
Le ministère de la Culture et des Arts a annoncé, avant-hier soir, la reprise de sa programmation culturelle nationale, avec le retour de cinq festivals qui se dérouleront, entre la mi-août et le début septembre, à Alger, Constantine, Tipasa et Sidi Bel Abbès.
Musique, patrimoine spirituel, création contemporaine et costumes traditionnels seront au cœur de cette programmation estivale, présentée comme une véritable vitrine de la diversité culturelle algérienne. «Ce programme offre une fresque complète de notre patrimoine, de notre identité et de notre création contemporaine», souligne le ministère.
À Alger, la 9e édition du Festival culturel international «L’Été en musique» se tiendra, du 15 au 21 août, sur la promenade des Sablettes, côté Ouest. Sept soirées musicales sont au programme, avec une programmation placée sous le signe du métissage et de la rencontre entre les sonorités algériennes et celles venues d’ailleurs. L’accès à l’ensemble des spectacles sera gratuit. Organisée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, en collaboration avec les services de la wilaya d’Alger, cette édition entend accompagner l’animation culturelle de la capitale durant la saison estivale et contribuer à la dynamisation de la vie citadine. Les organisateurs ambitionnent également de faire de la culture un «levier de cohésion sociale et de rayonnement culturel de la capitale». La direction artistique de cette édition, confiée au musicien, chef d’orchestre et arrangeur Amine Dehane, repose sur un croisement entre répertoire national, sonorités urbaines et tendances musicales internationales. Le «Village des artistes» accueillera, par ailleurs, une masterclass animée par Hakim Laadjal, autour des relations entre création musicale et intelligence artificielle, ouvrant ainsi le Festival sur les nouvelles technologies et les mutations du processus créatif.
Le patrimoine spirituel à l’honneur
À Constantine, le Festival culturel national des Aïssaoua revient pour sa 15e édition, du 26 au 30 août, sous le thème «Aïssaoua : un patrimoine qui nous rassemble, une culture qui nous unit». La manifestation proposera un programme mêlant soirées artistiques, spectacles de proximité, conférences et sessions de dhikr.
Cette édition s’inscrit dans une approche visant à mettre en valeur les dimensions culturelles et spirituelles du patrimoine Aïssaoua, tout en favorisant sa transmission et sa valorisation auprès du public. À travers cette programmation, le Festival entend rappeler la place de ce patrimoine dans l’identité culturelle nationale et dans la mémoire collective.À Tipasa, les musiques vivantes, notamment les expressions populaires et urbaines, seront à l’honneur à l’occasion de la 6e édition du Festival culturel national de musique actuelle, prévue du 27 au 30 août, au port de Tipasa. Quatre soirées de concerts investiront ce cadre chargé d’histoire et ouvert sur la Méditerranée.
Le ministère souligne que ce rendez-vous donnera à la musique contemporaine un espace d’expression et de création, en mettant en avant une Algérie «dynamique, ambitieuse et audacieuse». Le choix du port de Tipasa vise également à créer un dialogue entre patrimoine, territoire et création musicale contemporaine, dans une démarche où le patrimoine se prolonge vers de nouvelles formes d’expression.
Le costume traditionnel, marqueur d’identité
Le patrimoine matériel et immatériel occupera également une place centrale dans cette programmation avec la 8e édition du Festival culturel national du costume traditionnel algérien, prévue à Alger, du 29 août au 1er septembre, au Centre des arts et de la culture du Palais des Raïs (Bastion 23). Placée sous le thème «La Djebba et la Blouza… créations esthétiques pour une identité authentique», cette édition réunira chercheurs, designers, artisans, artistes et acteurs du patrimoine. Expositions, journées d’étude, ateliers, concours, défilés de mode et concerts sont prévus au programme. La manifestation permettra, notamment de mettre en lumière la richesse et la diversité des formes vestimentaires traditionnelles algériennes, tout en s’intéressant à leur évolution et à leur adaptation aux pratiques contemporaines. Au-delà de la dimension esthétique, le Festival entend ainsi souligner le rôle du costume traditionnel comme élément de transmission de l’identité et de la mémoire culturelle.
Le raï
clôturera
la programmation
Le cycle des manifestations estivales s’achèvera à Sidi Bel Abbès, avec la 15e édition du Festival culturel national de la chanson Raï, prévue du 31 août au 3 septembre. La manifestation conservera ainsi sa vocation nationale, alors que le Festival international du raï, créé récemment, se tiendra, pour sa part, à Oran.
À travers ces cinq rendez-vous, le ministère de la Culture et des Arts entend proposer une programmation couvrant plusieurs expressions du patrimoine et de la création algérienne. De la musique actuelle au raï, du patrimoine Aïssaoua au costume traditionnel, en passant par les nouvelles expériences musicales et l’intelligence artificielle, cette saison festivalière entend conjuguer valorisation du patrimoine, création contemporaine et animation culturelle des territoires. R. C.