période difficile.
Bien que les autorités coloniales aient interdit l’activité de l’UGTA en mai 1956, l’organisation a continué à travailler dans la clandestinité. Son rôle s’est particulièrement illustré lors de la célèbre grève des huit jours en 1957, qui a marqué un moment important de l’histoire de la révolution algérienne et a montré l’unité du peuple autour de la cause de l’indépendance.
Après l’indépendance, l’UGTA est devenue un partenaire social essentiel dans la construction de l’État algérien. Elle a élargi son activité à plusieurs secteurs professionnels, notamment l’énergie et la pétrochimie, ainsi que la fonction publique, l’industrie, le transport, la santé et l’éducation.
Aujourd’hui, l’UGTA compte environ 2 millions d’adhérents à travers différents secteurs, ce qui en fait la plus grande organisation syndicale en Algérie en nombre de membres, avec un réseau de fédérations et de bureaux régionaux qui travaillent pour défendre les préoccupations des travailleurs et améliorer leurs conditions professionnelles et sociales.
Le secrétaire général actuel de l’UGTA est Amar Takdjout, qui supervise la gestion de l’organisation et poursuit le dialogue social pour défendre les intérêts des travailleurs face aux changements économiques et sociaux que connaît le pays.
L’UGTA n’est pas seulement une organisation professionnelle, mais aussi une partie de la mémoire nationale algérienne. Son nom reste lié à l’histoire de la révolution et à la construction de l’État après l’indépendance.
Chaque année, l’Algérie célèbre cet anniversaire pour rappeler le rôle historique de l’UGTA dans la défense des travailleurs et pour honorer les sacrifices de ses premiers dirigeants qui croyaient que la force d’un pays commence par l’organisation et l’unité de ses travailleurs.
Amira Benhizia
