Start-up : Développer des modèles de l’IA adaptés aux spécificités du pays

À l’heure où l’intelligence artificielle redessine les équilibres économiques et technologiques mondiaux, l’Algérie entend clairement éviter le rôle de simple spectatrice. Dans ce cadre, le ministre de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, a effectué mardi dernier une visite de travail dans la wilaya de Médéa.

Une sortie sur le terrain qui s’est rapidement transformée en message stratégique : l’Algérie veut développer ses propres outils d’intelligence artificielle (IA), conçus en fonction de ses besoins économiques, sociaux et culturels.
Aujourd’hui, on le constate chaque jour, c’est l’avènement global de l’IA. Plus que votre simple chatbot, cette IA est en train de redessiner les équilibres économiques, culturels et même sécuritaires mondiaux. D’ailleurs aujourd’hui, vous l’aurez remarqué, l’IA est exploitée énormément dans le conflit au Moyen-Orient. Elle en serait même le premier soldat. Certains estiment que ceux qui vont dompter l’IA vont dompter ce siècle, voire les prochains également. Les modèles se font par milliers à travers le monde, les superpuissances mondiales sont déjà pionnières… mais qu’en est-il de l’Algérie ? Eh bien nous n’en avons toujours pas, enfin pas pour longtemps.
Lors de sa visite à la wilaya de Médéa, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, le ministre Noureddine Ouadah l’a clairement martelé ! L’Algérie est en train de « développer des modèles d’intelligence artificielle (IA) adaptés aux spécificités du pays ».
Cette annonce très importante a été prononcée lors d’un point de presse. C’est une nouvelle orientation pour notre pays qui prend connaissance de l’importance d’être un leader régional en la matière. Ce qui est important, c’est qu’on ne parle pas juste de développer des IA par des compétences algériennes mais de les adapter aux réalités locales qui sont souvent très différentes de ce qui est conçu à la Silicon Valley, au Heilbronn ou à Shenzhen. Le ministre a d’ailleurs insisté sur la nécessité de construire une approche nationale de l’intelligence artificielle, soulignant le travail mené avec plusieurs experts afin de développer des modèles d’intelligence artificielle adaptés à la nature de la société et à ses besoins.
M. Ouadah, dont le secteur progresse énormément, a expliqué ce qui a motivé son ministère à agir dans le sens du développement des modèles IA.  » L’IA occupe désormais une place importante dans plusieurs secteurs, dont l’économie et la sécurité régionale, un fait qui nécessite la formation des jeunes et leur habilitation à la comprendre de manière consciente  » a-t-il martelé.
Derrière cette déclaration se dessine une problématique centrale du monde numérique contemporain : la souveraineté algorithmique. Autrement dit, la capacité d’un pays à maîtriser les outils technologiques qui influencent l’économie, l’information, l’éducation ou encore la sécurité. Car l’intelligence artificielle n’est plus seulement une innovation technologique. C’est la force de décision du futur.

Former les générations à l’IA
Dans ce sens, il ne serait sûrement pas judicieux de notre part de ne pas s’attarder sur le volet éducatif dans la démarche de développement des modèles IA. Car, ce qui apparaît aujourd’hui concernant la volonté des pouvoirs publics dans ce sens, c’est qu’il ne s’agit plus d’importer des technologies, mais de former une nouvelle génération capable de les comprendre, de les maîtriser et surtout de les créer.
Dans cette logique, l’université apparaît comme un maillon central de la transformation économique du pays.
Au cours de sa visite, le ministre s’est rendu à l’Université Yahia-Farès de Médéa, où il a pris le temps d’échanger avec les étudiants et les porteurs de projets sur les difficultés qu’ils rencontrent dans la concrétisation de leurs idées entrepreneuriales.
Lors de cette rencontre, M. Ouadah a écouté leurs préoccupations et a discuté avec eux des défis auxquels sont confrontés les jeunes entrepreneurs, tout en leur présentant les différents dispositifs d’accompagnement mis en place par l’Etat.
Dans ce cadre, il a également rappelé que  » l’entrepreneuriat est ouvert à toute personne capable d’apporter une valeur ajoutée à l’économie locale et nationale « .
Ce message s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encourager la création de start-up et de micro-entreprises, considérées comme l’un des moteurs potentiels de diversification de l’économie algérienne.
Depuis plusieurs années, l’Etat multiplie en effet les dispositifs de soutien destinés aux jeunes porteurs de projets, qu’il s’agisse de financements, d’accompagnement administratif ou encore de programmes de formation.
Pour les autorités, la transformation de l’économie nationale passe inévitablement par l’émergence d’un tissu entrepreneurial innovant, capable de générer de la valeur dans des secteurs à forte intensité technologique.
Dans cette perspective, le ministre a tenu à rappeler le rôle stratégique de l’université dans la construction de cette nouvelle économie. Il a ainsi salué la contribution du monde académique dans la production de connaissances et dans la formation des compétences qui alimenteront les secteurs de l’innovation et de la technologie.

Les initiatives des entrepreneurs de Médéa
Au-delà des discours, et de l’annonce sur l’IA, la visite ministérielle à Médéa, on peut le dire a été très riche. Elle a permis de mettre en lumière des initiatives concrètes portées par de jeunes entrepreneurs.
Au cours de son déplacement, M. Ouadah a inspecté plusieurs projets ayant bénéficié d’un financement dans le cadre des dispositifs publics de soutien à l’entrepreneuriat.
Parmi eux figure une micro-entreprise spécialisée dans la programmation d’applications et l’installation de réseaux informatiques à Berrouaghia, symbole d’un secteur numérique en pleine émergence.
Une autre initiative, localisée à Zoubiria, se distingue dans un domaine très différent mais tout aussi stratégique : la production industrielle de produits en béton.
Ces projets illustrent la diversité du tissu entrepreneurial en construction dans plusieurs régions du pays, où innovation technologique et activités industrielles coexistent pour alimenter une dynamique économique locale.
Dans un monde où la compétition technologique s’intensifie chaque année, la capacité de l’Algérie à investir dans l’intelligence artificielle, la formation des compétences et l’innovation pourrait bien constituer l’un des leviers majeurs de sa transformation économique.
Car derrière les start-up, les incubateurs et les discours sur l’économie de la connaissance se joue une question beaucoup plus fondamentale : celle de la place que le pays souhaite occuper dans l’économie numérique mondiale des prochaines décennies.
Et dans cette bataille silencieuse, l’intelligence artificielle n’est plus simplement un outil. Elle devient une frontière stratégique.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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