Recensement Général de l’Agriculture (RGA) 2024: une étape cruciale

Par Kheireddine B.

Alors que le pays s’engage dans la quête de la sécurité alimentaire, le Recensement général de l’agriculture (RGA) 2024, qui a débuté le 19 mai dernier et ce, jusqu’au 17 juillet prochain, se présente comme une étape cruciale. Plus qu’une simple collecte de données, ce troisième recensement du genre depuis 1973 s’avère un outil indispensable pour comprendre les réalités du secteur agricole algérien et orienter les politiques publiques vers une agriculture durable et performante.

En effet, cette vaste opération nationale a nécessité des mois de préparation minutieuse et une coordination impliquant plusieurs disciplines et secteurs, mobilisant des ressources considérables, notamment l’utilisation d’outils technologiques et numériques pour la première fois. Les données collectées seront utilisées comme référence dans divers secteurs et programmes de développement publics, et représenteront une ressource précieuse pour la communauté scientifique.
Dans un entretien accordé à l’APS, M’hamed Tifouri, directeur des statistiques, de la numérisation et de la prospective au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, décrit le recensement général de l’agriculture comme une initiative nationale majeure visant à obtenir une vision actualisée de la structure agraire et à intégrer toutes les évolutions récentes du secteur dans le système statistique agricole national.
Il souligne que le RGA 2024 se démarque des éditions précédentes par la mise en place d’un comité technique opérationnel chargé de proposer l’ensemble des recommandations au comité national concernant les aspects techniques et opérationnels de l’opération.
De plus, il mentionne, pour la première fois, la participation de l’Agence spatiale algérienne (ASAL) au sein des comités national et technique opérationnel chargés de réaliser le RGA, ainsi que la présence du Haut-commissariat à la numérisation au comité national.
Concernant le questionnaire, élément clé de l’opération, M. Tifouri explique qu’il est conçu en tenant compte de divers critères afin de collecter des informations capitales, précises et claires. Il souligne que le croisement de ces données permet d’obtenir une image actualisée sur de nombreux aspects agricoles tels que l’utilisation des intrants, la mécanisation et les ressources en eau.
Les nouvelles technologies au service d’une information fiable
En termes d’organisation, le Recensement général de l’agriculture (RGA) est supervisé, selon le même intervenant, par 29 superviseurs nationaux, chacun étant responsable de deux wilayas, ainsi que par 120 superviseurs de wilayas, accompagnés de 6000 agents recenseurs et 1200 contrôleurs chargés de vérifier leur travail.
Sur le terrain, un découpage cartographique a été établi, identifiant des zones d’intervention comprenant entre 220 et 250 exploitations agricoles homogènes, avec des circuits bien définis.
La formation de toutes les catégories impliquées a commencé par un programme spécifique pour les superviseurs nationaux, axé sur la communication avec les agriculteurs pour expliquer l’importance de l’opération et ses retombées, en plus du renforcement de leurs compétences techniques et opérationnelles.
La phase cruciale du RGA, la transcription des données du questionnaire, a été réalisée avec une grande minutie. M. Tifouri souligne que l’objectif est d’assurer la fiabilité des informations collectées. Ainsi, chaque questionnaire fait l’objet d’un premier contrôle sur papier par un contrôleur pour vérifier sa complétude, avant d’être saisi dans la plateforme informatique dédiée, développée par des experts locaux pour cette opération.
«Pas moins de 500 centres de saisie répartis sur le territoire national ont été installés le plus proche possible des sites de recensement, donnant la possibilité de rattraper une omission ou une incompréhension, ce qui constitue une première», affirme le responsable, tout en rappelant que pour le RGA de 2001, l’ensemble des questionnaires étaient acheminés au centre de saisie centralisé à Alger où la vérification s’avérait impossible.
Dans la phase de la transcription des données du questionnaire sur la plateforme, deux contrôles sont menés, un premier «contrôle embarqué» où la plateforme signale des coquilles ou des incohérences. Une deuxième vérification est assurée par le contrôleur.
À ce stade, trois statuts sont attribués au questionnaire : «en attente pour complément d’information», «rejeté» et «validé». Dans ce dernier cas, les données sont transmises aux serveurs centraux et intégrées à la base de données.
Dans ce processus, la plateforme génère un numéro d’identification nationale pour chaque questionnaire. Simultanément, une attestation de recensement est établie, comportant les données de l’exploitant ainsi que son numéro d’identification nationale. Cette attestation sera remise à l’exploitant, comme l’a expliqué M. Tifouri.

ALGER 16 DZ

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