Tunnels de drogue Maroc–Espagne : Le «silence» des autorités marocaines paralyse les enquêtes

Selon le quotidien espagnol The Objective, les enquêtes ouvertes en Espagne sur deux tunnels de trafic de drogue découverts en 2025 et 2026 dans une zone hautement surveillée ne progressent que difficilement, en raison d’un facteur central : l’absence de coopération judiciaire du Maroc.
Le journal, s’appuyant sur des sources judiciaires, évoque un constat sec mais lourd de sens : « Les deux enquêtes se heurtent à un obstacle commun : le silence du Maroc. »
Selon ces mêmes sources, les autorités espagnoles affirment avoir adressé plusieurs demandes d’entraide judiciaire à Rabat afin de comprendre le fonctionnement et les ramifications de ces tunnels, sans obtenir de réponse. Dans le prolongement de ces révélations, le quotidien espagnol La Razón décrit ces passages souterrains non pas comme des initiatives isolées, mais comme des éléments intégrés à un système criminel plus vaste. Celui-ci serait impliqué dans le trafic de drogue, mais également dans la traite des êtres humains et le trafic d’armes, profitant d’un environnement qualifié de vulnérable et de possibles complicités locales.
Par ailleurs, les informations disponibles soulèvent de sérieuses questions quant à l’efficacité des systèmes de contrôle frontalier côté marocain, voire leur complicité, compte tenu des indicateurs de sécurité faisant état de difficultés récurrentes à suivre les itinéraires d’entrée de certains migrants.
Ceci renforce l’hypothèse du recours à des voies de passage irrégulières et complexes et interroge la capacité ou la volonté des autorités compétentes de démanteler ces réseaux ou d’en limiter l’expansion. L’enquête est toujours en cours et se déroule discrètement. On pense que ce réseau a commencé à fonctionner après la fermeture d’un entrepôt industriel dans la zone industrielle de Tarajal, lieu de la découverte de l’entrée du tunnel. Cet entrepôt abritait auparavant une installation industrielle. Les liens possibles entre certains propriétaires ou personnes impliquées dans des activités commerciales sur le site et le réseau criminel faisant l’objet de l’enquête sont également examinés.
Concernant le premier tunnel découvert en 2025, le journal rapporte que la juge María Tardón de l’Audience nationale, la plus haute juridiction de Madrid spécialisée dans les affaires de criminalité organisée, « a adressé plusieurs demandes d’entraide judiciaire à Rabat, en vain ».
Aujourd’hui, avec la découverte du second tunnel, les mêmes sources anticipent « la même impasse en matière de coopération ».
Le journal espagnol attribue le refus des autorités marocaines de coopérer à la localisation du point de départ du tunnel.
Selon The Objective, l’entrée du plus récent tunnel souterrain se situe en face d’une base militaire, censée être sous surveillance constante des autorités marocaines. Cette zone est censée être sous contrôle militaire, mais d’après les enquêtes de la Police nationale, elle n’a posé aucun obstacle à l’organisation criminelle, l’une des plus puissantes opérant en Espagne : des tonnes de haschisch y transitent depuis des années.
Le journal note également que l’entrée du premier tunnel de trafic de drogue découvert par la Garde civile espagnole en 2025 « se trouvait elle aussi dans cette même zone militaire ».
Le journal espagnol déplore : « À l’époque, la police marocaine avait identifié plusieurs individus impliqués dans la construction et l’agrandissement du tunnel et leur arrestation était imminente. Or, cela n’a jamais eu lieu. »
Il ajoute que depuis, « l’enquête a rencontré des difficultés considérables pour coopérer avec les autorités marocaines ».
Fin mars, un immense tunnel servant au trafic de drogue entre le Maroc et l’Espagne a été découvert.
La police a trouvé l’une des entrées d’un vaste réseau de contrebande, dissimulée derrière un grand réfrigérateur insonorisé. Le tunnel était construit sur trois niveaux et équipé de rails, de chariots, de poulies et même d’une chambre intermédiaire.
« C’est un tunnel sophistiqué et entièrement équipé pour le trafic de drogue, conçu spécifiquement pour le passage du haschisch», a déclaré Antonio Martínez Duarte, de la brigade des stupéfiants de Ceuta, en Espagne.
Au total, vingt-sept personnes ont été arrêtées. Les enquêteurs ont également confirmé que cette structure surpasse en complexité un autre tunnel découvert l’an dernier dans la même zone par la Garde civile espagnole, ce qui témoigne de l’évolution des méthodes de contrebande et de l’adoption de nouvelles techniques pour inonder la région de toxines provenant du Maroc.
Abir Menasria

ALGER 16 DZ

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