Handball Algérien : Retrouver le passé glorieux

Longtemps fer de lance du sport collectif algérien, le handball national traverse aujourd’hui l’une des crises les plus profondes de son histoire. Une discipline autrefois redoutée sur la scène africaine et respectée à l’international se retrouve désormais en pleine tourmente.

L’équipe nationale, sept fois championne d’Afrique, vice-championne continentale il y a encore peu, s’est effondrée au dernier Mondial en quittant la compétition dès la phase de groupes sans la moindre victoire.
Un fiasco qui a poussé la présidente de la Fédération algérienne de handball, Mme Karima Taleb, à annoncer qu’elle ne briguerait pas un second mandat. Pour comprendre ce que représente ce sport sur la scène national et ce que symbolise la sélection algérienne de handball sur la scène africaine et intercontinentale, faisons un petit bond en histoire pour réécrire le passé glorieux du handball algérien et comprendre ses origines et des grands noms qui l’ont façonné.

Aux Origines du Handball en Algérie
Introduit après l’indépendance, le handball algérien s’est rapidement imposé comme un sport majeur. Inspiré par les modèles européens, il a bénéficié d’une structuration rapide avec la création de la Fédération algérienne de handball en 1969. Dès les années 1970, des clubs emblématiques ont émergé et posé les fondations d’une discipline promise à un avenir glorieux.
Le championnat algérien a vu s’affronter des équipes de renom, façonnant l’identité du handball national. Le MC Alger, le GS Pétroliers et la JS Kabylie ont dominé la scène, offrant des matchs légendaires et servant de tremplin aux futurs champions. Le GS Pétroliers, en particulier, est devenu une institution du handball africain avec un palmarès impressionnant, symbole de la suprématie algérienne à l’échelle régionale.

L’Âge d’Or des Années 1980 et 1990
Les années 1980 ont marqué l’âge d’or du handball algérien. L’équipe nationale, portée par une génération dorée, a dominé le continent africain, remportant cinq titres consécutifs de champion d’Afrique. En 1984, l’Algérie franchit un cap historique en se qualifiant pour les Jeux olympiques de Los Angeles, une première qui propulse le pays sur la scène mondiale.
Dans les années 1990, les Verts continuent d’écrire l’histoire en multipliant les participations aux Championnats du Monde. En 1990, en Tchécoslovaquie, l’Algérie réalise un parcours plus qu’honorable face aux grandes nations du handball. Cette décennie scelle définitivement la place du pays parmi les références africaines de la discipline.

Une Hégémonie Continentale
Avec sept titres de champion d’Afrique, l’Algérie est l’une des nations les plus titrées du continent. Bien que la Tunisie reste la nation lal plus titrée et que l’Égypte ait dominé les dernières éditions, l’empreinte laissée par la génération algérienne des années 1980 reste inégalée. C’est cette équipe, composée de joueurs de légende, qui a façonné l’identité du handball africain et posé les bases d’une rivalité toujours aussi vive.
D’ailleurs, Abdelkrim Bendjemil est sans doute le plus grand nom du handball algérien. C’était le leader charismatique et joueur exceptionnel, il a été l’un des architectes des succès de l’équipe nationale à cette période. À ses côtés, Sid Ali Freha et Rabah Gherbi ont marqué les esprits par leur talent et leur sens tactique, influençant durablement le développement du handball en Algérie.

L’Essor du Handball Féminin
Moins médiatisé, le handball féminin a pourtant connu de belles heures. L’équipe nationale a brillé à plusieurs reprises en Championnat d’Afrique, portée par des joueuses talentueuses comme Souad Titou et Nadia Aït Ali. L’équipe a décroché 3 championnats d’Afrique et n’a manqué à l’appel qu’à 5 éditions. Nos vertes ont également participé à 3 Championnats du Monde. Celui de 1978 a été le plus réussi vu que la sélection a terminé au 12e rang mondial.
Aujourd’hui encore, le handball féminin poursuit son développement malgré des défis structurels et un manque de visibilité.

Entre Scandales et Défaillances Structurelles
Si l’héritage du handball algérien est prestigieux, le présent est plus contrasté. La dernière participation au Mondial a très bien illustré cela. Les fennecs ont perdu tous leurs matchs. Derrière cet échec retentissant se cache une réalité encore plus sombre une gestion chaotique marquée par des problèmes structurels profonds. Entraîneur impayé, joueurs sans visa, dette qui s’accumule, clubs en difficulté… Le handball algérien semble en état de décomposition avancée.
Ce constat alarmant, partagé par de nombreux observateurs, a fait réagir Abdelmalek Slahdji, légendaire gardien de la sélection, qui n’a pas mâché ses mots.
«Le handball algérien, le plus titré en Afrique, vit une crise sans précédent en raison d’une gestion catastrophique. Le piston, la bureaucratie, les décisions anarchiques, la marginalisation des compétences et l’abandon des jeunes catégories ont plongé notre discipline dans la dérive», a-t-il dénoncé.
M. Slahdji ne se contente pas de critiquer, il propose des solutions concrètes. «La réforme du handball algérien passe par une restructuration complète de la fédération et l’instauration d’une feuille de route pour renforcer les clubs et encourager la formation des jeunes. L’État doit intervenir pour mettre fin à ces scandales.»

Retrouver la Splendeur Perdue et Réécrire l’Histoire
Le handball algérien n’est pas une discipline comme les autres. Il a été un symbole de fierté nationale, une vitrine du talent et de la détermination des athlètes algériens. De Bendjemil à Slahdji, des générations entières ont porté haut les couleurs du pays avec bravoure. Il est inconcevable que cette discipline disparaisse dans l’indifférence.
Aujourd’hui plus que jamais, il est temps de tourner la page du chaos et de construire un avenir à la hauteur du passé glorieux de ce sport. Il faut remettre la formation au cœur du projet, redonner aux clubs les moyens de prospérer et assurer aux jeunes générations un encadrement digne des grandes nations du handball.
L’Algérie a toujours été un leader du handball en Afrique. Il est temps qu’elle le redevienne, et pourquoi pas ambitionner plus. L’Algérien n’a pas de limite, il peut toujours se surpasser et atteindre les sommets malgré les difficultés. Le sport, particulièrement, a toujours prouvé cela.
G. Salah Eddine

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