Cop17, Préservation de la biodiversité : l’Algérie consolide sa stratégie nationale

À l’occasion du Sommet des dirigeants de la 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (COP17), organisé à Erevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre 2026, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a mis en avant les avancées enregistrées par l’Algérie dans le domaine de la biodiversité, notamment l’actualisation de sa stratégie nationale pour 2025-2030, l’élargissement des zones protégées et la relance du Barrage vert.

La préservation de la biodiversité figure parmi les enjeux majeurs du développement durable en Algérie, un pays dont les écosystèmes s’étendent du littoral méditerranéen aux massifs montagneux, aux Hauts-Plateaux et aux vastes espaces sahariens.
Dans une allocution adressée aux participants au sommet de la COP17, lue par le président du Conseil de la Nation, Azouz Nasri, le président de la République a rappelé les efforts engagés par l’Algérie pour préserver cette richesse naturelle. Il a souligné que le pays « s’emploie activement à préserver la richesse faunistique et floristique dont elle regorge, au vu des facteurs qui la menacent, tels que les activités humaines et les catastrophes naturelles comme la désertification, les incendies de forêt et le changement climatique ».
L’Algérie a traduit ses engagements internationaux en mesures destinées à renforcer la protection de ses ressources biologiques. Cette démarche s’est notamment concrétisée par l’actualisation de la Stratégie et du Plan d’action nationaux en matière de diversité biologique pour la période 2025-2030, élaborés selon une approche participative.
Le dispositif prévoit « 24 objectifs nationaux et 93 mesures de mise en œuvre, en cohérence avec le Cadre mondial de la biodiversité », a précisé le président de la République. Cette programmation vise à donner davantage de cohérence aux politiques nationales de conservation, en associant les objectifs de préservation des espèces à la gestion durable des milieux naturels. Le chef de l’État a également mis en avant « le bond qualitatif réalisé dans le renforcement de la protection et de la préservation de la biodiversité », notamment grâce à l’élargissement du réseau des zones protégées. Celui-ci compte désormais « 24 zones classées couvrant des écosystèmes marins, forestiers, montagneux, steppiques et sahariens». La connaissance du patrimoine naturel constitue un autre volet de cette stratégie. Le président de la République a rappelé l’attachement de l’Algérie à « l’approfondissement de la connaissance du patrimoine biologique à travers le recensement de plus de 27.000 espèces vivantes à ce jour, dont 8.500 espèces végétales et 18.000 espèces animales ».
Parmi les projets mis en avant par le président de la République figure la relance du Barrage vert, appelé à jouer un rôle important dans la restauration des espaces dégradés et la lutte contre l’avancée de la désertification.
« A travers la relance du Barrage vert sur une superficie de 4,7 millions d’hectares, en tant que rempart naturel contre l’avancée des sables, mon pays entend renforcer le couvert végétal et forestier et préserver et restaurer les écosystèmes, au titre d’une approche intégrée alliant durabilité environnementale et sociale et retombées économiques au profit des populations locales. »
Au-delà de la restauration du couvert végétal, ce programme s’inscrit dans une approche qui associe les dimensions environnementale, sociale et économique. Le chef de l’État a également souligné les efforts visant à préserver les parcs culturels, qui associent une biodiversité particulière à un patrimoine archéologique et historique. L’Algérie continue ainsi de «prendre les mesures nécessaires pour la reconnaissance et la préservation des parcs culturels alliant biodiversité unique et patrimoine archéologique et historique de l’humanité », une démarche qui a permis d’« élargir le champ de la conservation nationale de près d’un million de kilomètres carrés ». L’intervention présidentielle a également mis l’accent sur la préservation des ressources génétiques et la sauvegarde du patrimoine végétal, deux enjeux étroitement liés à la sécurité alimentaire et au développement agricole durable. À ce titre, Abdelmadjid Tebboune a cité l’opérationnalisation de la Banque nationale des semences, qu’il a présentée comme un « nouveau jalon dans le processus de réalisation du développement agricole durable et de renforcement de la sécurité alimentaire». La conservation des semences contribue, en effet, à préserver la diversité génétique végétale et à maintenir des ressources susceptibles de répondre aux besoins agricoles futurs. Le lancement du projet du musée national environnemental de la biodiversité s’inscrit dans la même logique. Cette structure « vise à mettre en valeur et à valoriser le patrimoine naturel du pays », a indiqué le président de la République. Elle doit ainsi contribuer à faire connaître la richesse écologique nationale et à renforcer la sensibilisation à sa préservation.

Un appel à la solidarité internationale
Abordant les enjeux mondiaux de la biodiversité, le président de la République a souligné l’importance de la COP17 dans un contexte marqué par l’aggravation des crises environnementales et par la nécessité de concilier développement économique et préservation des écosystèmes.
Pour l’Algérie, la crédibilité des engagements internationaux repose avant tout sur leur mise en œuvre effective. Abdelmadjid Tebboune a ainsi affirmé que le pays est « pleinement conscient que la crédibilité du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal se mesure à l’aune des actions concrètement mises en œuvre sur le terrain et non des engagements proclamés dans les fora internationaux».
Le chef de l’État a de ce fait insisté sur le fait que l’Algérie est « pleinement convaincue que la préservation de la biodiversité pour les générations actuelles et futures exige une solidarité internationale à la hauteur des défis à relever, notamment à travers la mise à disposition des moyens de mise en œuvre nécessaires au profit des pays en développement, notamment un financement suffisant, conformément aux engagements convenus, le renforcement des capacités, le transfert de technologie et la consolidation de la coopération internationale, en tenant compte des différentes spécificités et priorités nationales ».
Au terme de son message, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé l’engagement de l’Algérie en faveur des objectifs de la Convention sur la diversité biologique et de son Cadre mondial, souhaitant que les travaux de la conférence déboucheront sur « des résultats concrets, à même de renforcer la solidarité et la coopération internationales en faveur de la protection de la biodiversité et de la réalisation d’un développement durable pour tous ». Entre restauration des écosystèmes, préservation du patrimoine biologique et coopération internationale, l’Algérie entend ainsi inscrire la protection de la biodiversité dans une démarche de long terme.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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