
Suite à la mise en œuvre de la nouvelle directive n° 07-2026 de la Banque d’Algérie, les banques algériennes se sont lancées dans une course sans précédent, pour attirer les voyageurs à l’étranger. Cette directive encadre les procédures et les conditions d’accès à l’allocation touristique de 750 €, pour les adultes, et de 300 €, pour les mineurs.
Les établissements bancaires se sont empressés de lancer de nouvelles cartes internationales et de proposer des services inédits, notamment la suppression de l’obligation de dépôt en devises étrangères, la réduction des délais d’émission à seulement 48 heures, dans certaines banques, et l’élargissement du choix entre Visa et Mastercard.
La fin des distributions d’espèces
Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Lamine Lebou, a émis la directive n° 07-2026, datée du 13 juillet 2026 et entrée en vigueur le 19 juillet 2026, remplaçant ainsi la directive n° 05-2025. Cette nouvelle directive constitue un changement fondamental dans le mécanisme d’octroi de l’allocation touristique. Elle stipule l’arrêt total des versements en espèces, remplaçant le système précédent par le chargement de fonds sur une carte de paiement internationale (Visa ou Mastercard), émise par les banques agréées au nom du bénéficiaire et valable pour une durée minimale de trois ans. La directive insiste également sur le contrôle, exposant les contrevenants à des procédures de recouvrement des fonds et à des poursuites judiciaires, pour violation de la réglementation des changes, outre une interdiction de change durant cinq ans. La suppression de l’exigence de dépôt en devises étrangères demeure un atout concurrentiel majeur pour les banques. Les clients peuvent désormais obtenir une carte internationale dédiée aux opérations de change, sans avoir à détenir de devises étrangères. Auparavant, ces cartes nécessitaient l’ouverture d’un compte en devises et le dépôt de fonds en euros ou en dollars, une condition qui, en raison de leur coût élevé, empêchait une grande partie des voyageurs d’en bénéficier.
Dans ce contexte, le Crédit populaire d’Algérie (CPA) a lancé une carte Visa classique pour les opérations de change et les voyages, sans dépôt minimum en devises étrangères, moyennant une cotisation annuelle modique de 3.000 dinars. Un solde minimum de 10.000 dinars est requis sur le compte dinars, pour couvrir les frais de fonctionnement. La carte est émise sous 21 jours au maximum.
De son côté, la Gulf Bank Algerie (AGB) a placé la barre plus haut, avec sa campagne «Zéro euro de dépôt» pour «la carte Visa Gold», réduisant les délais d’émission (un à cinq jours). La banque a également promu les services de paiement sans contact en Algérie et à l’étranger, et organisé des tirages au sort pour les utilisateurs de cartes Visa. La Banque nationale d’Algérie (BNA) a lancé sa carte Visa Signature, pour les particuliers, offrant des plafonds de dépenses plus élevés et des services bancaires améliorés. Parallèlement, la Banque extérieure d’Algérie (BEA) a continué de promouvoir ses cartes «Mastercard», avec allocation voyage. Al Salam Bank Algeria, pour sa part, est entrée sur le marché, avec sa «carte Visa Platinum», dotée d’alertes SMS instantanées informant les clients de chaque transaction en temps réel.
Les retraits aux distributeurs automatiques à l’étranger autorisés
Suite à la mise en œuvre de la nouvelle directive, les banques ont annoncé une évolution majeure : il a été officiellement confirmé que les cartes internationales permettent aux titulaires de retirer de l’argent aux distributeurs automatiques, à l’étranger, d’effectuer des paiements dans des millions de commerces, d’hôtels et de restaurants, et de réaliser des achats en ligne liés aux voyages. Arab Bank a également annoncé une réduction du délai d’émission des cartes à seulement 48 heures, et l’extension du service aux titulaires de comptes islamiques.
Qui en bénéficie et comment ? Détails pour les familles
La directive fixe l’allocation de dépenses à 750 €, pour les adultes de 19 ans et plus, et à 300 €, pour les jeunes de 12 à 19 ans, avec une limite de deux enfants par famille. Le montant chargé doit être un multiple de 50 €, et le séjour minimum à l’étranger est de sept jours. En cas d’annulation de voyage ou de retour anticipé, l’agence bancaire doit être informée et le montant remboursé dans les cinq jours, après quoi le bénéficiaire pourra accéder à son allocation de dépenses.
Les enfants mineurs ne reçoivent pas de carte individuelle ; l’allocation de chaque enfant est chargée sur la carte personnelle de l’un de ses parents. Par exemple, une famille composée d’un père, d’une mère et de deux enfants mineurs reçoit 1.350 €, sur la carte du père, et 750 €, sur celle de la mère. Un étudiant de plus de 19 ans reçoit une carte à son nom, avec une allocation supplémentaire de 750 €. Les conjoints sans emploi, les enfants sans emploi et les étudiants de plus de 19 ans peuvent également bénéficier de cette aide, en ouvrant un compte personnel et en recevant une carte approvisionnée par le père, sous réserve de la présentation d’un justificatif de revenus. La directive permet également aux enfants qui soutiennent leurs parents de bénéficier de cette aide en émettant une carte internationale distincte pour chaque parent, chargée à partir du compte de l’enfant. Les titulaires d’anciennes cartes internationales, telles que Visa Classic ou Visa Signature, n’ont pas besoin d’en obtenir une nouvelle. Leurs cartes existantes peuvent être rechargées directement dans la limite des dépenses autorisée, grâce à une procédure simple et rapide.
Valeur en dinars algériens
Sur la base du taux de change de référence annoncé par la Banque d’Algérie, une aide de 750 euros équivaut à environ 114.000 dinars algériens, tandis qu’une aide de 300 euros équivaut à environ 45.600 dinars. Il convient de noter que la valeur réelle reste soumise au taux de change appliqué le jour de la transaction et aux éventuels frais ou commissions bancaires.
Renouvellement des avantages pour les bénéficiaires précédents
Les banques ont précisé que les citoyens ayant bénéficié du droit de change entre le 21 juillet et le 31 décembre 2025 pourront en bénéficier à nouveau pour l’année 2026, sans attendre une année complète. Toutefois, ceux qui en ont bénéficié entre le 1er janvier et le 18 juillet 2026 ne pourront en bénéficier à nouveau qu’à compter du 1er janvier 2027, conformément au principe d’un seul bénéfice par année civile. Ces mesures font suite aux directives du gouverneur de la Banque d’Algérie, qui mettent en lumière la nécessité de faciliter l’émission de cartes internationales et d’accélérer le traitement des demandes de change.
La concurrence entre les banques ne se limite plus à l’émission de cartes ; elle s’étend désormais à la réduction des délais de livraison, à la suppression de l’obligation de dépôt de devises, à l’amélioration des services numériques, à la mise en place du paiement sans contact et à la fourniture d’alertes instantanées.
Le secteur bancaire anticipe un développement de ces offres dans les prochains mois, avec l’arrivée de nouvelles banques sur le marché et le lancement de nouvelles cartes dotées de fonctionnalités supplémentaires. Ceci renforcera la culture du paiement électronique et offrira aux voyageurs algériens un plus large choix pour utiliser leurs devises à l’étranger en toute sécurité et simplicité.
Abir Menasria
