14e édition du NAPEC 2026 d’Oran : l’Algérie accueille les acteurs de l’énergie

L’Algérie accueille, du 5 au 7 octobre à Oran, la 14e édition du Salon et de la Conférence sur l’énergie et l’hydrogène en Afrique et en Méditerranée (NAPEC 2026), un rendez-vous majeur du secteur énergétique qui réunit plus de 450 exposants et 230 intervenants autour des nouveaux enjeux du mix énergétique, de la sécurité des approvisionnements et de la décarbonation.

L’Algérie mise sur la complémentarité énergétique

Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, ont présidé, hier à Oran, la cérémonie d’ouverture de la 14e édition du Salon et de la Conférence sur l’énergie et l’hydrogène en Afrique et en Méditerranée (NAPEC 2026), avec la participation de plus de 450 exposants et 230 intervenants. Les travaux du NAPEC 2026 se déroulent au Centre des conventions d’Oran Mohamed-Benahmed, sous le thème « Vers une nouvelle approche du mix énergétique : de la transition énergétique à l’addition énergétique, pour garantir la sécurité énergétique, l’accessibilité des prix et la décarbonation ».

Mais derrière les stands, les panels et les déclarations, une autre question, moins spectaculaire mais sans doute plus décisive, se pose : que fera-t-on concrètement de toutes ces opportunités ?
En tout cas, ce NAPEC 2026 se tient dans un contexte international marqué par la volatilité des marchés, les incertitudes sur les approvisionnements et la nécessité de concilier croissance de la demande, compétitivité économique et réduction des émissions. Plus de 25.000 participants sont attendus à cette édition, qui réunit des groupes énergétiques, des équipementiers, des investisseurs et des représentants institutionnels autour des perspectives du secteur.
Au-delà de son caractère professionnel, la manifestation constitue un espace de dialogue et de mise en relation entre les différents acteurs de la chaîne énergétique, à un moment où les équilibres du marché connaissent de profondes évolutions. Pour l’Algérie, cette édition intervient surtout à une étape importante de sa stratégie énergétique, avec la volonté de consolider sa position de fournisseur fiable sur les marchés internationaux, tout en préparant le développement de nouvelles filières.
Placée sous le thème « De la transition énergétique à l’addition énergétique », cette édition propose une approche qui entend dépasser l’opposition entre énergies conventionnelles et sources décarbonées. Il s’agit plutôt de mobiliser l’ensemble des ressources disponibles afin de répondre à l’augmentation de la demande, garantir la sécurité des approvisionnements et maintenir l’accessibilité de l’énergie.
Cette approche repose notamment sur le développement des capacités renouvelables, de l’hydrogène propre et des solutions d’efficacité énergétique, parallèlement à l’optimisation des infrastructures et des ressources fossiles existantes. Pour l’Algérie, dont les hydrocarbures restent un pilier de l’économie et des exportations, l’enjeu consiste à accompagner cette évolution sans fragiliser les équilibres actuels, tout en réduisant progressivement l’empreinte carbone du système énergétique.
Les conférences et les rencontres de cet événement portent notamment sur le gaz naturel, l’hydrogène, les énergies renouvelables, les infrastructures, les interconnexions, ainsi que les technologies propres. Les échanges portent également sur la complémentarité entre les différentes sources d’énergie, alors que la sécurité énergétique demeure une priorité aussi bien pour les pays producteurs que pour les marchés consommateurs.

L’hydrogène vert ouvre une nouvelle perspective
Au-delà des hydrocarbures, l’hydrogène vert occupe une place particulière dans les discussions, notamment à travers les perspectives de coopération entre l’Algérie et l’Europe. Le développement du SoutH2 Corridor constitue à ce titre l’un des projets structurants de cette nouvelle dynamique.
Le corridor doit permettre d’acheminer vers l’Europe de l’hydrogène renouvelable produit en Afrique du Nord, en s’appuyant sur des infrastructures de transport adaptées et, en partie, sur la reconversion de réseaux existants. Pour l’Algérie, cette perspective ouvre de nouvelles possibilités de coopération industrielle et technologique et renforce l’intérêt stratégique de ses infrastructures énergétiques. Elle implique toutefois plusieurs défis, parmi lesquels le développement des capacités de production, la mobilisation des investissements, la structuration d’une chaîne de valeur compétitive et la maîtrise des coûts. La réussite de cette nouvelle filière dépendra donc autant des capacités de production que de la possibilité de construire un écosystème industriel capable de soutenir son développement sur le long terme.
Dans le même temps, l’Algérie poursuit le renforcement de ses capacités dans les hydrocarbures et ses infrastructures d’exportation. Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), développé avec le Nigeria et le Niger, s’inscrit dans cette stratégie. Adossé au hub gazier de Hassi R’Mel et au réseau énergétique national, le projet porte une dimension à la fois commerciale et régionale, en renforçant les perspectives de coopération énergétique entre pays africains et la vocation de l’Algérie comme plateforme entre l’Afrique et l’Europe.

