
Dans un contexte international marqué par des tensions persistantes sur les marchés de l’énergie et une recomposition accélérée des alliances stratégiques, la visite de la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, en Algérie, prévue demain, dépasse largement le cadre d’une simple rencontre diplomatique.
Prévue de longue date mais restée en suspens quant à sa date, cette visite intervient à un moment charnière, où les équilibres énergétiques mondiaux sont profondément bouleversés par les crises géopolitiques. Elle s’inscrit dans la continuité de l’échange téléphonique du 2 février dernier entre le Président Abdelmadjid Tebboune et la cheffe du gouvernement italien.
Mais au-delà du protocole, c’est bien la convergence d’intérêts entre Alger et Rome qui structure cette rencontre. L’Italie, confrontée à la nécessité de sécuriser ses approvisionnements énergétiques et de réduire sa dépendance des zones instables, voit en l’Algérie un partenaire fiable. De son côté, Alger entend capitaliser sur cette demande croissante pour consolider sa position sur le marché européen.
L’axe Alger-Rome apparaît désormais comme un pilier d’une nouvelle architecture énergétique, où les infrastructures existantes, notamment les gazoducs reliant directement les deux pays, offrent un avantage compétitif décisif.
La visite de Giorgia Meloni devrait ainsi permettre de franchir une nouvelle étape dans cette dynamique, avec la concrétisation attendue de plusieurs projets structurants. Parmi eux, la création d’une chambre de commerce algéro-italienne, proposée par la partie italienne. Les discussions devraient également porter sur des enjeux sensibles, tels que la gestion des flux migratoires et la coordination dans le cadre du futur sommet euro-africain.
En tous cas, le timing est stratégique et force est de constater que le dicton qui dit que les crises de certains peuvent être des opportunités pour d’autres n’a jamais sonné aussi vrai.
G. Salah Eddine
