
Oran vient de faire une entrée remarquée dans le Top 50 mondial des villes offrant les meilleurs débits mobiles. Classée 41e avec 197,09 Mbps, elle devance légèrement Alger, 42e avec 194,57 Mbps. Une performance qui intervient alors que le débit mobile national a presque doublé en une année, portée par la modernisation des réseaux, le déploiement de la 5G et l’extension de la fibre optique.
Le chiffre surprend plus d’un. On ne le réalise pas toujours, car on a souvent tendance à penser que nous sommes encore loin derrière. Pourtant, si vous avez l’habitude de voyager, vous le savez : à Alger comme à Oran, la rapidité d’Internet est aujourd’hui très bonne. Et ce n’est pas nous qui le disons, mais des plateformes internationales spécialisées dans la mesure des performances des réseaux.
Dans sa dernière mise à jour mensuelle, la plateforme mondiale Ookla, spécialisée dans la mesure des performances des réseaux à travers son service Speedtest, classe pour la première fois Oran dans le Top 50 mondial. La ville occupe la 41e place, avec un débit médian de téléchargement de 197,09 mégabits par seconde (Mbps), après avoir gagné douze places en une seule mise à jour.
Et la surprise ne s’arrête pas là. Alger conserve sa place dans le Top 50, en se classant 42e avec un débit médian de 194,57 Mbps, après avoir reculé d’une position par rapport au précédent relevé.
Pour la première fois, deux villes algériennes figurent donc simultanément parmi les 50 villes affichant les meilleurs débits mobiles au monde.
La différence entre les deux villes est minime, mais le symbole est intéressant. Avec 197,09 Mbps, Oran se retrouve pratiquement au même niveau qu’Paris, classée 40e avec 197,88 Mbps. Alger arrive immédiatement derrière.
La performance des deux villes ne doit surtout pas être regardée comme un phénomène isolé.
Selon les données de l’indice mondial des pays publiées par Ookla, le débit médian de téléchargement sur les réseaux mobiles en Algérie est passé de 40,86 Mbps en juillet 2025 à 78,36 Mbps en juillet 2026, soit une progression de près de 91 % en une seule année.
En douze mois, le débit mobile mesuré à l’échelle nationale a donc presque doublé.
Cette évolution permet de replacer l’entrée d’Oran et le maintien d’Alger dans le Top 50 dans une dynamique plus large. Il ne s’agit pas simplement de deux villes ayant réalisé une bonne performance sur un mois donné. Les chiffres disponibles montrent une amélioration sensible des performances des réseaux mobiles à l’échelle du pays.
Le réseau fixe suit la même trajectoire. Le débit médian de téléchargement est passé de 50,85 Mbps en juillet 2025 à 90,45 Mbps en juillet 2026, soit une hausse de plus de 77 % en un an.
Oran et Alger, 1re et 2e villes d’Afrique
La comparaison avec les autres grandes métropoles africaines permet de mieux mesurer la performance enregistrée par les deux principales villes algériennes.
Avec 197,09 Mbps, Oran se classe ainsi 41e au niveau mondial et première ville africaine en matière de débit médian de téléchargement mobile. Alger suit de très près, avec 194,57 Mbps, occupant la 42e place mondiale et la deuxième place en Afrique.
Une performance qui place les deux villes algériennes devant plusieurs grands pôles urbains du continent. Lagos, l’une des principales métropoles économiques et technologiques d’Afrique, arrive au 108e rang mondial, avec un débit médian de 79,78 Mbps, soit environ deux fois et demie moins qu’Oran et Alger.
Le Caire, autre grande métropole africaine, occupe pour sa part la quatrième place à l’échelle du continent et le 124e rang mondial, avec 51,14 Mbps. Ces écarts illustrent le niveau atteint aujourd’hui par les réseaux mobiles à Oran et Alger, désormais capables de rivaliser, sur le seul critère du débit mesuré, avec plusieurs grandes villes européennes, asiatiques et américaines.
Cependant, l’écart avec d’autres grandes métropoles reste cependant visible. Istanbul occupe la 22e place avec 255,71 Mbps, tandis que New York se situe au 28e rang avec 234,31 Mbps.
À Los Angeles, le débit médian atteint 215,72 Mbps alors que Doha affiche un impressionnat score de 548,27 Mbps.
L’Algérie n’est donc pas encore au sommet de la hiérarchie mondiale. Mais deux de ses principales villes évoluent désormais dans un environnement où figurent plusieurs des grandes capitales et métropoles économiques de la planète.