Un carrefour d’affaires et de coopération
La participation de grands groupes internationaux et nationaux, parmi lesquels Sonatrach, Sonelgaz, TotalEnergies, Eni, ExxonMobil, Equinor, Pertamina, SLB, Halliburton et Baker Hughes, illustre l’intérêt porté aux évolutions du marché et aux opportunités de coopération.
La présence de délégations et de représentants issus de différents espaces de coopération, notamment de Namibie, de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) et de l’Union européenne, confère également à cette édition une dimension internationale renforcée. L’espace d’exposition rassemble, pour sa part, des entreprises intervenant sur différents segments de la chaîne de valeur énergétique. Aux équipements et services destinés aux secteurs pétrolier et gazier s’ajoutent des solutions consacrées à l’hydrogène, aux infrastructures, au numérique, à l’intelligence artificielle, à l’automatisation, à l’efficacité énergétique et à la décarbonation.
Cette convergence entre discussions stratégiques, innovations technologiques et rencontres d’affaires constitue l’un des principaux intérêts du NAPEC. Elle permet de rapprocher les besoins des opérateurs des solutions développées par les industriels et peut favoriser l’émergence de nouveaux partenariats, contrats et projets d’investissement.
Pour l’Algérie, l’enjeu de cette édition dépasse ainsi la seule visibilité internationale. Il s’agit à la fois de consolider ses positions sur le marché énergétique traditionnel, de renforcer ses partenariats industriels et technologiques et de préparer les conditions d’émergence de nouvelles activités liées aux énergies propres.
Pour rappel, la cérémonie d’ouverture se déroule en présence notamment du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, du Président-Directeur général du groupe Sonatrach, Noureddine Daoudi, du président du Comité de direction de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), Abdelkader Cherfaoui, du président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), Amine Remini, et du directeur général du groupe Sonelgaz, Nabil Kafi.
Sont également présents le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), Farid Ghezali, le président de la Chambre de commerce américaine en Algérie, Warren Murdoch, ainsi que les autorités locales et de nombreux responsables, experts et professionnels du secteur de l’énergie.
A noter également la présence de la conseillère du président de la République de Namibie des affaires du pétrole et du gaz, Kornelia Shilunga, ainsi que plusieurs ambassadeurs et délégations diplomatiques.
Organisée du 5 au 7 octobre, cette manifestation accueille des exposants nationaux et internationaux représentant les principaux acteurs des hydrocarbures, des services pétroliers, de l’énergie et des technologies liées à la transition énergétique. Parmi les entreprises et organismes nationaux présents figurent le groupe Sonatrach, le groupe Sonelgaz, Naftal, l’ALNAFT, l’ARH, ainsi que plusieurs entreprises spécialisées dans le fourrage et les services pétroliers.
La participation internationale est marquée par la présence de grands groupes énergétiques et industriels, tels que TotalEnergies, Eni, ExxonMobil, Equinor, Pertamina, SLB, Halliburton, Baker Hughes, Chevron, Occidental Petroleum (Oxy) et Petrofac, aux côtés de plusieurs équipementiers et fournisseurs de solutions technologiques, dont Siemens Energy, ABB et Alfa Laval. Cette importante participation nationale et internationale, avec également des délégations et entreprises européennes, asiatiques et autres, selon les organisateurs, illustre la dimension du NAPEC comme plateforme d’échanges et de partenariats autour des hydrocarbures, de l’hydrogène, de la décarbonation et des nouvelles technologies énergétiques.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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