
La ville d’In-Salah est en deuil. Le moudjahid Mohamed Salah-Eddine s’est éteint, dimanche soir, à l’âge de 90 ans, selon un communiqué de la direction des Moudjahidine et Ayants droit de la wilaya. Le moudjahid et écrivain, de son vrai nom Salah-Eddine Mohamed Omar, a été inhumé, lundi soir, au cimetière du Ksar El-Merabtine, à In-Salah, en présence des autorités locales, de ses compagnons d’armes, ainsi que d’une foule de citoyens venus lui rendre un dernier hommage. Le défunt a grandi dans l’environnement des kuttabs, où il a puisé très tôt les valeurs du savoir et de l’amour de la patrie. Il répond à l’appel de la Révolution en 1956, rejoignant les rangs de l’Armée de libération nationale dans les vastes étendues du Grand Sud. Arrêté en 1957 aux côtés de plusieurs compagnons, il est emprisonné par les forces coloniales françaises à Lambèse, dans la wilaya de Batna. Après leur procès en 1958, ils sont transférés vers la prison d’El-Coudiat à Constantine, où ils subissent de dures conditions de détention et de sévices. Ils seront ensuite déplacés vers le centre de détention d’Ouargla, avant d’être libérés en 1961. Après l’indépendance, Mohamed Salah-Eddine choisit de servir son pays autrement, en se consacrant à l’enseignement. Passionné de littérature, il se lance également dans l’écriture et publie le roman L’infirmière révoltée, qui relate l’histoire, à El-Ménéa, de la fille d’un général français ayant dénoncé le colonialisme et rejoint la Révolution algérienne. Engagé dans la vie publique, le défunt participait régulièrement aux cérémonies nationales et aux activités mémorielles, avant que la maladie ne l’en empêche. Il s’est également investi dans la vie politique locale, en tant que membre de la section du Front de libération nationale à In-Salah, avant de fonder son propre parti à la faveur de l’ouverture politique de la fin des années 1980. Suite à cette disparition, les autorités locales ont exprimé leurs condoléances à la famille du défunt et à ses proches.
Amira Benhizia
