
Portée par la dynamique des économies africaines, l’Algérie intensifie ses efforts pour développer ses exportations hors hydrocarbures et renforcer sa présence sur le continent. Dans cette optique, la CAGEX a organisé, jeudi dernier, à Alger le «1er Rendez-vous des exportateurs», consacré à la facilitation de l’accès du produit national aux marchés africains dans le cadre de la Zlecaf.
Placée sous le slogan «Safe access to Africa», cette rencontre a réuni plusieurs acteurs institutionnels et économiques, dont le directeur général des Douanes, le général-major Abdelhafid Bakhouche, le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Mohamed Boukhari, ainsi que des représentants de différents départements ministériels, illustrant l’importance stratégique accordée à la diversification des exportations et à l’ouverture vers les marchés africains.
Dans son allocution d’ouverture, le PDG de la CAGEX, Zohir Laïche, a mis en avant les perspectives prometteuses qu’offre le continent africain, soulignant qu’il constitue aujourd’hui «la deuxième zone à la croissance la plus rapide au monde», s’imposant progressivement comme une «locomotive économique émergente». Dans ce contexte, il a insisté sur le rôle structurant de la Zlecaf, qui vise à éliminer 90 % des barrières tarifaires entre les pays membres, estimant que ce mécanisme représente une opportunité majeure pour transformer le modèle économique africain, en passant d’une économie fondée sur l’exportation de matières premières à une intégration industrielle axée sur la production de biens et services à forte valeur ajoutée. Toutefois, le responsable a souligné que l’accès à ces marchés à fort potentiel nécessite une gestion proactive des risques, notamment face aux défis géopolitiques, à l’instabilité politique dans certaines régions, à la volatilité des prix des matières premières et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. Dans cette optique, les mécanismes d’assurance-crédit à l’export apparaissent comme un levier essentiel pour sécuriser les transactions commerciales et encourager les entreprises algériennes à investir davantage sur le continent africain. De son côté, l’expert Djamel Benbelkacem a mis l’accent sur l’importance de l’analyse du «risque pays» comme outil stratégique d’aide à la décision pour les exportateurs et investisseurs algériens. Évoquant les opportunités de coopération entre l’Algérie et les pays du Sahel, il a souligné le «très fort potentiel» du pays dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et des services, estimant que l’expertise nationale constitue un avantage compétitif majeur pour l’exportation de services à haute valeur ajoutée. Les participants ont également insisté sur la nécessité d’accélérer l’intégration économique continentale, afin de favoriser la diversification des exportations et de stimuler les échanges intra-africains. Dans cette perspective, le directeur général de la Compagnie sénégalaise d’assurance-crédit «Sonal», Gora Mangane, a qualifié de «vitale» la concentration des pays africains sur le marché continental. Rappelant que l’Afrique ne représente actuellement que 2% du commerce international, il a plaidé pour une coopération renforcée entre les régions du continent, fondée sur la création de valeur ajoutée locale, notamment dans les secteurs agricole, pharmaceutique et industriel. En marge de cette rencontre, plusieurs mémorandums d’entente portant sur le partage des données dans le domaine de l’assurance-crédit à l’export ont été signés entre la CAGEX et ses homologues africaines, notamment la Compagnie tunisienne pour l’assurance du commerce extérieur (COTUNACE), l’Export Credit Insurance Corporation (ECIC) d’Afrique du Sud, ainsi que la Compagnie sénégalaise d’assurance-crédit «SONAC». En tous cas, aujourd’hui une orientation stratégique se distingue en Afrique. Le continent mise sur la sécurisation des échanges et le renforcement des partenariats continentaux. Cela pourrait lui permettre de créer un véritable espace de croissance et de diversification pour les entreprises algériennes.
G. S. E.
