
La réunion du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), prévue dimanche au Caire, s’annonce particulièrement tendue au vu du climat délétère qui sévit au sein de l’instance dirigeante du football africain. En toile de fond, de cette rencontre, bien entendu, la récente décision du jury d’appel de la CAF, qui continue de faire grand bruit. L’instance avait tranché en faveur d’un retrait du titre de champion d’Afrique à son précédent détenteur pour l’attribuer au Maroc, dans des conditions pas totalement éclairées encore. Il y a surtout cette histoire du secrétaire général, encore en poste de manière antiréglementaire, dit-on, qui aurait, en plus, personnellement licencié le responsable du département des organes juridictionnels au sein de la division des affaires juridiques de la CAF, Yassin Osman Robleh, entre les deux décisions, à savoir celle de la commission de discipline et la tenue du jury d’appel. Or que c’était ce dernier qui devait, selon la réglementation, nommer le jury d’appel. L’issue du jury, tout le monde la connait et provoque encore de vives contestations, à travers le continent, et même au delà. Ce revirement, rarissime à ce niveau, soulève de sérieuses interrogations sur la gouvernance et les mécanismes de résolution des litiges au sein de la CAF. Des voix parlent ouvertement d’une ingérence directe de la CAF dans la décision du jury d’appel. Mais ce n’est pas le seul dossier sensible qui attend les membres du comité exécutif. A l’origine il y a la question du maintien de Véron Mosengo-Omba SG à son poste, alors qu’il est dans l’irrégularité depuis octobre 2024, qui est aussi préoccupante, et continue d’alimenter les tensions en interne. A ce sujet, pour apaiser un tant soit peu le climat, il se dit que Motsepe aurait déjà tranché que ce conclave serait le dernier de Mosengo-Omba à son poste actuel. N’empêche que le cumul est déjà pesant, puisque ledit secrétaire général de la CAF est accusé d’avoir continué à exercer ses fonctions de manière illégale. Selon plusieurs sources concordantes, son mandat ou sa situation administrative ne lui permettait plus d’occuper ce poste, ce qui pose la question de la validité de ces décisions prises durant cette période, notamment le licenciement du responsable du département des organes juridiques. Et il y a aussi cet élément nouveau du Sénégal qui a porté désormais officiellement son affaire devant la juridiction du TAS de Lausanne. Cette situation fragilise davantage l’image de l’instance, déjà mise à mal par les controverses récentes. Plusieurs observateurs appellent à des clarifications urgentes et à une remise en ordre des procédures internes, afin de garantir la transparence et la légitimité des organes dirigeants. Dans ce contexte explosif, la réunion du Caire s’annonce décisive. Les dirigeants de la CAF devront, non seulement gérer les retombées de ces affaires, mais aussi tenter de restaurer la confiance des fédérations membres et des acteurs du football africain. Au-delà de ces dossiers brûlants, à moins de fin en queue de poisson, l’ordre du jour devrait également inclure les préparatifs des prochaines compétitions continentales et les projets de développement du football africain. Toutefois, il est peu probable que ces sujets parviennent à éclipser les polémiques en cours. Plus que jamais, cette réunion du comité exécutif apparaît comme un moment charnière pour la CAF, appelée à démontrer sa capacité à faire face aux crises et à renforcer sa gouvernance dans un contexte de forte pression.
Djaffar C.
