
La meilleure façon de prévoir l’avenir, c’est de le créer. » Cette formule, souvent attribuée à Peter Drucker, résume un défi majeur pour toute nation aspirant au progrès : répondre aux besoins du présent tout en préparant les conditions de sa prospérité future.
Le projet de loi de finances 2027 s’inscrit dans cette double ambition. Revalorisations salariales, soutien aux produits de première nécessité, mesures en faveur du logement et poursuite des investissements publics traduisent la volonté de préserver le pouvoir d’achat et de répondre aux attentes des citoyens. La solidarité nationale demeure un pilier essentiel de la cohésion sociale. Mais sa pérennité dépend aussi de la capacité du pays à créer les richesses nécessaires à son financement.
Pour l’Algérie, l’enjeu est donc de faire progresser conjointement protection sociale et développement productif. Ses ressources énergétiques, son potentiel agricole, ses infrastructures et ses compétences humaines constituent autant d’atouts pour diversifier l’économie et faire émerger de nouvelles activités. Transformer les matières premières localement, développer l’industrie agroalimentaire ou soutenir les entreprises technologiques, c’est créer de la valeur ajoutée, des emplois et, à terme, de nouvelles recettes pour la collectivité.
Cela ne signifie pas que les emplois publics seraient improductifs. Un enseignant forme les compétences de demain, un médecin préserve le capital humain et les services publics contribuent au fonctionnement de toute la société. L’enjeu consiste plutôt à trouver le bon équilibre entre les dépenses nécessaires au fonctionnement de l’État et les investissements susceptibles d’élargir durablement les ressources du pays.
Dans cette perspective, l’investissement public peut jouer un rôle déterminant en soutenant les infrastructures, en facilitant l’activité des entreprises et en accompagnant les secteurs capables de conquérir de nouveaux marchés. Encore faut-il privilégier des projets viables, améliorer les conditions de financement et rapprocher davantage la formation des besoins réels de l’économie.
La diversification ne se décrète pas : elle se construit dans la durée, à travers la modernisation de l’appareil productif, la valorisation des ressources nationales et la création d’un environnement favorable à l’investissement. Elle constitue aussi un moyen de réduire progressivement la dépendance aux fluctuations des marchés énergétiques.
Le PLF 2027 peut ainsi s’inscrire dans cette recherche d’équilibre entre protection immédiate des ménages et préparation de l’avenir économique. L’objectif n’est pas de protéger moins, mais de renforcer les capacités productives qui permettront à l’Algérie de protéger durablement sa population. Car la prospérité d’une nation ne se mesure pas seulement à ce qu’elle distribue aujourd’hui, mais aussi à ce qu’elle est capable de produire demain.
G. S. E.
