L’Algérie fait trembler le conseil de sécurité en dénonçant un génocide : «pardonne-nous, Ghaza»

Dans une intervention marquée par une grande émotion, le représentant permanent de l’Algérie aux Nations unies, Amar Bendjama, a ouvert son discours par un appel solennel : «Pardonne-nous, Ghaza.» Ce cri du cœur illustre la douleur face à la situation dramatique dans l’enclave palestinienne et dénonce, dans le même temps, l’incapacité du Conseil de sécurité à agir efficacement pour mettre fin aux souffrances des civils.

Lors d’une session chargée d’émotion au Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant de l’Algérie a livré un discours qui a marqué les observateurs par son intensité et sa portée politique. Le diplomate algérien a voulu souligner à la fois la douleur ressentie face au drame palestinien et l’impuissance de la communauté internationale à y mettre un terme. Mais au-delà de cette dimension émotionnelle, ce discours s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large qui mérite d’être analysée.

Le veto maudit
Le premier point de mire fut clairement le Conseil de sécurité lui-même, qualifié d’impuissant et de paralysé. En dénonçant les blocages répétés, les vetos qui empêchent toute résolution forte et l’incapacité de l’ONU à protéger les civils, Alger rejoint la critique ancienne d’une gouvernance mondiale perçue comme déséquilibrée et dominée par les intérêts des grandes puissances. En exprimant de manière frontale ce constat, l’Algérie a non seulement voulu défendre la cause palestinienne, mais aussi remettre au centre du débat international la question de la réforme du système multilatéral. Le second axe, plus marquant encore, réside dans l’accusation directe de génocide portée contre l’État sioniste. Sur le plan diplomatique, une telle déclaration n’est pas anodine : elle inscrit le conflit de Ghaza dans la catégorie des crimes les plus graves du droit international, engageant en principe la responsabilité des États et des institutions judiciaires internationales comme la Cour pénale internationale. Pour Alger, le choix de ce terme vise à accentuer la pression sur la communauté internationale, à briser le langage habituellement feutré de la diplomatie onusienne et à repositionner la question palestinienne au cœur des priorités mondiales. En se présentant comme la voix de Ghaza, l’Algérie cherche à créer un contraste entre le silence des grandes puissances et l’exigence morale des nations qui défendent le droit international sans conditions.
Ce positionnement renforce l’image de l’Algérie comme acteur engagé et constant dans la défense des causes décoloniales et des peuples opprimés. Historiquement, Alger a toujours soutenu la cause palestinienne, mais l’usage du vocabulaire de la justice internationale traduit une évolution : il ne s’agit plus seulement de solidarité politique, mais de s’ériger en avocat des droits fondamentaux sur la scène mondiale. C’est une manière de renforcer son rôle diplomatique dans un contexte où l’Afrique et le monde arabe cherchent à peser davantage dans les grandes instances internationales.

Le terme génocide rejeté par certains
Sur le plan géopolitique, ce discours est aussi un signal envoyé aux alliances. L’Algérie sait que son langage ne sera pas accueilli de la même manière par tous les membres du Conseil de sécurité. Les États-Unis et certains alliés européens rejettent fermement l’usage du terme génocide, tandis que la Russie, la Chine et plusieurs pays du Sud global pourraient s’en servir pour dénoncer le «deux poids, deux mesures» qui affaiblit la crédibilité de l’ONU. En adoptant une position sans concession, Alger espère fédérer autour d’elle un bloc d’États qui partagent cette critique de l’ordre international actuel.
La déclaration «Pardonne-nous, Ghaza» n’est donc pas seulement une formule émotive, mais un instrument diplomatique qui combine morale et stratégie. Elle vise à exposer le Conseil de sécurité à ses contradictions, à rappeler aux grandes puissances leurs responsabilités et à positionner l’Algérie comme un acteur crédible du camp des nations qui réclament une réforme profonde du multilatéralisme. L’impact immédiat de ce discours sera sans doute limité sur le terrain, mais son écho politique contribue à renforcer une dynamique où la cause palestinienne redevient un symbole des inégalités du système international.
En conclusion, en choisissant des mots forts et en accusant l’Etat sioniste de génocide, l’Algérie ne se contente pas de dénoncer une tragédie humanitaire. Elle engage une bataille diplomatique pour repositionner le rôle des Nations unies et affirmer sa propre place sur la scène internationale. Dans un Conseil de sécurité souvent critiqué pour sa paralysie, cette voix singulière rappelle que la diplomatie n’est pas seulement un art de compromis, mais aussi un acte de courage politique.
ALGER 16

ALGER 16 DZ

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