
Le Directeur général de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), Adj Bouaouni, a révélé que le début de l’exploitation de la ligne reliant Alger à Tamanrasset se fera dès l’achèvement des travaux de sa réalisation par l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif). Le transport ferroviaire en Algérie s’apprête à franchir une étape historique avec le lancement imminent de cette ligne reliant Alger à Tamanrasset. Une initiative qui illustre l’ambition des autorités de désenclaver le sud du pays et de renforcer l’intégration économique entre les différentes régions.
Intervenant devant la Commission des transports et des télécommunications à l’Assemblée populaire nationale (APN), le Directeur général de la SNTF a déclaré : «On a élaboré une stratégie spéciale en vue d’accompagner l’expansion du réseau vers Tamanrasset». Cette stratégie sera axée sur l’acquisition de matériel moderne et performant. L’importance de cette ligne dépasse largement le cadre du transport interrégional.
Elle s’inscrit dans une vision plus large de développement économique, en particulier avec l’accompagnement de projets structurants tels que le gisement de fer de Gara Djebilet (Tindouf) et la mine de phosphate de Bled El Hadba. Le réseau ferroviaire deviendrait ainsi un levier essentiel pour l’exploitation et l’exportation de ces ressources stratégiques, renforçant ainsi l’autonomie économique du pays.
Vers une modernisation des transports maritimes
Dans le cadre de la même audition parlementaire, la Commission des transports et des télécommunications a également examiné les stratégies de développement du secteur maritime. Le Directeur général de l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (ENTMV), Sofiane Boudiaf, a mis en avant l’engagement de son entreprise à «améliorer les services fournis sur ses navires, afin d’assurer des conditions de voyage optimales aux citoyens, notamment à la communauté nationale résidant à l’étranger».
L’ENTMV, consciente des préoccupations exprimées par les voyageurs lors des précédentes saisons estivales, a déjà entamé des préparatifs afin d’améliorer l’expérience des passagers pour la saison à venir. Une approche qui s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser la flotte maritime et d’assurer une meilleure compétitivité face aux compagnies étrangères.
Mohamed Karim-Eddine Harkati, président-directeur général du groupe des services portuaires «Serport», a, quant à lui, insisté sur le rôle crucial de son groupe dans «la gestion efficace des ports et l’application rigoureuse des orientations des hautes autorités du pays».
Une gestion optimisée des infrastructures portuaires est en effet indispensable pour fluidifier le commerce extérieur et faciliter les échanges commerciaux. Dans la continuité de cette modernisation, Abdelhamid Boulaam, directeur général de l’Entreprise portuaire d’Alger (Epal), a annoncé un programme d’investissements ambitieux visant à accroître les capacités des infrastructures portuaires.
L’objectif est double : renforcer le rôle des ports dans le commerce international et améliorer la qualité des services destinés aux voyageurs. En parallèle, le secteur privé cherche également à s’imposer dans le paysage maritime national. La compagnie privée Nouris El Bahr Ferries, représentée par son directeur Kheireddine Meroud, affiche des ambitions élevées après avoir réussi sa première traversée le 1er novembre 2024. Cette initiative illustre la volonté de diversifier l’offre maritime et d’introduire une dynamique concurrentielle bénéfique aux usagers.
Répondre aux attentes des voyageurs
Par ailleurs, le président de la Commission des transports et des télécommunications à l’APN, Mohamed Anouar Bouchouit, a exhorté les opérateurs du secteur à intensifier leurs efforts afin de répondre aux attentes croissantes des citoyens.
Selon lui, «le transport ferroviaire joue désormais un rôle vital, en particulier dans le cadre des recommandations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à le développer, notamment dans le sud du pays». Le développement du transport, qu’il soit ferroviaire ou maritime, représente ainsi un enjeu stratégique majeur pour l’Algérie.
Il ne s’agit pas uniquement d’améliorer les infrastructures existantes, mais aussi de renforcer la cohésion territoriale, de stimuler l’économie nationale et d’optimiser les échanges commerciaux. Si la volonté politique semble bien ancrée, la réussite de ces projets dépendra de leur mise en œuvre effective, de la mobilisation des ressources nécessaires et de la capacité des acteurs du secteur à relever les défis logistiques et techniques.
Une chose est certaine : l’Algérie est à un tournant décisif dans la modernisation de son réseau de transport.
G. Salah Eddine
