retrait, remplacement et recyclage: les vieux bus : c’est fini !

À la suite du drame de Boumerdès, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, donne
instruction d’accélérer le renouvellement du parc d’autobus vétustes, à travers leur retrait, leur remplacement et leur recyclage.

Le drame de Boumerdès a brutalement remis au premier plan la question de la sécurité dans le transport collectif. Le 31 juillet 2026, le renversement et la chute d’un autobus dans un ravin à Berrahmoun El-Karma, dans la wilaya de Boumerdès, ont fait 28 morts et 44 blessés.
Mais si ce drame a ravivé l’inquiétude sur l’état du transport collectif, la décision de renouveler profondément le parc des autobus n’est pas née de cet accident. Elle s’inscrit dans une politique engagée depuis 2025 et renforcée progressivement par les décisions présidentielles.
De 30 ans à 25 ans : le grand ménage est lancé
Le premier tournant est intervenu, en août 2025, dans le sillage du grave accident d’oued El-Harrach. Les pouvoirs publics avaient alors engagé une opération visant à remplacer 5.400 autobus âgés de plus de 30 ans dans un délai de six mois, selon les déclarations du ministre des Transports.
Cette première étape allait rapidement laisser place à une ambition plus large.
Le 3 mai 2026, lors d’une réunion du Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné le retrait du parc national de tous les bus âgés de plus de 25 ans, avec un délai maximal fixé à trois mois.
Cette décision marque une accélération importante. Il ne s’agit plus seulement de sortir les véhicules les plus anciens, ceux dépassant trois décennies de circulation, mais d’abaisser le seuil à 25 ans afin de rajeunir plus rapidement la flotte nationale.
La mesure répond à un double impératif : améliorer les conditions de transport des citoyens et renforcer la sécurité du parc roulant. Des associations de protection des consommateurs ont d’ailleurs salué cette décision, estimant qu’elle était susceptible d’améliorer les conditions de déplacement et de professionnaliser davantage le transport public.
Le drame de Boumerdès, survenu quelques semaines après cette décision, donne évidemment une résonance particulière à cette politique. Mais il serait prématuré de conclure que l’âge du bus impliqué est à lui seul à l’origine de l’accident : les autorités ont précisément annoncé des enquêtes pour en établir les causes.

10.000 bus pour remplacer les anciens
Le retrait des vieux autobus ne peut cependant réussir que s’il existe suffisamment de véhicules de remplacement. C’est tout l’enjeu du vaste programme engagé par l’État.
Un programme d’importation de 10.000 nouveaux bus a été lancé pour contribuer au renouvellement du parc national de transport de voyageurs. Les premières livraisons ont commencé dès le début de l’année 2026.
Ainsi, l’Entreprise de développement de l’industrie des véhicules, relevant de la Direction des fabrications militaires du ministère de la Défense nationale, a réceptionné 335 bus au port d’Alger, le 1er février 2026, première cargaison de ce programme. Quelques jours plus tard, 134 autres bus ont été réceptionnés au même port.
Le mouvement s’est poursuivi, en mars, avec l’arrivée de 420 nouveaux bus au port de Djen Djen, à Jijel, toujours dans le cadre du programme des 10.000 véhicules.
La logique est donc claire : retirer progressivement les véhicules vieillissants tout en alimentant le parc par des autobus neufs. L’objectif est d’éviter qu’un retrait massif ne se traduise par une insuffisance de l’offre de transport. Cette opération représente également un enjeu industriel. Le renouvellement du parc doit accompagner le développement de la filière automobile et de la fabrication des autobus en Algérie, avec une volonté affichée d’augmenter progressivement l’intégration locale.

Et après la route ? Une deuxième vie pour les vieux bus
Une question demeure : que deviennent les autobus retirés de la circulation ?
Leur retrait ne devrait pas se traduire par un simple abandon dans des dépôts ou des terrains. Un autobus arrivé en fin de vie constitue aussi une importante réserve de matériaux récupérables.
Après sa sortie définitive du transport de voyageurs, le véhicule peut être orienté vers les opérations de démontage et de récupération. Les différents composants sont séparés en fonction de leur nature et de leur état : acier, aluminium, cuivre, verre, caoutchouc, plastiques et certaines pièces ou équipements susceptibles d’être valorisés lorsqu’ils répondent aux normes requises.
L’acier constitue notamment une matière particulièrement importante dans un autobus. Une fois récupérés et triés, les métaux peuvent rejoindre les filières industrielles de recyclage et redevenir une matière première pour de nouvelles productions.
Le vieux bus change ainsi de statut : il ne sert plus à transporter des voyageurs, mais ses matériaux peuvent continuer à vivre dans l’industrie.
Cette dimension est essentielle pour éviter que le renouvellement du parc ne génère simplement des milliers d’épaves supplémentaires. La modernisation du transport peut au contraire s’accompagner d’une véritable logique d’économie circulaire : retirer, remplacer, démonter, trier et valoriser.
L’enjeu est d’autant plus important que le nombre de véhicules concernés est considérable. En 2025, le ministère des Transports évoquait déjà 5.400 autobus de plus de 30 ans à remplacer dans les six mois. Avec l’abaissement du seuil à 25 ans décidé en mai 2026, le périmètre du renouvellement s’élargit encore.

Une nouvelle page pour le transport collectif
Le drame de Boumerdès, avec 27 morts et 42 blessés, restera comme un rappel tragique des exigences qui entourent le transport collectif.
Mais la réponse de l’État ne se résume pas à une réaction à cette catastrophe. Depuis 2025, une politique de renouvellement du parc est progressivement mise en œuvre, avec une accélération décisive en mai 2026 : les bus de plus de 25 ans doivent être retirés dans un délai maximal de trois mois.
Parallèlement, les 10.000 nouveaux bus prévus dans le programme présidentiel commencent à arriver sur le territoire national.
La transformation attendue est donc beaucoup plus large qu’un simple changement de véhicules. Elle concerne la sécurité des voyageurs, la qualité du service public, le renouvellement du parc, l’industrie nationale et, demain, la récupération et la valorisation des véhicules hors d’usage.
Le vieux bus qui a passé des années sur les routes algériennes pourrait ainsi connaître sa dernière étape : non plus transporter des passagers, mais être démonté, trié et recyclé.
Après des décennies de présence dans le paysage urbain et interurbain, une page se tourne progressivement dans le transport collectif algérien.

ALGER 16 DZ

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