
Le CR Belouizdad s’est vraisemblablement compliqué l’avenir dans son aventure continentale. En effet, en se faisant battre à domicile (0 – 1) vendredi dernier par le Zamalek SC pour le compte du match aller de la Coupe de la CAF, le Chabab a déjà rendu son match retour plus compliqué qu’il ne le pensait.
Pourtant, au départ, rien ne prédestinait une telle issue à la rencontre. Les supporters ont répondu massivement présent au stade Nelson-Mandela rempli comme un œuf et ostentatoirement orné en rouge, de quoi faire flipper le Zamalek, comme s’il avait affaire au dominant Ahly au Cairo stadium bien bondé. Khacef et ses camarades avaient d’ailleurs bien entamé la rencontre en maîtrisant le jeu et l’enjeu avec, à la clé, autour de la 20’, ce tir de Méziane qui va toucher le poteau. Ils dominaient presque tranquillement leur vis-à-vis qui se contentait dans un premier temps d’observer et bien rester en place sans trop se hasarder au risque de se faire découvrir en arrière. C’est à peine que les Egyptiens osaient quelques contres pour repousser un peu le bloc haut belouizdadi et partant atténuer la pression qui pesait sur leur camp. Mais voilà que l’ailier brésilien Juan Alvina Bezerra tentera sa chance jusqu’au bout cette fois et finira par surprendre le portier Chaâl et toute l’armada présente au stade. On jouait alors la 28’ de jeu quand il était élancé sur le côté gauche et parvenait à se jouer du latéral droit belouizdadi, le vétéran Hocine Benayada, dans sa surface de réparation, avant d’abattre Chaâl d’un tir à ras de terre et loger son ballon dans l’angle mal fermé par ce dernier. Les Algériens reprendront de suite leur domination en multipliant les assauts, mais ils s’avéreront en déficit d’efficacité à chaque approche du but. Après la pause, le Chabab reviendra encore plus offensif, mettant en avant une nette détermination pour au moins rattraper son retard, mais la réussite ne sera toujours pas au rendez-vous. Les attaquants algériens ont continuellement péché par un manque flagrant de réalisme quand il s’agissait de la dernière touche ou de la dernière passe décisive. Et quand ils étaient vraiment tout proches, il y avait toujours un truc qui faisait que le ballon n’aille pas au fond des filets. Comme sur ce centre du côté gauche repris par Ouassa dans les six mètres adverses d’une belle tête tendue à la 61’ qui ricochera sur la transversale avant de sortir. C’était la deuxième action des plus notables de scorer jusque-là pour les Rouge et Blanc. Et puis vint cette autre opportunité plus nette encore à la 68’. Belhocini, à l’affût devant le gardien égyptien qui se tendait pour repousser le danger, s’emparera alors du ballon qui lui rebondissait sur le corps, pour enfin le pousser dans la cage. Tout le stade a alors jubilé. Mais voilà que la VAR intervient pour signaler une réserve. Et l’arbitre invité à revoir l’action litigieuse sur écran achèvera les Algérois et leurs fans en annulant le but pour faute de main de l’attaquant de Belouizdad. Cela les a affectés, mais pas dissuadés de renoncer aux efforts d’aller chercher cette égalisation qui atténuerait leurs tracas en prévision du match retour.
Mais en face, les Egyptiens ont été plus renforcés et motivés à préserver cette précieuse avance. Et ces derniers finiront par bien en prendre soin jusqu’au coup de sifflet final de l’arbitre.
Djaffar Chilab
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Sebaâ (coach intérimaire belouizdadi) :
«ON FERA TOUT POUR POURQUOI PAS REVENIR D’EGYPTE AVEC LA QUALIFICATION»
En conférence d’après-match, Sebaâ, le coach intérimaire belouizdadi, plaidera que son équipe «a tout fait, et il nous a manqué que de scorer par malchance. On a eu deux transversales, un poteau, un but refusé et huis actions de marquer, mais on n’a pas eu la bonne dernière touche. J’ai vu qu’on a fait un beau match, mais une seule erreur dans un duel nous a coûté la défaite. Maintenant, on laissera les joueurs se reposer demain (ndlr, hier) et reprendre dimanche le travail pour mieux préparer notre déplacement. On fera tout pour pourquoi pas revenir d’Egypte avec la qualification. En foot, tout reste possible», résumera le coach belouizdadi. Pour sa part, le milieu de terrain Bilal Boukerchaoui, laissant transparaître beaucoup de frustration, comme il fallait s’y attendre, abondera dans le même sens. «On a bien débuté le match. Malheureusement, il y a ce but encaissé contre le cours du jeu. Ça nous a certes perturbé parce que, au lieu de jouer pour gagner, on s’est retrouvés à courir derrière l’égalisation. On pouvait bien revenir au score, mais la chance nous a vraiment fait défaut.
Mais tout n’est pas encore fini. Il reste un match retour et on ira en Egypte avec la détermination de faire tout ce qui est en notre possible pour revenir Inch’Allah avec un bon résultat», a-t-il déclaré aux médias. Visiblement déçu, il affirme que son équipe n’abandonne pas tout, pour autant. «Après le but encaissé, on est tout de même bien revenus dans le match et on a raté plusieurs occasions, le ballon ne voulait pas aller au fond. On continuera à travailler, à bien préparer ce deuxième match et tout donner pour tenter d’être plus positifs. Aujourd’hui, on ne peut que dire merci à notre public qui nous a bien soutenus. Mais dommage, on n’a pas pu concrétiser le but souhaité par tous», a-t-il ajouté encore. Interrogé sur l’absence de l’entraîneur Ramovic, qui pour rappel est écarté par la direction depuis maintenant plus de deux semaines, et si la préparation de ce rendez-vous n’aurait pas été affectée par cette défection, Boukerchaoui, quelque peu surpris par la question et gêné de répondre vraisemblablement au risque de froisser son employeur, lâchera tout de même un «oui on peut dire» furtif avant de se retirer. Il est clair qu’après ce résultat, le Zamalek est logiquement le plus proche d’aller en finale, mais ce n’est pas encore définitivement le cas, en attendant ce match retour prévu vendredi 17 avril, au Caire, et où tout sera tranché.
D. C.