Allocation chômage : Un levier moderne pour l’emploi des jeunes

Intervenant mardi dernier dans l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Nour El Houda Khelili, sous-directrice de la coordination et du partenariat au ministère du Travail et de la Sécurité sociale, a livré une analyse détaillée de ce mécanisme. Elle a notamment évoqué les quelque 140 000 demandes actuellement enregistrées sur la plateforme numérique « Minha », dédiée à la gestion de l’allocation chômage.

Dès le début de son intervention, Mme Khelili a tenu à préciser que ces 140 000 inscrits ne constituent pas encore des bénéficiaires effectifs, mais des dossiers en cours d’étude. « Il s’agit de demandes soumises à un processus de vérification progressif et rigoureux », a-t-elle expliqué.
La plateforme « Minha », développée en interne par les équipes de l’Agence nationale de l’emploi, repose sur un système d’interconnexion avec plusieurs bases de données nationales. Elle permet ainsi un contrôle automatisé et instantané, notamment avec les fichiers de la CNAS, de la CASNOS, de la CNR, de l’état civil et de l’enseignement supérieur. Ce dispositif vise à garantir une attribution équitable et transparente de l’allocation.
Dans cette optique, les rendez-vous d’examen des dossiers ont été planifiés à travers l’ensemble du territoire, mobilisant 278 agences locales réparties sur 58 wilayas. L’objectif affiché est de finaliser le traitement de l’ensemble des demandes d’ici au 31 juillet prochain.

Un cadre réglementaire renforcé
Revenant sur les fondements juridiques du dispositif, la responsable a rappelé que l’allocation chômage a été instaurée en 2022, avant d’être récemment révisée par un nouveau décret en janvier 2026.
« Ce mécanisme vise avant tout à assurer un revenu minimum aux demandeurs d’emploi, tout en les accompagnant vers une insertion durable dans le marché du travail », a-t-elle souligné, mettant en avant la volonté des pouvoirs publics de préserver la dignité des jeunes en quête d’emploi.
Les critères d’éligibilité restent strictement encadrés : être de nationalité algérienne, âgé de 19 à 40 ans, primo-demandeur d’emploi, sans revenu personnel ni conjugal, et n’avoir jamais bénéficié de dispositifs publics d’aide à l’emploi tels que l’Ansej, la Nesda ou l’Angem.
Dans une approche inclusive, Mme Khelili a précisé que les anciens détenus ayant purgé leur peine peuvent également bénéficier de cette allocation, dans une logique de réinsertion sociale.
À l’inverse, certaines situations entraînent une exclusion automatique. Toute affiliation à un organisme de sécurité sociale (CNAS, CASNOS ou CNR), ou la perception d’un revenu par le conjoint, prive le demandeur de ce droit. De même, le refus d’une offre d’emploi, d’une formation ou d’une convocation de l’ANEM peut conduire à la suspension, voire à la suppression définitive de l’allocation.
Parmi les évolutions introduites en 2026 figure également la limitation de la durée du dispositif. Désormais, l’allocation est accordée pour une période d’un an, renouvelable une seule fois sous conditions bien définies.

Une orientation affirmée vers la formation
Au-delà de son aspect financier, le dispositif s’inscrit désormais dans une logique d’activation, centrée sur le développement des compétences et l’amélioration de l’employabilité.
« L’offre de formation a été élargie, passant de formations qualifiantes à des parcours diplômants, afin de mieux répondre aux exigences du marché du travail », a indiqué Mme Khelili.
Ces formations, proposées en collaboration avec le secteur de la formation professionnelle, peuvent durer jusqu’à six mois pour les cycles qualifiants, et atteindre deux années pour certaines spécialités. Là encore, le refus d’une formation entraîne la perte du bénéfice de l’allocation.
Sur le plan des performances, les chiffres avancés témoignent d’une dynamique notable. À la fin de l’année 2025, plus de 1,44 million de bénéficiaires ont été orientés dans le cadre de ce dispositif, dont 115 000 ont effectivement accédé à un emploi.
Pour les deux premiers mois de 2026, plus de 120 000 placements ont déjà été enregistrés, un indicateur que Mme Khelili qualifie de « très encourageant ».
Elle a également souligné que plus de 72 % des bénéficiaires sont des femmes. Toutefois, cette forte représentation s’accompagne de défis spécifiques, notamment liés au manque de qualification ou à une orientation vers le secteur informel, ce qui complique leur insertion professionnelle. « Certaines refusent même les formations ou les convocations proposées », a-t-elle relevé.

Des profils variés, un accompagnement personnalisé
Trois grandes catégories de bénéficiaires se distinguent : les personnes sans qualification, majoritaires, suivies des diplômés universitaires, puis des titulaires de diplômes issus de la formation professionnelle. Ces derniers restent les plus recherchés sur le marché, en particulier dans les métiers techniques.
Pour les diplômés universitaires, les filières les plus demandées concernent notamment l’informatique, l’électronique et l’électrotechnique, avec des besoins qui varient selon les régions.
Mme Khelili a insisté sur le rôle central de l’accompagnement assuré par l’ANEM. « Il ne s’agit pas seulement de convoquer les demandeurs, mais de les suivre tout au long de leur parcours », a-t-elle expliqué. Cela inclut l’aide à la rédaction de CV, l’organisation de formations gratuites et même la présence de conseillers lors des entretiens d’embauche afin d’identifier les axes d’amélioration.
Enfin, elle a rappelé que le suivi des dossiers est entièrement digitalisé via la plateforme « Minha », permettant à chaque demandeur de consulter en temps réel l’état d’avancement de sa candidature. En cas d’anomalie ou de document manquant, les intéressés sont informés par SMS, appel téléphonique ou notification.
Les autorités ambitionnent de dépasser la simple logique d’assistance financière. L’allocation chômage se veut désormais un véritable levier d’intégration économique et sociale, fondé sur l’accompagnement, la formation et l’accès à l’emploi durable.
« L’objectif est clair : transformer ce mécanisme en un outil actif d’insertion professionnelle », a conclu Mme Khelili, appelant les bénéficiaires à s’engager pleinement dans leur parcours vers l’emploi.
À travers cette approche, l’allocation chômage tend à se redéfinir comme un outil stratégique au service de l’insertion, misant autant sur la responsabilisation des bénéficiaires que sur l’efficacité des dispositifs d’accompagnement. Un équilibre encore en construction, mais porteur d’espoirs pour une meilleure intégration des jeunes dans le monde du travail.
Cheklat Meriem

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