Présence tous azimuts de l’Algérie sur la scène internationale

Par Chahid Lakeb

Le profil stratégique de l’Algérie se diversifie dans une compétition mondiale de plus en plus intense. D’abord, son extension géographique et l’abondance de ses ressources énergétiques lui permettent d’être en position de force dans des relations diplomatiques et économiques délicates.


L’Algérie nouvelle du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, représente non seulement une réalité méditerranéenne contiguë, mais aussi la porte d’entrée d’un marché jeune et en pleine croissance qui, grâce à ses infrastructures stratégiques, se projette au cœur de l’Afrique et dans le reste du monde.
Depuis son investiture, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a développé une vision plus interventionniste en mettant en avant la riche expérience en matière de médiation et de promotion du règlement pacifique des conflits.
L’Algérie a adopté en novembre 2020 une nouvelle Constitution qui permet, pour la première fois, le déploiement de troupes à l’étranger et également de participer à des opérations de maintien de la paix sous l’égide de la Ligue arabe, des Nations unies et, peut-être plus important encore, de l’Union africaine (UA).
L’un des échiquiers qui s’inscrit dans le cadre du retour plus large de l’Algérie sur la scène internationale dans la politique du président Tebboune est l’Afrique. Et l’un des gestes fort du président de la République est l’octroi, lors d’un sommet de l’UA en février 2023, d’un milliard de dollars pour financer des projets de développement à travers le continent africain, à travers l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement.
C’est la première fois qu’un Président algérien alloue une telle somme en matire d’aide qui sera portée sur des projets d’intégration qui contribueront à accélérer le développement en Afrique subsaharienne.

