1er Mai Fête du travail : L’UGTA entre mémoire, acquis sociaux et nouvelles ambitions

Hier, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a célébré les festivités officielles de la Journée internationale des travailleurs, organisées au siège de la centrale syndicale Dar El Chaâb, à la place du 1er -Mai à Alger, dans une atmosphère marquée à la fois par la fierté du parcours historique du mouvement syndical et par l’aspiration à un avenir économique plus solide et plus inclusif.

Cette célébration s’est déroulée sous la supervision du secrétaire général de l’UGTA, M. Amar Takdjout, en présence du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Abdelhak Saihi, ainsi que de la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Soraya Mouloudji. Plusieurs responsables gouvernementaux et représentants syndicaux ont également pris part à l’événement dans une dynamique visant à renforcer la concertation entre les partenaires sociaux et l’exécutif autour des enjeux économiques et sociaux du pays.
Au-delà de son caractère commémoratif, cette rencontre a constitué un moment de reconnaissance du rôle central des travailleurs dans le développement national. Les différentes interventions ont mis en avant la contribution constante de la classe ouvrière à la stabilité économique, à la continuité des services publics et à l’accompagnement des grands chantiers engagés à l’échelle nationale.
La cérémonie a également été marquée par des échanges autour du renforcement du dialogue social, considéré comme un levier essentiel pour améliorer les conditions professionnelles et sociales des travailleurs. Dans cette perspective, les participants ont souligné la nécessité de consolider des mécanismes de concertation réguliers entre syndicats, employeurs et institutions publiques, afin de garantir un climat de travail stable, équilibré et productif.
Dans son allocution, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Abdelhak Saihi, a exprimé sa reconnaissance envers les travailleurs algériens de tous les secteurs, saluant leur engagement quotidien dans le fonctionnement des structures économiques et sociales du pays. Il a insisté sur leur rôle déterminant dans le soutien au processus de développement global et dans la consolidation des équilibres sociaux.
De son côté, le secrétaire général de l’UGTA, M. Amar Takdjout, a ouvert son intervention en rendant hommage aux travailleurs algériens, qualifiés de véritables piliers de la production nationale et de la stabilité sociale. Il a mis en avant leur résilience, leur discipline et leur engagement dans un contexte économique en constante évolution.
Il a également rappelé la dimension historique de cette journée, qui puise sa symbolique dans la convergence entre le combat ouvrier et la lutte de libération nationale. Le 1er Mai, a-t-il souligné, ne représente pas uniquement une fête du travail en Algérie, mais un moment de mémoire collective qui renvoie à l’engagement de la classe ouvrière dans les grandes étapes de l’histoire du pays, au-delà des seules revendications professionnelles.
Dans ce cadre, M. Takdjout a salué la démarche de dialogue et de concertation initiée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, avec les partenaires sociaux. Il a estimé que cette approche a permis de créer un climat plus propice à la prise en charge des préoccupations des travailleurs et à la consolidation des acquis sociaux à travers des décisions jugées structurantes.
Le responsable syndical a également souligné que la cohésion entre l’Union et les pouvoirs publics constitue un facteur essentiel de stabilité, permettant de renforcer le front interne face aux défis économiques, régionaux et internationaux. Selon lui, cette convergence contribue à donner plus de cohérence aux politiques sociales et économiques mises en œuvre.
Dans le même esprit, il a mis en avant les décisions prises en matière de revalorisation du pouvoir d’achat, notamment les augmentations successives des salaires, estimées à environ 46 %, avec une projection pouvant atteindre 100 % à l’horizon 2027. Il a également évoqué la révision du salaire minimum, ainsi que la revalorisation des pensions de retraite, considérées comme des mesures importantes en faveur de la justice sociale.
M. Takdjout a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de renforcer les canaux de dialogue entre les organisations syndicales et les employeurs. Il a appelé à privilégier des espaces de concertation structurés pour traiter les préoccupations professionnelles dans le respect des lois de la République, afin de garantir la stabilité des relations de travail et d’améliorer durablement le climat social au sein des institutions.
Il a également affirmé que ces mesures ne doivent pas être perçues comme de simples décisions administratives, mais comme une reconnaissance explicite du rôle fondamental de la classe ouvrière dans la construction économique du pays. Selon lui, le travail constitue l’un des principaux moteurs du développement national.
Dans cette continuité, il a lancé un appel aux travailleurs afin de poursuivre les efforts engagés et de contribuer activement à la dynamique de développement économique durable. Il a également encouragé l’évolution de l’action syndicale vers une phase davantage orientée vers la construction et l’accompagnement des grands projets stratégiques engagés par l’État, notamment dans les secteurs de l’énergie, des mines et de l’agriculture.
Il a souligné à ce titre que la force de l’Algérie réside dans la capacité de ses travailleurs à produire, innover et accompagner les mutations économiques en cours.
La dimension historique a également occupé une place importante dans son intervention. M. Takdjout a établi un lien entre la lutte de la première génération syndicale, incarnée notamment par le martyr Aïssat Idir, et les défis actuels liés à la souveraineté économique. Il a rappelé que le syndicalisme en Algérie s’est construit comme un outil de lutte et d’émancipation, profondément lié aux grandes étapes de l’histoire nationale.
Enfin, la cérémonie s’est achevée par le dépôt d’une gerbe de fleurs en hommage aux martyrs Aïssat Idir et Abdelhak Benhamouda, figures emblématiques du mouvement syndical algérien. Ce moment de recueillement a été marqué par une forte charge symbolique, en reconnaissance du parcours de ces personnalités qui ont marqué durablement la mémoire du mouvement ouvrier en Algérie.
Au-delà de la dimension commémorative, cette célébration du 1er Mai s’inscrit dans une lecture plus large de la place du travail dans les transformations économiques et sociales du pays. Entre reconnaissance des acquis, consolidation du dialogue social et volonté affichée de modernisation, le mouvement syndical se retrouve aujourd’hui face à un défi central : accompagner les mutations en cours sans perdre son rôle historique de force de proposition et d’équilibre. Une équation où se joue, en partie, la capacité du pays à transformer ses ambitions économiques en résultats durables et partagés.
Amira Benhizia

ALGER 16 DZ

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