Autodétermination du Sahara occidental : Alger réaffirme l’impératif de la légalité internationale

La question du Sahara occidental ne s’évalue pas à l’aune des calculs conjoncturels, mais bien au prisme du droit international et de la conscience collective.

Alors que le dossier continue d’être au cœur des tensions régionales, une rencontre de haut niveau réunissant chercheurs, diplomates et experts s’est tenue lundi dernier à Alger pour analyser les enjeux d’un conflit vieux de plus de cinq décennies.
Organisé par l’Institut national d’études de stratégie globale (INESG), en coordination avec le Centre sahraoui d’études stratégiques, ce colloque scientifique intitulé « Question du Sahara occidental : racines historiques, situation actuelle et perspectives à la lumière des mutations internationales » s’est imposé comme une tribune de cadrage stratégique.
Dès l’ouverture des travaux, la diplomatie algérienne a tenu à rappeler le caractère immuable de sa doctrine étrangère en la matière. La représentante du ministère des Affaires étrangères, directrice générale de la veille stratégique, de l’anticipation et de la gestion des crises, Mme Nassima Baghli, a indiqué que la position de l’Algérie sur la question du Sahara occidental « a toujours été cohérente et claire », étant une question de décolonisation, soulignant que son règlement « doit impérativement passer par l’exercice, par le peuple sahraoui, de son droit à l’autodétermination conformément à la charte pertinente des Nations unies ».
Cette continuité doctrinale, perçue du côté sahraoui comme un pilier fondamental de leur résistance politique et juridique, s’inscrit dans un héritage historique précis. L’ambassadeur de la République sahraouie en Algérie, M. Khatri Adouh Khatri, a salué, dans son intervention, la position de l’Algérie qui « œuvre constamment à maintenir vivante dans les mémoires et les consciences la cause du peuple sahraoui », ce qui reflète son engagement à soutenir les causes justes.
Pour le diplomate, cette solidarité constante « puise sa source dans l’esprit et les principes de la glorieuse Révolution de Novembre » et incarne « la doctrine de la libération et de la liberté à laquelle le peuple algérien frère a cru, pour laquelle il s’est sacrifié et à laquelle il est resté attaché ».
L’enjeu de ce forum académique dépassait la simple réaffirmation de principes : il s’agissait de doter la cause d’une grille d’analyse renforcée face aux tentatives de dénaturation du conflit. Cette rencontre vient « confirmer et réitérer la position forte de l’Algérie sous la conduite du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune », a ajouté l’ambassadeur, estimant que ce colloque représente « ‘un apport riche à l’analyse, à la recherche et à l’éclairage sur la lutte du peuple sahraoui, son parcours de libération et sa juste cause qui dure depuis plus de soixante-dix ans ».
Dans cette même perspective, les organisateurs ont souligné la portée universelle du dossier, refusant de le cantonner à un simple litige frontalier. Le directeur général de l’INESG, M. Abdelaziz Medjahed, a, pour sa part, affirmé que le riche programme du colloque permettra d’étudier la question du Sahara occidental sous ses différents aspects, de rappeler fidèlement son histoire et d’ouvrir le débat sur les différentes visions et analyses qui s’y rapportent. Qualifiant le dossier de « cause de conscience », il a ajouté qu’il « ne s’agit pas seulement de la cause du peuple sahraoui, mais de celle de tous les hommes libres à travers le monde ».
Face au statut quo et aux lenteurs de la diplomatie multilatérale, les institutions sahraouies ont profité de l’événement pour remettre l’ONU devant ses responsabilités juridiques et morales. Pour sa part, le président du Centre sahraoui d’études stratégiques, Sidi Mohamed Aba Mohamed, a déclaré que la question du Sahara occidental « demeure une question de décolonisation inscrite à l’ordre du jour des Nations unies », appelant à accélérer la mise en œuvre des résolutions de la légalité internationale et à permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination.

G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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