
En marge du 25ᵉ Congrès mondial du pétrole, « WPC Energy 2026 », le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a pris part hier, au centre d’exposition Front de Riyad, à la session ministérielle d’ouverture consacrée aux perspectives des marchés mondiaux du pétrole et du gaz, a indiqué un communiqué.
Ce panel de haut niveau a réuni plusieurs figures majeures du secteur énergétique, notamment le prince Abdulaziz bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, ministre saoudien de l’Énergie, Alexander Novak, vice-Premier ministre russe, Heineken Lokpobiri, ministre d’État nigérian chargé des Ressources pétrolières, Erlan Akkenzhinov, ministre kazakh de l’Énergie, ainsi que Haitham Al-Ghais, secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
Lors de son intervention, Mohamed Arkab a souligné que la sécurité énergétique mondiale demeure étroitement liée à la mobilisation d’investissements suffisants et réalisés en temps opportun. Il a estimé que la demande mondiale de pétrole et de gaz devrait poursuivre sa progression au cours des prochaines décennies, sous l’effet de la croissance démographique, du développement économique et de l’urbanisation accélérée, notamment dans les économies émergentes d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient.
Le ministre d’État a également relevé que les mutations en cours dans le paysage énergétique ne se traduisent pas par un recul uniforme de la consommation d’hydrocarbures, mais plutôt par une redistribution géographique de la demande et une évolution des usages. Les besoins croissants de l’aviation, du transport lourd et de l’industrie pétrochimique devraient ainsi continuer à soutenir la demande énergétique à long terme, avec des perspectives de progression pour le pétrole jusqu’en 2050 et pour le gaz naturel jusqu’en 2055.
Abordant les perspectives des activités en amont et en aval, Mohamed Arkab a mis en garde contre les risques liés à l’insuffisance des financements, susceptible d’accentuer les déséquilibres entre l’offre et la demande et d’alimenter la volatilité des marchés. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser des capitaux pour développer et moderniser l’ensemble des infrastructures énergétiques, notamment les gazoducs, les usines de liquéfaction, les installations portuaires, les capacités de raffinage et les réseaux de stockage.
Dans ce contexte, il a souligné le rôle de la coopération au sein de l’alliance OPEP+ dans la préservation de la stabilité du marché pétrolier, face aux tensions géopolitiques et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. Une approche concertée entre les pays producteurs apparaît, selon cette vision, essentielle pour limiter les déséquilibres et garantir un approvisionnement répondant aux besoins des marchés.
L’Algérie mise sur l’investissement
Sur le plan national, l’Algérie poursuit ses efforts de modernisation des capacités énergétiques et de renforcement de l’attractivité de son secteur des hydrocarbures auprès des investisseurs internationaux. Cette démarche s’appuie notamment sur le cadre législatif et fiscal instauré par la loi sur les hydrocarbures de 2019, destiné à encourager les partenariats et à soutenir le développement des activités d’exploration et de production.
Dans cette dynamique, l’initiative «Algeria Bid Round 2026 » occupe une place stratégique, avec la mise en concurrence de sept périmètres ouverts à l’investissement. Le recours à des salles de données virtuelles doit permettre aux investisseurs d’accéder aux informations nécessaires à l’évaluation des opportunités proposées dans un cadre transparent. L’objectif est de mener à bien l’évaluation des offres et la signature des contrats avant mars 2027, tout en favorisant le transfert de technologies et le développement de la valeur ajoutée locale.
Le ministre d’État a également mis en avant la dimension continentale des projets énergétiques structurants, en particulier le gazoduc transsaharien (TSGP). Ce projet vise à acheminer le gaz nigérian vers les marchés internationaux, notamment européens, en passant par le Niger et en s’appuyant sur les infrastructures algériennes. Il constitue, à ce titre, un levier potentiel de renforcement de la sécurité énergétique et de l’intégration économique régionale.
À travers sa participation à cette rencontre ministérielle, l’Algérie réaffirme ainsi son attachement à une approche de long terme, fondée sur l’investissement, la coopération entre producteurs et consommateurs et le développement d’infrastructures capables d’accompagner l’évolution de la demande mondiale. Pour Mohamed Arkab, les décisions prises aujourd’hui en matière de capacités de production, de transport et de partenariats pèseront directement sur l’équilibre énergétique des prochaines décennies.
Zineb Bouzid
