
Après avoir franchi le cap de 1 GW de capacités solaires installées, le pays prépare le lancement de sa première tranche éolienne de 1 GW, avec un objectif global de 5 GW à l’horizon 2035. Dix sites sont déjà identifiés pour accueillir les futurs parcs.
Après avoir franchi le cap symbolique de 1 GW de capacités solaires installées, l’Algérie s’apprête à ouvrir un nouveau front dans le développement des énergies renouvelables : l’éolien. Longtemps restée en retrait derrière le solaire, cette filière commence désormais à prendre une place concrète dans la stratégie nationale de transition énergétique, avec un objectif ambitieux de 5 GW de capacités éoliennes à l’horizon 2035.
Le changement de cap se précise. Le dossier de l’éolien s’est retrouvé, jeudi dernier, au cœur des discussions au ministère de l’Énergie, à l’occasion d’une réunion consacrée à l’accélération de la mise en œuvre de ce programme. L’objectif est désormais de préparer les conditions nécessaires au lancement des premières réalisations et de faire entrer progressivement l’éolien dans le mix énergétique national.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans le cadre du vaste programme national visant le développement de 22 GW d’énergies renouvelables. La première tranche du programme éolien devrait porter sur une capacité de 1 GW, avec le lancement prévu de l’appel d’offres en 2027.
Le projet n’en est toutefois pas encore au stade de la construction. Selon le ministère de l’Énergie, les travaux préparatoires portent actuellement sur les études techniques, ainsi que sur l’identification et l’évaluation des sites susceptibles d’accueillir les futurs parcs éoliens. Une phase déterminante puisqu’elle doit permettre de sélectionner les zones les plus adaptées à l’exploitation de cette ressource.
Le choix des sites reposera notamment sur plusieurs paramètres : le potentiel éolien, les caractéristiques des terrains, les conditions techniques et la disponibilité des infrastructures nécessaires. L’enjeu consiste à garantir que les futures installations puissent produire dans des conditions optimales tout en étant correctement raccordées au réseau électrique.
L’ambition affichée est donc de ne pas reproduire une stratégie limitée à une seule source d’énergie renouvelable. Après l’accélération du solaire, le développement de l’éolien doit permettre de diversifier davantage les capacités de production renouvelable et de renforcer progressivement leur contribution au système énergétique national.
Le potentiel de cette filière est d’autant plus important qu’elle présente l’avantage de compléter la production solaire. Lorsque la production photovoltaïque diminue en fin de journée, les conditions de production éolienne peuvent, selon les sites et les régimes de vent, contribuer à diversifier les périodes de production. Cette complémentarité constitue l’un des intérêts majeurs d’un bouquet renouvelable reposant sur plusieurs sources.
Un programme qui attire déjà les partenaires
L’intérêt porté à l’éolien ne se limite pas aux acteurs nationaux. La filière commence également à susciter l’attention de partenaires internationaux, signe des perspectives offertes par le marché algérien des énergies renouvelables.
Au début de l’année, l’International Finance Corporation (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, avait notamment affiché son intérêt pour des projets de partenariat dans le domaine des énergies renouvelables. L’arrivée progressive de nouveaux acteurs internationaux pourrait ainsi accompagner le développement des infrastructures et favoriser le transfert de savoir-faire et de technologies.
L’éolien figure également parmi les filières susceptibles de contribuer aux ambitions nationales dans le domaine de l’hydrogène vert. Dans le cadre de la coopération entre l’Algérie et l’Union européenne, les énergies renouvelables constituent, en effet, un élément central pour développer une production d’hydrogène à faible émission de carbone.
La diversification des sources renouvelables devient ainsi un enjeu dépassant la seule production d’électricité. Elle touche également aux futurs projets industriels, à l’hydrogène vert et, plus largement, à la transformation du modèle énergétique.
Le choix de l’éolien répond donc à une logique de long terme. Avec un objectif de 5 GW à l’horizon 2035, la filière est appelée à dépasser le stade expérimental ou secondaire pour devenir l’un des piliers du développement des énergies renouvelables.
Dix sites ont déjà été identifiés à travers différentes régions du pays pour l’implantation des futurs parcs. Leur évaluation permettra de déterminer les zones présentant les meilleures conditions pour accueillir les installations et d’établir progressivement la cartographie du potentiel exploitable.
Cette étape est particulièrement importante pour une filière dont la rentabilité dépend fortement de la qualité des ressources disponibles sur les sites. Le vent ne se répartissant pas de manière uniforme sur l’ensemble du territoire, la sélection des emplacements constitue l’une des clés de réussite du programme.
Au-delà des capacités installées, le développement de l’éolien pourrait également générer de nouvelles opportunités dans les domaines de l’ingénierie, de la construction, de la maintenance et des services associés. L’objectif est ainsi de faire émerger progressivement un écosystème autour des énergies renouvelables. Avec le lancement annoncé d’une première tranche de 1 GW, l’échéance de 2027 apparaît désormais comme un rendez-vous important pour cette nouvelle filière. Elle devrait permettre de passer des études et de la sélection des sites à une phase plus concrète de mise en œuvre.
Le programme de 5 GW constitue, pour sa part, une trajectoire de long terme. Il traduit la volonté de renforcer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique et de préparer le système électrique aux transformations à venir.
Après avoir consacré plusieurs années à développer le solaire, le pays ouvre donc un nouveau chantier. Le vent devient à son tour une composante stratégique de la transition énergétique, avec la perspective de disposer, à terme, d’un parc éolien de plusieurs gigawatts.
L’enjeu est désormais de transformer les objectifs annoncés en réalisations concrètes : finaliser les études, arrêter les sites, préparer les appels d’offres, mobiliser les investissements et assurer l’intégration des nouvelles capacités au réseau électrique.
Le passage à l’éolien marque ainsi une nouvelle phase dans la politique de diversification énergétique. Avec 5 GW visés en 2035, cette filière pourrait progressivement s’imposer comme l’un des grands leviers de la transition énergétique, aux côtés du solaire et des autres sources renouvelables.
G.Salah Eddine
EN CHIFFRES LE PROGRAMME ÉOLIEN
- 5 GW : objectif de capacités éoliennes
à l’horizon 2035 - 1 GW : capacité de la première tranche
du programme - 2027 : année prévue pour le lancement
de l’appel d’offres - 10 sites : sites identifiés pour accueillir
les futurs parcs - 22 GW : objectif global du programme national d’énergies renouvelables
LE CHANGEMENT DE CAP SOLAIRE → ÉOLIEN
Après avoir dépassé 1 GW de capacités solaires installées, le pays élargit désormais son portefeuille d’énergies renouvelables avec le lancement d’un programme éolien de grande ampleur.
UN NOUVEAU MARCHÉ POUR LES PARTENAIRES
IFC – UNION EUROPÉENNE – HYDROGÈNE VERT
Le développement de l’éolien ouvre également des perspectives en matière de partenariats internationaux, d’investissements, de transfert technologique et de développement de projets liés à l’hydrogène vert.
