Par Ammour Ryad
Jeudi dernier, l’Algérie a commémoré la Journée internationale de sensibilisation aux mines, soulignant son engagement envers les objectifs humanitaires de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel. Forte de son rôle pionnier et de son expérience depuis la Révolution, elle poursuit sa lutte contre ce fléau.

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebiga, a animé une conférence au Musée national du Moudjahid pour marquer cette Journée sur le thème « Minage : une menace perpétuelle pour l’humanité et l’environnement ».
Après son indépendance, l’Algérie s’est engagée dans un vaste programme de déminage pour éliminer les millions de mines laissées par la colonisation française. Cette initiative nationale a mobilisé d’importants moyens matériels et humains, notamment avec la contribution active de l’Armée nationale populaire (ANP) pour déminer les frontières et éliminer les explosifs résiduels. Parallèlement, des efforts considérables ont été déployés pour prendre en charge les victimes des mines sur le plan sanitaire et socio-psychologique, reflétant ainsi une politique nationale attentive aux séquelles psychologiques profondes.
Dans cette dynamique, l’Algérie a accompli la tâche de neutraliser les mines héritées de la période coloniale grâce à l’action des membres de l’ANP, parvenant ainsi à démanteler et à éliminer près de 9 millions de ces engins explosifs. L’Algérie a constamment honoré ses engagements internationaux en réalisant son programme national d’élimination et de destruction des mines antipersonnel. Ce programme a non seulement permis de déminer les terres, mais aussi de les réutiliser pour l’agriculture et des projets de développement au bénéfice de l’intérêt public. Ainsi, ces zones, autrefois meurtrières, sont devenues des moteurs de progrès et de développement. L’Algérie a rapidement pris part au programme du PNUD lié à la Convention sur l’interdiction des mines, mobilisant toutes ses ressources disponibles et capitalisant sur son expertise précoce pour convertir les champs de mines en terres fertiles, sources de vie et d’espoir. Son implication efficace a joué un rôle majeur dans la diminution des menaces humanitaires et économiques induites par les mines.
En novembre 2023, en reconnaissance de son leadership et de son expertise dans la lutte contre les mines antipersonnel, l’Algérie a été désignée à la présidence du Comité pour le renforcement de la coopération et de l’assistance à la Convention d’interdiction des mines antipersonnel (Cimap) pour l’année 2024. Cette nomination vise à renforcer les efforts des États parties pour la pleine mise en œuvre des dispositions de la Convention et de ses plans d’action, avec pour objectif de mettre fin aux souffrances et aux pertes résultant des mines antipersonnel.
