
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a dirigé le lancement du « crédit fournisseur » jeudi dernier à Alger. Cette initiative vise à permettre aux agriculteurs, en particulier ceux disposant de faibles revenus, d’obtenir des produits phytosanitaires en remboursant les coûts après la vente de leur récolte. Ce projet fait suite au début de son application cette année pour l’achat de semences et d’engrais.
Le lancement de ce nouveau mécanisme de financement, destiné à garantir la protection phytosanitaire des récoltes, a été annoncé lors d’une réunion de travail élargie animée par le ministre. Cette réunion, organisée dans le cadre du suivi de la mise en œuvre du Programme de développement du secteur céréalier pour la saison 2025-2026, a rassemblé divers acteurs du secteur. Les participants ont pu évaluer la mise en œuvre concrète des mesures visant à soutenir les producteurs et à renforcer la rentabilité de la production.
Le ministre a indiqué que ce financement « facilite l’accès des agriculteurs aux intrants agricoles, notamment durant les périodes critiques qui exigent une intervention rapide et efficace pour protéger les cultures». Cette initiative s’inscrit dans un effort plus vaste visant à renforcer la protection des cultures et à garantir une intervention rapide pour lutter contre les maladies et les ravageurs. Elle contribuera à réduire les pertes et à accroître la productivité, compte tenu notamment des défis posés par les risques phytosanitaires au secteur céréalier. Selon les données présentées par le ministre, les projections indiquent que les maladies des plantes pourraient entraîner la perte de près de 40 % des récoltes chaque année si un traitement efficace n’est pas appliqué en temps opportun.
M. Oualid a mis en exergue l’importance d’adopter une nouvelle approche fondée sur un suivi scientifique rigoureux et une évaluation continue sur le terrain. Il a insisté sur le respect des directives techniques approuvées, notamment en matière de fertilisation et de traitement des plantes, facteurs essentiels à l’amélioration du rendement à l’hectare. L’orateur s’est félicité de la dynamique positive de la campagne en cours, soutenue par des conditions météorologiques favorables et une série de mesures, dont la fourniture de semences sans paiement initial grâce à des « crédits fournisseurs », permettant ainsi à des milliers d’agriculteurs, en particulier ceux confrontés à des difficultés financières, de semer à temps.
Parmi ces mesures figure la mise en place d’unités de suivi post-semis dans les wilayas productrices afin de guider les agriculteurs à chaque phase de développement des cultures. Ces unités fourniront également des conseils pratiques sur l’utilisation optimale des pesticides et les meilleures pratiques de pulvérisation. Ces mesures comprennent également la garantie d’un approvisionnement suffisant en engrais et l’allocation de 50 % d’engrais azotés supplémentaires, ce qui, selon le ministre, témoigne de l’augmentation de la production et «aura un impact positif sur le rendement ». Il a également noté la première utilisation de drones cette saison pour surveiller les cultures et suivre précisément la fertilisation. Des plans sont actuellement en cours pour utiliser ces techniques également pour le traitement des plantes, ce qui permettra d’améliorer le ciblage, de réduire l’utilisation de produits chimiques et de renforcer la lutte contre les maladies.
Par ailleurs, 368 sessions de formation ont été organisées en février et mars, bénéficiant à plus de 3.800 agriculteurs, et ces efforts se poursuivront pendant la phase de traitement chimique.
La réunion a également porté sur les préparatifs de la saison des récoltes. Le ministre a donné des directives visant à améliorer les ressources logistiques, à accroître les capacités de stockage et à accélérer la modernisation du parc national de machines agricoles dans le cadre du programme de mécanisation lancé par le président de la Rébuplique, M. Abdelmadjid Tebboune.
La réunion a bénéficié d’une large participation de hauts responsables du secteur, de représentants d’organisations professionnelles et d’entreprises publiques, d’experts d’instituts techniques, ainsi que de plusieurs start-up proposant des solutions innovantes pour la surveillance de la santé des cultures.
Abir Menasria