La 5G entre dans l’équation
Cette accélération intervient surtout dans un contexte de profonde modernisation des réseaux algériens, avec le déploiement progressif de la 5G.
Après son lancement commercial en Algérie, les opérateurs ont commencé à étendre leurs réseaux de cinquième génération à davantage de wilayas. Cette technologie permet d’augmenter considérablement les débits disponibles et d’améliorer la capacité des réseaux, notamment dans les zones où la demande est importante.
La 5G apporte également une latence plus faible et une meilleure capacité à gérer un nombre élevé de connexions simultanées. Des caractéristiques qui prennent une importance croissante avec le développement de la vidéo en ligne, des services cloud, des jeux en réseau, des visioconférences et, plus largement, des usages professionnels et économiques du numérique.
Il serait toutefois réducteur d’attribuer l’ensemble de la progression à la seule 5G. Les performances d’un réseau dépendent de nombreux paramètres : densification des stations, capacité disponible, fréquences utilisées, modernisation des équipements et qualité des infrastructures reliant les antennes au cœur du réseau.
Autrement dit, la 5G est une partie importante de l’explication, mais elle n’est pas seule derrière les chiffres.
La fibre, l’autre grand chantier
Pendant que la 5G attire l’attention avec ses débits impressionnants sur les smartphones, un autre chantier avance plus discrètement : celui de la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH).
L’Algérie a franchi en 2026 le seuil des trois millions de foyers raccordés à la fibre optique, dans le cadre de l’extension progressive de cette technologie à travers les différentes wilayas.
Cette évolution contribue directement à l’amélioration des performances de l’Internet fixe. Elle joue également un rôle dans l’écosystème mobile, puisque les réseaux mobiles modernes reposent eux-mêmes sur d’importantes infrastructures de transport de données.
Derrière une antenne 5G capable d’afficher des centaines de mégabits par seconde sur un téléphone se trouve donc toute une chaîne technique. Le déploiement des infrastructures fixes et mobiles avance de manière complémentaire. C’est ce changement d’échelle qui apparaît aujourd’hui dans les chiffres d’Ookla.
Du confort de navigation à un enjeu économique
La question de la vitesse d’Internet ne se limite plus à savoir combien de temps il faut pour télécharger une vidéo.
Une connexion rapide et stable est devenue une infrastructure essentielle pour les entreprises, les administrations et les particuliers. Télétravail, visioconférences, commerce électronique, services bancaires, plateformes numériques, stockage en ligne, enseignement à distance ou applications utilisant l’intelligence artificielle reposent tous sur une connectivité suffisamment performante.
Pour les entreprises technologiques et les start-up, la qualité du réseau peut même devenir un élément de compétitivité. Elle conditionne la possibilité de développer certains services, de traiter des volumes importants de données ou de travailler en temps réel avec des partenaires situés à l’étranger.
Dans ce contexte, l’amélioration des performances observée en Algérie dépasse donc la simple question du confort des internautes. Elle accompagne la transformation progressive de l’environnement numérique dans lequel évoluent les entreprises et les services publics.
Le véritable défi sera de diffuser cette performance
L’entrée d’Oran dans le Top 50 et le maintien d’Alger dans ce classement constituent une vitrine intéressante. Mais, la question est de savoir jusqu’où cette amélioration peut se diffuser dans le reste du pays.
Car une chose est de disposer de débits proches de 200 Mbps dans les principaux centres urbains. Une autre est d’offrir une connexion rapide, stable et accessible dans les zones moins densément peuplées et les localités éloignées.
Le développement de la 5G et la poursuite du déploiement de la fibre devraient progressivement permettre de réduire ces écarts.
Le classement Ookla reste une photographie des performances mesurées à un moment donné, mais il confirme une tendance de fond. En un an, le débit médian mobile national est passé de 40,86 à 78,36 Mbps, tandis qu’Oran a gagné douze places pour intégrer le Top 50 mondial et qu’Alger s’y maintient. Sur le fixe, le débit médian est passé de 50,85 à 90,45 Mbps.
Derrière ces chiffres, c’est donc tout le réseau algérien qui accélère, avec des performances en nette progression.
Oran et Alger viennent d’en apporter la démonstration à l’échelle mondiale. La prochaine étape sera de transformer cette percée en une progression durable de la qualité numérique à travers l’ensemble du territoire.
Abir Menasria
