
Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a mis en avant, à Niamey, l’importance de concrétiser la dynamique politique actuelle entre l’Algérie et le Niger, impulsée par les dirigeants des deux pays. Il a souligné que celle-ci devait se traduire par des réalisations économiques tangibles, au bénéfice des deux nations et de leurs peuples frères.
Dans son discours d’ouverture de la deuxième session de la Grande commission mixte algéro-nigérienne de coopération, qu’il copréside avec son homologue nigérien, M. Ali Lamine Zeine Mahamane, M. Sifi Ghrieb a déclaré que l’objectif principal qui nous réunit aujourd’hui est de traduire l’élan politique insufflé par les dirigeants de nos deux pays en réalisations concrètes, en projets tangibles et en résultats mesurables sur le terrain, bénéficiant directement à nos deux pays et à nos peuples frères, notamment dans les régions frontalières, qui constituent « un espace idéal pour la coopération et l’intégration.»
Dans cette perspective, il a précisé que les deux pays sont appelés à œuvrer autour de quatre axes majeurs : la consolidation des acquis, l’accélération de la mise en œuvre des grands projets d’infrastructure, l’élargissement et l’approfondissement des domaines de coopération bilatérale, ainsi que le renforcement du partenariat économique et commercial.
Après avoir salué le cadre solide établi grâce aux mécanismes de coopération et de coordination existants, M. Sifi Ghrieb a insisté sur la nécessité d’accélérer la concrétisation des projets structurants considérés comme essentiels à l’intégration régionale, à l’instar de la route transsaharienne, du gazoduc transsaharien et de la dorsale transsaharienne de fibre optique.
Il a ajouté que « ces projets ne sont pas de simples infrastructures, mais sont des moteurs essentiels de développement et d’intégration, et l’épine dorsale d’un corridor économique prometteur reliant le Bassin méditerranéen au cœur de l’Afrique de l’Ouest, ouvrant de vastes perspectives en matière de commerce, d’investissement et de développement commun.»
Le Premier ministre a, par ailleurs, mis en avant l’importance d’explorer de nouvelles perspectives de coopération et de finaliser des accords susceptibles de renforcer cette dynamique. Il a exprimé l’espoir que cette session débouche sur la signature d’accords et de mémorandums d’entente dans plusieurs secteurs clés, notamment la recherche géologique et minière, l’énergie, l’agriculture, la santé, la formation professionnelle et universitaire, ainsi que la jeunesse et les sports.
Enfin, M. Sifi Ghrieb a insisté sur la nécessité de « traduire la forte volonté politique qui anime les dirigeants des deux pays par l’élargissement des échanges économiques et l’encouragement des initiatives d’investissement ». Il a ainsi appelé les investisseurs, entrepreneurs et opérateurs économiques des deux pays à « découvrir les possibilités commerciales et d’investissement existantes » et à
« participer activement à la réalisation des projets de collaboration mutuelle ».
Création d’une zone de coopération frontalière
En abordant les travaux de la commission, le Premier ministre a souligné qu’ils s’inscrivent dans le prolongement de
« la visite historique du Président Abdourahmane Tiéné en Algérie, le mois dernier, à l’invitation du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. » Cette visite a marqué un tournant dans les relations bilatérales, posant les bases d’une nouvelle étape de collaboration stratégique entre l’Algérie et le Niger, fondée sur la confiance mutuelle, une vision partagée et un consensus clair sur l’importance d’amener la coopération bilatérale au niveau des aspirations légitimes des deux nations en matière de sécurité, de stabilité, de développement et de prospérité.
Il a ajouté que cette visite représentait
« un tournant décisif qui a réaffirmé la forte détermination des leaders des deux nations à porter nos relations vers de nouveaux sommets, à relever les défis actuels, à maintenir le caractère exemplaire de ces liens et à répondre aux enjeux régionaux dans un cadre de solidarité renouvelée et de responsabilité
commune. »
Le Premier ministre a également appelé le Conseil d’affaires algéro-nigérien à jouer un rôle central dans l’orientation du partenariat bilatéral vers de nouveaux horizons, notamment dans « les domaines de l’agriculture, de l’énergie, des mines, des infrastructures, des technologies de l’information et de la communication, ainsi que des start-ups.»
Il a insisté sur l’importance de faciliter le commerce en simplifiant les procédures douanières et en promouvant la mise en place de marchés frontaliers structurés, afin de dynamiser l’économie et d’intensifier les échanges commerciaux, ce qui bénéficierait directement aux communautés des zones frontalières.
Par ailleurs, l’intervenant a plaidé pour l’ouverture de discussions conjointes en vue de la création d’une zone de coopération frontalière intégrée, véritable espace de développement local et d’intégration économique, capable de remédier aux fragilités et aux instabilités.
Il a souligné que des efforts sont en cours
« pour accélérer la réalisation du corridor commercial prévu entre nos deux pays et renforcer le rôle des régions frontalières en tant que véritables portes d’entrée vers l’intégration économique.»
Les potentialités de la coopération
Le potentiel de la coopération a également été mis en avant par le Premier ministre nigérien, M. Ali Lamine Zeine Mahamane, qui a déclaré que « le potentiel important des deux pays dans de nombreux secteurs leur permet de mettre en œuvre d’importants projets de partenariat, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, des hydrocarbures, des transports, de la santé, de l’agriculture et de la formation professionnelle. »
A cette occasion, M. Mahamane a appelé à « faire de cette rencontre historique une opportunité unique d’échange de vues approfondi, menant à l’élaboration d’une feuille de route ambitieuse qui réponde aux aspirations des deux pays et serve leurs intérêts supérieurs. »
Cette rencontre illustre ainsi la volonté partagée de transformer la proximité géographique et historique entre l’Algérie et le Niger en un véritable levier de développement régional, où l’intégration économique et le commerce transfrontalier deviennent les moteurs d’une prospérité partagée.
Signature d’une vingtaine d’accords dans divers secteurs
Par ailleurs, le Premier ministre a présidé, hier, la cérémonie de signature de plus de 20 accords dans divers secteurs stratégiques et importants entre les deux pays.
Abir Menasria
