Par Kheireddine B.
L’Algérie a amorcé la relance de son industrie automobile avec l’inauguration officielle de l’usine Fiat d’Oran. Cette filière constitue d’ailleurs une nécessité pour le soutien de différents secteurs et la relance de l’économie nationale.

En effet, lors de la cérémonie d’inauguration de l’usine de Fiat ce lundi, le ministre de l’Industrie et la Production pharmaceutique, Ali Aoun, a souligné que l’attractivité des investissements étrangers dans le secteur de la fabrication automobile figure désormais parmi nos priorités. Cela est considéré comme une nécessité cruciale pour soutenir divers secteurs et stimuler la relance de l’économie nationale, tout en ajoutant que “de ce point de vue, plusieurs contrats de partenariat gagnant-gagnant seront signés, afin d’acquérir de l’expérience dans ce domaine, de former une main d’œuvre qualifiée et de travailler à l’intégration de la production de pièces et composants pour atteindre un taux d’intégration significatif, afin de commercialiser la voiture Made in Algeria’”. Il a ajouté que “désormais, tout projet d’assemblage de pièces et composants sans valeur ajoutée est inacceptable”.
Dans ce sillage, M. Aoun a annoncé que le lancement de ce projet sera suivi par d’autres initiatives similaires, toutes conformes aux normes d’intégration et de valeur ajoutée dans une perspective durable. Il a précisé que ce projet s’inscrit dans le cadre des efforts de l’État visant à intensifier la coopération économique et le partenariat entre l’Algérie et l’Italie, notamment dans le secteur de l’industrie mécanique. Ces démarches font suite à la récente visite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en Italie, à l’invitation de son homologue Sergio Mattarella, dans le but de renforcer les relations amicales et historiques bilatérales.
Le ministre a estimé que “le choix de ce jour, coïncidant avec la commémoration du 63e anniversaire des manifestations du 11 Décembre 1960 pour inaugurer l’usine Fiat, est un point de départ d’une véritable industrie dans le domaine de l’automobile dans notre pays, avec la contribution d’un de nos partenaires italiens”.
Le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique a déclaré qu’”en plus de la bonne réputation dont jouit le constructeur automobile italien Fiat, cette marque sera la première à être fabriquée localement, étant donné que l’entreprise italienne s’est engagée à atteindre des taux d’intégration qui répondent aux exigences de développement et des cahiers de charges”.
M. Aoun a, en outre, souligné “la nécessité du respect des engagements pris par l’usine et nous nous engageons, en tant que pouvoirs publics, à assurer le soutien de tous les projets d’investissement visant à créer des richesses et des opportunités d’emploi”.
Par ailleurs, une lettre d’intention pour l’extension du projet industriel du groupe Stellantis en Algérie a été signée avec le ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique pour augmenter la capacité de production de cette usine, qui sera orientée vers le marché local et l’exportation. Le premier véhicule de type Fiat 500 à 100% algérien, produit par l’usine Fiat de Tafraoui, a été commercialisé.
Pour rappel, la cérémonie inaugurale de l’usine située dans la zone industrielle de Tafraoui a réuni le vice-ministre italien de l’Entreprise et du Made in Italy, Valentino Valentini, le directeur général du groupe Stellantis, propriétaire de la marque Fiat, Carlos Tafriz, ainsi que l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Giovanni Pugliese.
Le projet, d’envergure, a été réalisé de manière exceptionnellement rapide, les travaux ayant débuté en novembre 2022, suite à la signature de la convention-cadre en octobre 2022 entre le ministère de l’Industrie et le groupe Stellantis, classé quatrième constructeur automobile mondial, regroupant 12 marques, dont Fiat. La convention souligne l’importance du développement des activités industrielles liées à la construction automobile, le service après-vente, les pièces de rechange, ainsi que la promotion de la filière de la construction automobile en Algérie.
L’accord-cadre a été mis en œuvre suite à la publication du décret 22-384 en date du 17 novembre 2022, établissant le cadre juridique comprenant les conditions et mesures liées aux activités liées à la construction automobile, définissant un nouveau cahier des charges pour les importateurs et constructeurs automobiles.
Selon les annonces du groupe Stellantis, l’usine de Tafraoui a une capacité de production initiale de 60 000 véhicules par an dans la première phase, atteignant 90 000 véhicules par an dans la seconde phase, d’ici 2028. Trois modèles seront produits jusqu’en 2026, avec le début de la production d’un quatrième en 2029.
Actuellement, l’usine emploie 300 travailleurs, et 300 autres devraient être recrutés en 2024, dont une majorité a été formée dans le cadre d’un programme de coopération entre Stellantis et le secteur de la Formation et de l’Enseignement professionnels.
