
Dans une initiative sans précédent et un bond en avant unique dans le domaine médical, l’Algérie a franchi une étape historique dans le secteur de la santé, avec le lancement prochain des opérations de chirurgie cardiaque et de transplantation.
Cette mesure témoigne des efforts de l’État pour améliorer et développer le secteur et offre un espoir à des milliers de patients en quête de soins dans le pays.
Dans un discours prononcé par le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, par l’intermédiaire de son secrétaire général Mohamed Talhi, lors d’une session parlementaire organisée par l’Assemblée nationale en début du mois de février, il a été annoncé que l’Algérie franchirait cette année une étape historique : le lancement effectif des opérations de transplantation cardiaque sur le territoire national. En termes médicaux, la transplantation cardiaque est considérée comme le dernier espoir pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque aiguë. L’organe malade est prélevé et remplacé par un organe compatible, provenant d’un donneur sain en état de mort cérébrale. La difficulté de l’opération réside dans le fait que la transplantation doit être réalisée en moins de six heures afin de garantir la survie des tissus greffés. À cet égard, l’ambition de l’Algérie réside dans le lancement de cette révolution médicale. Son lancement n’est pas le fruit d’une décision prise sur un coup de tête, mais bien l’aboutissement d’années de préparation et de formation des professionnels de santé.
Selon le ministre de la Santé, il s’agit d’une priorité absolue pour des milliers de patients, car son importance dépasse la dimension humanitaire, par laquelle l’État entend garantir la dignité du patient et lui permettre de se faire soigner dans son pays et auprès de sa famille. Elle comporte également une dimension économique, en réduisant les coûts exorbitants des soins médicaux et des transferts à l’étranger, ainsi qu’en assurant la mise à jour de la Plateforme technique nationale. En dépit des objectifs ambitieux, le ministre n’a pas sous-estimé les défis auxquels le secteur médical doit faire face. Les données récentes révèlent une nette disparité entre les besoins croissants des patients et la disponibilité réelle des services spécialisés, illustrant l’ampleur du travail à accomplir pour atteindre une couverture efficace et équitable.
Parmi ces défis, les transplantations rénales demeurent limitées : depuis la première intervention à l’hôpital universitaire Mustapha-Pacha en 1986, seulement 1 600 opérations ont été réalisées. De même, les greffes de cellules souches restent fortement centralisées, le Centre Pierre-et-Marie-Curie d’Alger constituant le seul établissement national capable de traiter les cancers du sang et les anémies sévères, soulignant ainsi la nécessité de renforcer et d’étendre les capacités de ces services essentiels.
Ce processus, véritable combat pour la survie, ne s’arrête pas à la transplantation cardiaque. Le véritable défi commence ensuite : le corps réagira-t-il ? L’organisme est programmé pour rejeter les substances étrangères. C’est là qu’interviennent les médicaments immunosuppresseurs. L’État s’engage à fournir ces médicaments rares et essentiels afin de permettre aux patients de vivre de nombreuses années après la transplantation. Pour inverser cette tendance, un programme national de développement a été mis en place sous l’égide de l’Agence nationale des greffes.
L’inclusion d’une telle procédure dans les dossiers médicaux algériens ne constitue pas seulement un développement du secteur, mais aussi un message d’espoir pour les patients et leurs familles, prouvant que l’État a relevé le défi de réduire les longs parcours de soins et les coûts exorbitants, et démontrant que les soins seront prodigués par des Algériens bien formés pour cette expérience.
Abir Menasria
