
Hier, lors des travaux de la première séance marquant l’ouverture de la dixième législature de l’Assemblée populaire nationale (APN), la députée Khalida Boufedech a été élue, à l’issue d’un vote solennel tenu au siège de l’institution, présidente de la Chambre basse du Parlement. Une élection qui fait d’elle la première femme de l’histoire algérienne à accéder à cette haute fonction.
Portée par un large soutien des groupes parlementaires et investie par le groupe du Parti du Front de libération nationale (FLN), première force politique de la nouvelle Assemblée, Khalida Boufedech ouvre ainsi un nouveau chapitre de la vie parlementaire algérienne. Son accession au perchoir intervient dans un contexte marqué par les défis législatifs, économiques et sociaux qui attendent la dixième législature, appelée à examiner plusieurs textes structurants pour l’avenir du pays.
Pour le FLN, cette candidature répond aux exigences d’une nouvelle étape politique nécessitant une direction institutionnelle capable d’allier compétence, efficacité législative et sens du dialogue parlementaire. Le parti a ainsi défendu le profil de sa candidate comme étant à même de consolider le rôle constitutionnel de l’Assemblée populaire nationale, tout en insufflant une nouvelle dynamique à ses travaux.
Médecin spécialiste de profession, Khalida Boufedech possède un parcours qui conjugue expertise scientifique et engagement politique. Élue locale à l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Alger, elle s’est progressivement imposée dans le paysage politique national.
Cette double expérience, au croisement des réalités du terrain et des responsabilités publiques, pourrait constituer un atout dans la conduite des travaux parlementaires de la nouvelle législature. Les enjeux qui attendent l’Assemblée populaire nationale dépassent aujourd’hui la seule production législative et concernent également le renforcement du rôle de contrôle parlementaire, ainsi que l’accompagnement des grandes orientations économiques et sociales engagées par les pouvoirs publics.
À travers cette désignation, les groupes parlementaires favorables à sa candidature affichent également leur volonté de renforcer l’efficacité institutionnelle de l’Assemblée et d’inscrire ses travaux dans une démarche davantage tournée vers les attentes des citoyens.
Une première dans l’histoire parlementaire algérienne
Au-delà des considérations politiques et partisanes, cette élection revêt une portée hautement symbolique. Pour la première fois depuis l’instauration de l’Assemblée populaire nationale, une femme accède à la présidence de la Chambre basse du Parlement, mettant ainsi fin à neuf législatures successives durant lesquelles cette responsabilité a exclusivement été exercée par des hommes.
Khalida Boufedech est portée à la tête de l’APN, ainsi, elle devient également « la troisième personnalité de l’État » dans l’ordre protocolaire des institutions algériennes, derrière le président de la République et le président du Conseil de la Nation.
Cette accession au perchoir constitue un tournant dans l’histoire politique contemporaine du pays. Elle traduit une évolution progressive de la place des femmes dans les plus hautes responsabilités institutionnelles et participe à l’élargissement de leur représentation au sein des centres de décision.
Cette désignation intervient, par ailleurs, dans un contexte particulier marqué par une faible représentation féminine au sein de la nouvelle Assemblée populaire nationale. Lors des élections législatives du 2 juillet dernier, seules 23 femmes ont été élues députées, alors qu’elles représentent près de la moitié de la population algérienne.
Sur plus de 9.500 candidats ayant pris part au scrutin, environ 20 % seulement étaient des femmes, illustrant les défis qui demeurent en matière de participation politique féminine. Si plusieurs réformes ont permis, ces dernières années, d’accroître la présence des femmes dans les Assemblées élues, leur représentation au sein des institutions politiques reste encore inférieure aux attentes. L’élection de Khalida Boufedech à la présidence de l’APN est donc un signal politique fort en faveur d’une plus grande implication des femmes dans la gouvernance publique.
Au-delà de sa portée historique, cette élection ouvre surtout une nouvelle séquence pour l’Assemblée populaire nationale. Entre renouvellement institutionnel, défis législatifs et aspirations à une plus grande inclusivité, la dixième législature débute sous le signe d’un événement inédit qui pourrait marquer durablement l’histoire parlementaire algérienne.
G. S. E.
