Par G. Salah Eddine
Abdelhamid Terghini, secrétaire général de l’Office national algérien du tourisme (ONAT), incarne l’engagement et la vision stratégique de cet organisme clé dans le développement du tourisme en Algérie. Fort d’une expertise avérée dans le domaine du tourisme et de la gestion publique,
M. Terghini dirige l’ONAT avec détermination et passion. L’ONAT s’efforce de promouvoir le riche patrimoine culturel et naturel de l’Algérie tout en mettant en place des stratégies innovantes pour attirer les visiteurs nationaux et internationaux.

Dans cet entretien accordé à Alger16, le secrétaire généra de l’ONAT nous plonge dans sa vision inspirante pour le développement du tourisme en Algérie. Nous explorons les stratégies de tourisme du pays, les principaux investissements dans le domaine et les aspirations pour faire de l’Algérie une destination touristique de premier plan sur la scène mondiale.
Entretien réalisé par G. Salah Eddine
Parlez-nous de la situation actuelle du tourisme en Algérie…
Le tourisme en Algérie connait une progression depuis quelques années surtout après la crise de la Covid qui a été un frein majeur pour le tourisme dans le monde entier. C’est une progression continue. On a encore énormément de marge de progression, la route est encore longue mais on travaille.
Comment expliquez-vous cette progression ?
C’est en partie grâce à la stratégie adopté par le ministère, en application des instructions du président de la République. Abdelmadjid Tebboune, relatives à l’impératif de ressusciter le tourisme dans tous ces aspects.
Quels sont les chiffres du tourisme en Algérie en 2023 ?
On a reçu un afflux de 3,3 millions de touristes en 2023, ce qui montre clairement une progression. Plus de 2 millions d’entre eux sont des étrangers venus découvrir le pays et un million sont issus de notre communauté à l’étranger qui reviennent découvrir leur pays et visiter leur familles.
Avez-vous un objectif précis en matière de nombre de touristes ?
Oui, on vise à avoir plus de 11 millions de touristes en 2030. On y parviendra grâce au travail sérieux et dédié. Et, bien sûr, en suivant la stratégie établie.
Pouvez-vous nous en dire plus sur cette stratégie ?
Bien sûr. Cette stratégie s’appuie sur cinq axes majeurs. Le premier est l’amélioration de la destination Algérie et de l’image de l’Algérie sur la scène Internationale. Le deuxième consiste à encourager l’investissement dans des infrastructures aux normes internationales. Troisièmement, on a remarqué de vraies lacunes dans les prestations, il faut corriger cela et donc on se focalise sur la formation. En quatrième lieu, il est important de collaborer avec les secteurs public et privé et tous les acteurs. Le secteur du tourisme ne peut pas construire la destination Algérie seul, il a besoin de la collaboration de tous. Enfin, je peux dire qu’on a également un plan de financement.
Un plan de financement ?
Oui. L’Algérie dans le passé a investi des sommes colossales pour construire des infrastructures au niveau, ces infrastructures sont en cours de rénovation et de modernisation. Les constructions d’infrastructures sont souvent le fait au secteur privé mais l’état algérien doit accompagner ces investisseurs et leur offrir un climat d’investissements dans les meilleures conditions surtout lorsqu’il s’agit de l’obtention de foncier.
Parlez-nous du classement de l’Algérie sur la scène international en ce qui concerne le tourisme, un classement qui ne fait pas vraiment l’éloge du pays…
Effectivement, en matière de classement on est loin d’être les premiers. Il y a une concurrence accrue en tourisme. Certaines nations on fait du tourisme leur priorité et leur première source de revenus. On a du retard par rapport à ces nations.
Le Bassin méditerranéen recele également de nombreuses destinations touristiques prisées et la concurrence est élevée. C’est à la fois un défi et un avantage car la région attire et on doit construire le meilleur pour répondre à la concurrence. On travaille énormément et dans notre feuille de route on veut intégrer le top 50 des destinations dans le monde à l’horizon 2030. Ce n’est pas chose impossible.
Quels sont les villes dans lesquelles le ministère va investir ?
Actuellement il y a plus de 2 200 projets, dont 800 sont en cours de réalisation. La majorité est concentrée dans les wilayas côtières. Des villes comme Oran et Annaba, Skikda et Jijel sont particulièrement concernées. Il y a également des projets dans la capitale, une ville qui a connu énormément de progrès en matière de tourisme. Je peux également vous assurer que certaines villes du Sud connaissent une avancée majeure en matière d’investissements touristiques. La ville d’Adrar par exemple est classé 3e par rapport en matiere d’investissement touristique.
Avez-vous identifié et défini des pôles touristiques ?
Oui. Nous avons défini 7 pôles touristiques : 3 dans le Nord, 2 dans le Sud et 2 autres dans le Grand-Sud. Il doit y avoir une répartition équilibrée et intégrée sur l’ensemble du territoire national. Cela permettra d’avoir des infrastructures touristiques un peu partout, cela aidera également à diversifier le produit touristique algérien en plus de fournir des produits issus de toutes les wilayas et les mettre à disposition du touriste algérien d’abord et étranger ensuite.
Dites-nous justement quel est le produit le plus important que l’Algérie veut véhiculer ?
Le désert du Sahara est le produit phare de l’Algérie, car contrairement à d’autres régions, on n’a pas de vrai concurrent. Le Sahara recouvre une superficie conséquente de notre pays et représente un produit distinctif qui attire. A travers ce produit on peut rediriger le tourisme vers d’autres produits tels que le littoral, les plaines, les forêts, les montages, les hammams. Le produit principal pour être une destination de choix reste tout de même le désert. Un produit qui ne nécessite pas énormément d’infrastructures et qui est considéré comme un musée en plein air. Tel est le but principal de la politique touristique en Algérie.
