
Un programme portant sur 10.522 pièces de rechange, une demande de modification restée sans réponse et un dossier toujours à l’étude : le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a apporté, lundi dernier dans un communiqué, des précisions sur le dossier de l’entreprise Benbellat, après la diffusion d’une vidéo dénonçant un retard dans l’octroi d’un visa d’importation.
L’affaire a commencé par une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Le gérant de l’entreprise privée Benbellat, spécialisée dans la production d’eau minérale, y faisait part de ses préoccupations concernant ce qu’il a qualifié de « retard dans l’obtention du visa du programme prévisionnel d’importation de pièces de rechange pour le deuxième semestre de l’année 2026 ».
Face à ces déclarations, le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a décidé de réagir en détaillant les éléments enregistrés dans ses services. Il a ainsi «catégoriquement rejeté les allégations et informations erronées contenues dans cette vidéo, qui ne correspondent pas aux données officielles enregistrées auprès de ses services ». L’instance a souligné qu’il « se réserve le droit d’engager les poursuites judiciaires qu’il juge nécessaires contre toute partie susceptible de porter atteinte à la réputation du ministère ou de diffuser des informations de nature à induire l’opinion publique en erreur ».
Au centre de la controverse se trouve donc le traitement du programme prévisionnel d’importation de l’entreprise. Contrairement à ce qui a été avancé, le dossier « n’a été ni rejeté ni gelé », affirme le ministère.
Selon le communiqué, les services compétents ont demandé à l’opérateur, le 20 août dernier, de modifier son programme « au vu de la nature et du volume de la demande ». Une démarche qui, précise le ministère, n’a toujours pas reçu de réponse de la part de l’entreprise.
Jusqu’à la date de publication du communiqué, l’opérateur « n’a pas répondu à la demande de modification, ce qui a empêché la finalisation de l’étude du dossier et l’octroi du visa ».
Le ministère met surtout en avant l’ampleur de la demande formulée pour le second semestre 2026. Celle-ci porte sur 709 positions tarifaires, correspondant à 10.522 pièces de rechange.
Un volume qui prend davantage de relief lorsqu’il est replacé dans l’historique des demandes de la même entreprise. Le 29 janvier 2026, celle-ci avait obtenu un visa pour 300 pièces de rechange au titre du programme prévisionnel du premier semestre. Elle avait auparavant bénéficié, le 2 août 2025, d’un visa portant sur 5.695 pièces de rechange de différents types pour le second semestre de la même année.
Le cumul atteint ainsi 16.517 pièces de rechange demandées en l’espace d’environ douze mois. Pour le ministère, ce chiffre justifie une vérification approfondie de la cohérence entre les besoins déclarés et les capacités réelles de l’entreprise.
Ainsi, « l’intéressé aura introduit, en l’espace d’à peine 12 mois, des demandes d’importation pour un total de 16.517 pièces de rechange de différents types, un volume qui exige, sur le plan technique, de vérifier l’adéquation de ces besoins avec la taille de l’unité de production, la nature de ses équipements et sa capacité de production effective ».
L’administration appuie également son argument sur une comparaison avec d’autres entreprises du même secteur. Certaines disposent de plus de quatre lignes de production, tout en présentant des demandes de pièces de rechange nettement inférieures.
Le ministère précise ainsi que « les quantités de pièces de rechange demandées par certaines d’entre elles ne dépassent pas le quart de la quantité demandée par l’entreprise concernée, bien qu’elles possèdent des capacités de production plus importantes et un nombre de lignes de production supérieur à celles dont dispose cette entreprise ».
Pour les services du ministère, cette comparaison renforce la nécessité de vérifier le programme présenté par Benbellat. Les données techniques disponibles « ne reflètent pas l’existence d’une unité de production dont la taille et les capacités d’exploitation justifieraient, en apparence, ce volume élevé de demandes de pièces de rechange ».
Le dossier a donc été soumis à un examen approfondi, avec une demande de modification adressée à l’opérateur. Le ministère insiste sur ce point : cette démarche ne constitue pas un rejet du programme et ne vise pas, selon lui, à entraver l’activité de l’entreprise.
À travers ce communiqué, le ministère cherche ainsi à replacer le débat sur le terrain des données et des documents officiels enregistrés via la plateforme numérique.
G. Salah Eddine
