
L’Algérie et le Tchad franchissent une nouvelle étape stratégique dans la consolidation de leurs relations bilatérales. Le ministre des Mines et des Industries minières, M. Mourad Hanifi, a affirmé samedi dernier la pleine disposition de l’Algérie à partager son expertise institutionnelle et technique avec le Tchad, avec pour ambition commune de stimuler un développement durable au bénéfice des deux nations.
Cette annonce est intervenue lors d’une audience accordée au siège du ministère à une délégation de haut niveau du ministère tchadien des Mines, du Pétrole et de la Géologie, en présence de l’ambassadeur du Tchad en Algérie, M. Moukhtar Wawa Dahab. Cette rencontre au sommet est venue couronner une visite de travail de cinq jours sur le sol algérien, organisée en application des directives des chefs d’État des deux pays pour intensifier les échanges dans le domaine minier.
Tout au long de leur séjour, les membres de la délégation tchadienne ont pu observer sur le terrain les méthodes de travail, la structuration et le fonctionnement des grands organismes et établissements publics qui composent le secteur minier algérien.
À l’issue de la présentation du bilan de cette mission d’immersion, M. Hanifi a tenu à rappeler que ce déplacement « constitue la concrétisation effective du partenariat entre les deux pays frères ». Le ministre a réitéré à cette occasion « l’entière disposition de l’Algérie à partager son expertise institutionnelle et technique avec les frères tchadiens, conformément à l’engagement des dirigeants des deux pays et à leur volonté commune de bâtir une économie souveraine, forte et intégrée ».
Du côté tchadien, l’enthousiasme et la satisfaction étaient nettement palpables. Les représentants de la délégation ont souligné que cette immersion au cœur du modèle algérien a permis aux cadres et responsables de leur ministère de constater de près une expérience qu’ils qualifient de « pionnière » dans la gestion du secteur minier. Ils ont également tenu à saluer « l’esprit fraternel d’interaction » qui a prévalu durant l’ensemble des échanges, affirmant leur ferme intention de transposer ces modèles de réussite pour structurer l’industrie minière tchadienne et porter les relations entre Alger et N’Djamena à un palier supérieur.
Sur le plan opérationnel, les deux parties se sont accordées sur un programme d’action ambitieux. La coopération future s’articulera autour de l’échange d’ingénierie administrative et managériale, du renforcement des compétences locales au Tchad — notamment via la formation ciblée d’ingénieurs tchadiens par des cadres algériens —, ainsi que du lancement de projets conjoints d’exploration et de prospection des ressources du sous-sol.
Afin d’éviter que ces engagements ne restent lettre morte, le ministre Mourad Hanifi a insisté, en conclusion des travaux, sur la nécessité absolue de « tracer une feuille de route permettant de donner corps à ces orientations au service du développement durable des deux pays ».
S’exprimant devant la presse à la sortie de la réunion, l’ambassadeur du Tchad a salué l’intensité renouvelée de cet axe coopératif. M. Moukhtar Wawa Dahab a qualifié cette dynamique d’« acquis positif » dans le cadre de la promotion de la coopération Sud-Sud, se disant pleinement confiant quant à l’avenir prometteur des relations algéro-tchadiennes, portées par une volonté politique au plus haut sommet de l’État.
En mettant son savoir-faire industriel et institutionnel au service d’un pays frère, l’Algérie ne se contente pas de signer un accord technique de plus. Elle réaffirme sa doctrine diplomatique et économique : faire du transfert de compétences et de la solidarité continentale les véritables moteurs de la souveraineté africaine.
G. S. E.
