
Les Nations unies ont dressé un tableau accablant de la situation dans la bande de Ghaza, où l’agression sioniste barbare, les déplacements massifs et les destructions continuent d’affecter la population palestinienne.
Réuni au siège de l’ONU à New York, à l’occasion de la Journée de la Nakba, commémorée chaque 15 mai, le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a consacré une séance spéciale à cette catastrophe de 1948, marquée par l’exode forcé de centaines de milliers de Palestiniens. Mais pour de nombreux intervenants, la tragédie se poursuit aujourd’hui à Ghaza.
« La situation à Ghaza aujourd’hui est une catastrophe d’une gravité extrême », a déclaré Khaled Khiari, sous-secrétaire général de l’ONU pour le Moyen-Orient, l’Asie et le Pacifique.
Depuis le 7 octobre 2023, « la dévastation est considérable », a-t-il souligné. Il a rappelé que plus de 85 % de la population de Ghaza a été déplacée, souvent à plusieurs reprises. Des habitations, des écoles, des hôpitaux et d’autres infrastructures essentielles ont été détruits, tandis que les civils continuent d’être tués malgré un cessez-le-feu jugé fragile.
M. Khiari a rappelé la position constante des Nations unies : Ghaza et la Cisjordanie, y compris Al Qods-Est, constituent « une seule et même unité politique et territoriale ».
« Traiter l’une tout en négligeant l’autre ne fait qu’enraciner la fragmentation et perpétuer l’instabilité », a-t-il averti.
Le président du Comité, Coly Seck, a lui aussi dénoncé une situation intenable.
« A Ghaza, ce n’est pas un cessez-le-feu. C’est moins de feu », a-t-il lancé. « Moins de feu n’est pas la paix », a-t-il insisté, rappelant que des enfants continuent d’être tués, des familles déplacées et l’aide humanitaire entravée.
Il a appelé à « un cessez-le-feu permanent » ainsi qu’à « un accès humanitaire total » à l’enclave palestinienne.
M. Seck a également mis en avant l’ampleur des destructions. Selon des estimations récentes, les dégâts matériels directs dans la bande de Ghaza atteignent 35,2 milliards de dollars, tandis que les besoins pour la reconstruction et le relèvement dépasseraient 71 milliards de dollars.
« Ces chiffres donnent le vertige », a-t-il déclaré. « Mais derrière chaque chiffre, il y a une maison. Une école. Un hôpital. Une vie interrompue », a-t-il ajouté.
La réunion a aussi été marquée par le témoignage poignant de la mère de Hind Rajab, une fillette palestinienne tombée en martyre en janvier 2024 à Ghaza.
Evoquant une « exécution brutale », elle a affirmé que son enfant avait été touché par 355 balles.
Un extrait audio des derniers instants de la fillette a été diffusé dans la salle. On y entend l’échange déchirant entre la fillette, sa cousine et une personne du Croissant-Rouge palestinien.
De son côté, le représentant permanent de la Palestine auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a dénoncé une « injustice historique » et un « crime de nettoyage ethnique » contre le peuple palestinien. Lisant un message du président palestinien Mahmoud Abbas, il a affirmé que la Nakba « est en cours ce jour même ».