
Alors que les nouvelles règles techniques de la Formule 1 suscitent déjà un flot de critiques, notamment de la part de plusieurs pilotes, certaines figures majeures du paddock appellent au contraire à la patience. Les dirigeants d’Audi et de Ferrari ont ainsi tenu à défendre le nouveau cadre réglementaire, estimant qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions hâtives.
Pour Jonathan Wheatley, directeur de l’écurie Audi F1, le week-end de débuts de la marque allemande dans la discipline a offert des signaux encourageants. L’équipe a inscrit ses premiers points grâce à la neuvième place de Gabriel Bortoleto, même si la course de Nico Hulkenberg s’est arrêtée avant même le départ : une perte totale de communication télémétrique a immobilisé sa monoplace lors du tour de formation.
Malgré cet incident, Wheatley s’est montré enthousiaste quant au spectacle offert en piste.
« Le point positif, c’est qu’Audi est en Formule 1, Cadillac est en Formule 1, » a-t-il déclaré.
« Nous avons vu une course où les positions ont changé, avec de très beaux dépassements. Les voitures ont offert de la course. La stratégie a toujours joué un rôle. »
Les nouvelles règles, notamment la gestion très poussée de l’énergie, ont été comparées par certains pilotes à un jeu vidéo façon « Mario Kart ». Une critique que Wheatley ne partage absolument pas.
« Cette bataille énergétique fascinante – que les pilotes disent ne pas trouver fascinante – moi je l’ai trouvée formidable, » a déclaré l’ancien directeur sportif de Red Bull Racing.
Il a même répondu directement à l’un des critiques les plus virulents du nouveau règlement, son ancien pilote Max Verstappen.
« Max a aussi réalisé une très bonne course et obtenu un résultat. Très honnêtement, je n’ai pas vu de problème. »
Wheatley a également insisté sur l’ampleur du défi relevé par Audi pour ses débuts dans la catégorie reine.
« Tout ce que vous voyez en piste est nouveau : la voiture, la boîte de vitesses, absolument tout. Marquer des points immédiatement est un jour historique pour nous. Je suis incroyablement fier du travail accompli à Hinwil et Neuburg, ainsi que de toutes les personnes qui nous ont amenés jusque-là. »
Du côté de la Scuderia Ferrari, le discours est également mesuré. Le directeur général de Ferrari, Benedetto Vigna, estime que le paddock doit prendre davantage de recul avant de juger l’impact des nouvelles règles.
« Je pense qu’il est préférable d’attendre encore quelques courses avant de donner une opinion précise sur le nouveau règlement, » a-t-il expliqué.
Le dirigeant italien souligne notamment que certains aspects de la course ont déjà montré leur potentiel.
« La première partie de la course était très captivante. L’idée d’utiliser et de doser l’énergie est quelque chose qui rend le sport plus intéressant. Tout le monde va continuer à progresser et à mieux comprendre comment utiliser l’ensemble du package de manière optimale. »
Dans un paddock encore en phase d’adaptation aux nouvelles règles techniques, Audi et Ferrari préfèrent donc défendre une approche pragmatique : laisser le temps aux équipes et aux pilotes de s’approprier un règlement qui pourrait toutefois évoluer juste après le Grand Prix de Chine, si nécessaire.
