
Selon l’intellectuel et islamologue Mustapha Cherif, l’Algérie a toujours favorisé le dialogue interreligieux et a été un «exportateur de la culture de la paix ». Il a qualifié d’«historique » la visite attendue du pape Léon XIV en Algérie.
M. Cherif a déclaré sur les ondes de la Radio nationale : « En tant qu’Algériens, nous pouvons affirmer que notre principe directeur est de vivre ensemble en harmonie. Nous avons toujours défendu le bien commun et l’intérêt public, et nous avons toujours été un vecteur de culture de paix. » Il a poursuivi : «Comme le monde entier le souligne, la visite du pape en Algérie est incontestablement historique. » Elle est « riche de symboles et de messages qui méritent d’être commémorés, étudiés et analysés », car il s’agit d’« un grand événement dont nous sommes fiers ».
Il a estimé : « Nous prenons conscience aujourd’hui que nous vivons un moment charnière entre passé et avenir. La visite du pape Léon XIV en Algérie marquera une étape préalable et une étape ultérieure dans le domaine du dialogue interreligieux et de la diplomatie culturelle.»
L’intellectuel a rappelé que le fondement du dialogue interreligieux n’est pas étranger aux Algériens ni à l’islam. Il a souligné que ce principe a toujours fait partie intégrante de la réalité algérienne, de saint Augustin à l’Émir Abdelkader.
L’intervenant a assuré que l’universel transcende toujours le particulier et que le génie humain réside dans la capacité à concilier ces deux dimensions. Selon lui, c’est ce que des figures majeures telles que l’Émir Abdelkader et saint Augustin ont su incarner, en œuvrant à promouvoir la coexistence et la compréhension mutuelle.
Il a, en outre, évoqué l’existence de nombreuses rencontres fructueuses entre les mondes islamique et chrétien en Algérie, témoignant d’une volonté commune d’instaurer un dialogue durable entre les cultures et les religions.
Dans ce sens, il a également mentionné des personnalités chrétiennes ayant soutenu la cause algérienne, notamment le cardinal Léon Étienne Duval, archevêque d’Alger de 1954 à 1988, qui a plaidé pour l’indépendance de l’Algérie durant la guerre de libération nationale. Il a aussi rendu hommage à Henri Teissier, archevêque d’Alger de 1988 à 2008, resté en Algérie même pendant les heures les plus sombres de la Décennie noire.
À travers ces déclarations, Mustapha Cherif inscrit la visite du pape Léon XIV dans une continuité historique propre à l’Algérie, marquée par la coexistence, le dialogue et la diplomatie culturelle. Dans un contexte international souvent marqué par les tensions religieuses et identitaires, cette visite apparaît ainsi comme une opportunité de rappeler le rôle de l’Algérie comme espace de rencontre, mais aussi comme acteur discret d’un dialogue entre les civilisations qui, malgré le bruit du monde, continue d’exister.
Abir Menasria
