«Haq el melh», une des traditions sociales algériennes : La reconnaissance et la gratitude

Après la fin du mois de Ramadan et du début de l’Aïd El-Fitr, une des traditions sociales les plus profondes de la société algérienne refait surface: « haq el melh », une coutume enracinée qui reflète un système de valeurs humaines fondé sur la reconnaissance et la valorisation du rôle de la femme au sein de la famille.

Dans les foyers oranais, comme dans de nombreuses régions du pays, « haq el melh » (littéralement « Droit du sel ») n’est pas perçu comme un simple cadeau, mais comme un rituel symbolique résumant un mois entier d’efforts et de dévouement. La maîtresse de maison, qui veille à préparer les repas de rupture du jeûne et du sohoor et à assurer le confort de sa famille, trouve dans ce geste une reconnaissance explicite de son rôle central dans la stabilité et la cohésion du foyer.
Traditionnellement, ce présent est offert par le chef de famille dans les derniers jours du Ramadhan ou le matin de l’Aïd, dans un moment chargé d’émotion et de signification sociale. Toutefois, cette coutume, bien qu’ancrée, ne suit pas de règles strictes et varie d’une famille à l’autre, selon les moyens et les références culturelles. Cette pratique illustre également la capacité de la société algérienne à préserver ses traditions tout en leur permettant d’évoluer. Autrefois, souvent associé à un bijou en or, « haq el melh » prend aujourd’hui des formes diverses : vêtements, parfums ou sommes d’argent, sans que son essence symbolique ne soit altérée.
Cette évolution traduit une prise de conscience sociale croissante : la valeur de cette tradition ne réside pas dans son aspect matériel, mais dans sa signification. L’essentiel n’est pas le prix du cadeau, mais le message qu’il véhicule : un message de gratitude et de reconnaissance pour les efforts quotidiens, souvent invisibles, de la femme au sein du foyer. Dans ce contexte, de nombreux citoyens estiment que « haq el melh » constitue un moment profondément humain, qui rééquilibre les relations familiales et leur confère une dimension affective. Ce n’est pas seulement une tradition saisonnière, mais une pratique qui contribue à ancrer la culture de la gratitude, souvent absente face aux pressions de la vie quotidienne.

Renforcer les liens d’affection
Les témoignages de différentes générations montrent que cette coutume, malgré sa simplicité, a un impact psychologique positif sur les femmes, renforçant leur sentiment d’appréciation et d’appartenance, et confirmant que les efforts fournis au sein du foyer ne passent pas inaperçus.Mustapha, un sexagénaire issu d’une ancienne famille oranaise, affirme que cette tradition est « enracinée depuis longtemps dans nos coutumes », ajoutant : « Mon père veillait, chaque année, à déposer le cadeau, souvent un bijou en or ou une somme d’argent, sur le plateau de café préparé par ma mère le matin de l’Aïd. C’était une belle surprise, même si elle était attendue ».
Mohamed, employé quadragénaire, explique qu’il a offert, cette année, un caftan à son épouse, son budget ne lui permettant pas d’acheter des bijoux : « L’essentiel, c’est le symbole et le sens », dit-il.
Lamia, quant à elle, indique qu’elle reçoit généralement « haq el melh » sous forme de vêtements ou de parfums, à la fin du mois sacré, précisant que son mari ne lui a offert un cadeau « traditionnel » que deux fois en près de 18 ans de mariage.
Les témoignages sont nombreux et montrent l’attachement des Algériens à cette tradition, malgré la diversité de ses formes. Samira, femme au foyer d’une trentaine d’années, déclare : « Pour moi, ce n’est pas la valeur du cadeau qui compte, mais le sentiment d’être appréciée. Même un geste simple me suffit, tant qu’il exprime la gratitude ».
De son côté, Abdelkader, commerçant quinquagénaire, estime que « haq el melh » dépasse la simple notion de cadeau : « C’est un message de respect et de reconnaissance envers la femme qui travaille dur tout au long du mois sacré », ajoutant qu’il essaie de maintenir cette tradition même dans des conditions difficiles. Malgré les contraintes économiques qui peuvent limiter la valeur matérielle des cadeaux, beaucoup tiennent à préserver cette coutume, même sous sa forme la plus simple, conscients de son importance symbolique et sociale.Ainsi, cette tradition demeure un témoignage vivant du fait que les coutumes, lorsqu’elles sont liées à des valeurs nobles, ne disparaissent pas, mais se renouvellent et perdurent, portant en elles l’esprit et la mémoire collective de la société.

ALGER 16 DZ

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