La reconnaissance de l’état palestinien s’accélère : Le cri de la mémoire contre le silence du monde quand l’Algérie parle pour la Palestine

Alger ne fléchit pas. Tandis que plusieurs États arabes normalisent leurs relations avec Israël, l’Algérie campe sur ses principes historiques : soutien inconditionnel à la cause palestinienne, dénonciation de l’occupation et rejet catégorique de toute forme de colonisation. Une position qui ne relève pas seulement de la diplomatie, mais qui plonge ses racines dans l’âme même du pays, profondément marquée par 132 ans de colonisation française.

L’histoire entre l’Algérie et la Palestine ne commence pas dans les salles de conférences internationales, mais bien dans les tranchées de la résistance et dans la mémoire douloureuse de la colonisation. En 1830, la France débarque à Alger et entame une entreprise de domination coloniale brutale, qui durera jusqu’en 1962. Expropriations, discriminations, massacres, répression… l’Algérie vivra plus d’un siècle sous le joug colonial, avant de se libérer dans une guerre sanglante après la perte de millions de personnes.
Cette expérience coloniale façonne profondément l’identité de l’Algérie indépendante. Dès les premières années qui suivent l’indépendance, Alger fait de l’anti-colonialisme un pilier de sa politique étrangère. Et c’est tout naturellement que le peuple palestinien, lui aussi sous occupation, devient un frère de combat.

Une cause commune, un engagement permanent
Dès les années 1960, l’Algérie apporte un soutien politique, militaire et diplomatique à la cause palestinienne. En 1974, elle joue un rôle central dans la reconnaissance de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) comme représentant légitime du peuple palestinien à l’ONU. C’est à Alger, en 1988, que Yasser Arafat proclamera l’indépendance symbolique de l’État de Palestine. Contrairement à d’autres capitales arabes, l’Algérie refuse catégoriquement toute forme de normalisation avec Israël, tant que les droits du peuple palestinien ne sont pas pleinement reconnus. Une position réaffirmée à chaque sommet international, malgré les pressions ou les isolements diplomatiques.
La question palestinienne est «sacrée pour le peuple algérien» : cette déclaration du président Abdelmadjid Tebboune résume à elle seule la ligne de conduite algérienne depuis plus de 60 ans.

L’Algérie face à la vague de normalisation
Depuis les Accords d’Abraham (2020), plusieurs pays arabes – Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc, Soudan – ont officialisé des relations avec l’Etat sioniste. Mais l’Algérie reste ferme, refusant de “vendre ses principes” au nom d’intérêts économiques ou stratégiques.
Ce refus s’accompagne d’une action diplomatique active : soutien aux résolutions onusiennes condamnant l’occupation, aide humanitaire à Ghaza, hébergement de réunions inter-palestiniennes sur son sol. En 2022, l’Algérie a même relancé une initiative de réconciliation entre les différentes factions palestiniennes, dans l’espoir de raviver un front uni face à l’occupation.

Un rôle renforcé au Conseil de sécurité de l’ONU
Depuis janvier 2024, l’Algérie siège au Conseil de sécurité des Nations unies en tant que membre non permanent, pour la période 2024–2025. Cette position stratégique au sein du cercle restreint des 15 pays les plus influents de l’ONU permet à Alger de porter la voix palestinienne avec plus de force sur la scène internationale.
Dès son entrée, l’Algérie a placé la question palestinienne au cœur de son mandat, multipliant les appels à des cessez-le-feu, dénonçant les violations du droit international humanitaire par Israël et exigeant la mise en œuvre des résolutions onusiennes en faveur d’un État palestinien indépendant.
«Le Conseil de sécurité ne peut pas rester silencieux face à la tragédie palestinienne. L’inaction est une complicité.» – Ambassadeur algérien à l’ONU, lors d’une session d’urgence en avril 2024.
L’Algérie milite également pour une réforme du système onusien afin que la cause palestinienne ne reste pas prisonnière du veto des grandes puissances, en particulier celui des États-Unis.
Plus qu’une posture politique, le soutien algérien à la Palestine est une position morale, historique et identitaire. Le passé colonial de l’Algérie nourrit un réflexe de solidarité envers tous les peuples en lutte contre l’oppression, qu’il s’agisse des Palestiniens, des Sahraouis ou d’autres causes oubliées.
Pour beaucoup d’Algériens, défendre la Palestine, c’est défendre un miroir de leur propre histoire. C’est rappeler que la liberté se conquiert, parfois au prix fort, et que la mémoire de l’oppression ne s’éteint jamais. La douleur partagée devient ainsi le ciment d’un engagement profond, durable et, selon les mots du FLN historique, “jusqu’à la victoire, toujours”.
Dans un monde arabe de plus en plus divisé, l’Algérie apparaît comme l’un des derniers bastions d’un engagement sans compromis envers la Palestine. Et désormais, forte de sa voix retrouvée au sein du Conseil de sécurité, elle entend peser davantage dans la balance diplomatique mondiale.
ALGER 16

ALGER 16 DZ

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