L’Algérie nouvelle est devenue, malgré la pandémie, la première économie du Maghreb en 2022 et la quatrième en Afrique.
Le président Tebboune a pris les devants dans les affaires régionales, en cherchant toujours des solutions pacifiques aux tensions actuelles. Parallèlement aux efforts diplomatiques, qui assument un rôle proactif dans le développement du commerce intra-africain par le biais de la ZLECAf, l’économie de l’Algérie a le potentiel de faire progresser la diversification industrielle indispensable et de tirer parti de ses capacités d’infrastructure, ce qui est devenu stratégique pour la résilience régionale.
L’industrie manufacturière se distingue comme l’un des bastions de la politique algérienne. Au cours des cinq dernières années, le secteur manufacturier a connu une croissance constante de 4% par an.
Le pays bénéficie de faibles coûts de l’énergie, ce qui lui confère des avantages concurrentiels considérables et accroît son attrait pour les investissements parmi ses homologues régionaux. Par exemple, l’industrie du ciment produit un excédent de 20 millions de tonnes de ce matériau par an, dont 1 million de tonnes est déjà exporté vers l’Afrique subsaharienne. Il s’agit d’un domaine de croissance qui offre l’occasion de promouvoir davantage le commerce intra-africain, car le président Tebboune a annoncé son intention d’exporter l’excédent restant, générant ainsi plus de 900 millions de dollars par an.
Un autre domaine émergent est celui des infrastructures. Le manque d’infrastructures adéquates a été un obstacle majeur à la poursuite de l’intégration régionale pour de nombreux pays africains. Et pour palier à ce manque, l’Algérie a initié des projets d’infrastructure emblématiques en Afrique, tels qu’une liaison autoroutière de 4 500 kilomètres entre la capitale, Alger, et Lagos, au Nigeria, ainsi que la création de la zone de libre-échange avec deux postes frontaliers pour permettre les échanges commerciaux avec la Mauritanie, le Mali, le Niger et la Libye, outre une ligne aérienne reliant les capitales algérienne et mauritanienne, et une ligne maritime commerciale reliant les deux capitales.
L’Algérie nouvelle est devenue la plus grande économie du Maghreb pour devenir la porte d’entrée de l’Afrique et un leader régional en matière de développement.
La dynamique de remaniement des paysages internationaux et régionaux a fourni au président Tebboune l’occasion de diversifier les relations internationales de l’Algérie et de jouer la carte du polyalignement. Elle dispose de nouvelles fenêtres d’opportunité pour jouer un rôle plus important. L’Algérie nouvelle a eu une progression fulgurante en matière de politique étrangère et on a pu voir une foule de diplomates étrangers, depuis 2022, demander audience au président Abdelmadjid Tebboune.
Un des principaux moteurs de ces visites est le rôle de l’Algérie en tant que fournisseur d’énergie de l’Union européenne. L’Algérie est devenue un fournisseur fiable pour les capitales européennes et le président Tebboune a assuré à plusieurs reprises que le pays serait une source d’énergie sûre et qu’elle honorerait ses contrats d’approvisionnement en gaz vers l’Europe. Et cette confiance a hissé l’Algérie à un degré tel qu’elle est devenue le premier exportateur de gaz d’Afrique, jouant ainsi un rôle-clé pour que l’Europe atteigne 90% de son stockage de gaz. L’approvisionnement en provenance d’Algérie a été essentiel pour atteindre cet objectif, fournissant 10% de l’approvisionnement dans l’ensemble du périmètre européen, Europe du Nord-Ouest, Italie, Autriche, Grande-Bretagne et même Allemagne dernièrement.
La politique internationale du président Tebboune est aussi axée sur le secteur de l’énergie avec une phase d’expansion prévue au cours des prochaines années qui est due à la fois à l’augmentation des investissements étrangers dans les infrastructures du secteur, alimentée par le rôle accru de l’Algérie en tant qu’exportateur d’énergie.
Depuis 2022, la compagnie énergétique nationale Sonatrach s’est engagée à augmenter la capacité des pipelines et à porter les investissements totaux dans le secteur des hydrocarbures à plus de 39 milliards de dollars d’ici à 2026. Récemment, le pays a signé d’importants accords de partenariat avec des entreprises énergétiques européennes et mondiales, notamment italiennes et chinoises, afin d’augmenter les exportations et d’accroître la production dans les secteurs pétrolier et gazier. Dans ce contexte, il convient également de mentionner les négociations que l’Algérie mène avec la compagnie pétrolière américaine Chevron dans le cadre d’un accord d’exploration de gisements gaziers.
L’Algérie entretient depuis longtemps des relations diversifiées avec l’Occident, la Russie, la Chine et d’autres pays à revenu intermédiaire et en développement, tout en évitant assidûment de tomber complètement dans une orbite unique, ce qui lui permet d’avoir une stature internationale respectée.
Jamais un pays membre du Conseil de sécurité à l’ONU n’a été aussi actif que l’Algérie depuis son élection quasi unanime.
Le président de République Abdelmadjid Tebboune, lors de son investiture en 2019, avait mis l’accent sur son désir majeur de remettre l’Algérie à la place qu’elle mérite et il a suffi de quelques années pour que l’envergure du pays soit au plus haut. Elle a donc l’occasion de faire entendre sa voix au plus haut niveau de la diplomatie internationale et de jouer un rôle de premier plan dans les principaux dossiers régionaux et internationaux.
L’engagement pris par le président Tebboune est de rester attaché à ses principes et à ses engagements, et de jouer pleinement son rôle en Afrique et dans le monde. Et c’est chose faite parce que l’Algérie est sur tous les fronts sur certains dossiers de politique étrangère particulièrement importants, à l’instar de la question de longue date du Sahara Occidental, le processus de paix et l’avenir de la Libye, ainsi que certains des principaux foyers d’instabilité qui caractérisent à la fois la région du Sahel et surtout le conflit israélo-palestinien.
Ces dernières années, depuis l’arrivée de Abdelmadjid Tebboune à la Présidence, l’Algérie s’est efforcée d’adopter une ligne de politique étrangère plus volontariste et incisive, en se proposant par exemple comme médiateur dans le conflit civil libyen et dans le différend entre l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan au sujet du grand barrage sur le Nil construit par Addis-Abeba, qui est aujourd’hui rempli à 90%, ou encore en apportant son aide pour organiser des élections présidentielles au Soudan.
L’augmentation de la participation de l’Algérie aux missions de maintien de la paix de l’UA est importante, ce qui indique son désir de faire contrepoids.
Ces évènements ont notamment montré que la puissance régionale algérienne, mais aussi ses capacités de médiation grâce à ses bonnes relations avec les États-Unis, la Russie, la Turquie et accessoirement la Chine, sont très utiles.
L’Algérie nouvelle est un pays qui tient à sa souveraineté et à son rôle d’État pivot notamment dans le Maghreb, la Méditerranée, l’Afrique subsaharienne et dans le reste du monde. Grâce à la politique du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie s’en sort mieux que la plupart des pays avancés, que ce soit dans la diversification de son économie mondiale et l’application de la feuille de route concernant son rôle grandissant dans le concert des nations.

ALGER 16 DZ

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