
Le leader du parti La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a vivement dénoncé les attaques du ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, contre l’Algérie, lui rappelant que les questions liées à l’émigration relevaient de la compétence du ministre des Affaires étrangères.
Lors d’un meeting contre le racisme et l’extrême droite, organisé mercredi dernier à Brest (Nord-Ouest de la France), Jean-Luc Mélenchon s’est insurgé contre l’ingérence de Retailleau dans un dossier relevant des prérogatives du ministre des Affaires étrangères.
«Créer des tensions avec l’Algérie ne sert à rien», a-t-il déclaré, s’en prenant particulièrement au ministre de l’Intérieur français pour avoir évoqué des mesures de représailles, telles que la limitation de la circulation des personnes entre les deux pays.
«Dans quel monde vivez-vous ? Vous ignorez qu’un Français sur quatre a un grand-parent étranger ? Quand j’étais enfant, c’était un sur dix. Vous parlez de nos familles, M. Retailleau», a-t-il lancé avec force.
Jean-Luc Mélenchon a aussi critiqué la volonté du ministre de limiter les possibilités pour des membres d’une même famille de se rendre visite. «Vous voyez toute personne du Maghreb comme un ennemi, comme quelqu’un qui pose problème», a-t-il affirmé. «On ne vous laissera pas faire ça, trier les Français selon leurs origines, leur permettre ou leur interdire d’avoir une vie de famille en fonction de critères que vous définissez. Ce n’est pas à M. Retailleau de décider cela», a-t-il tonné. Il a ajouté : «On ne résoudra pas les problèmes de cette manière. Il faut évoluer avec son temps. Le temps de la colonie est terminé. On ne donne pas d’ordres aux autres.»
Quelques heures avant l’intervention de Mélenchon à Brest, un député du même parti, David Guiraud, s’était également exprimé à l’Assemblée nationale pour dénoncer les actions du ministre de l’Intérieur. Il a déclaré : «Vous vous êtes visiblement trompé de ministère, puisque vous ne parlez que de l’extérieur, et surtout de l’Algérie. Pourtant, le taux d’exécution des OQTF (Obligation de quitter le territoire français) pour l’Algérie est le même que pour le Maroc, la Tunisie ou le Mali, ce qui montre que vous ne vous agitez pas pour les Français, mais pour vos propres intérêts».
Deux jours plus tôt, Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire LFI, avait elle aussi critiqué Bruno Retailleau après ses déclarations contre l’Algérie. Elle l’avait qualifié de «fauteur de troubles» et lui avait reproché de s’approprier des prérogatives qui ne lui revenaient pas.
La députée du Val-de-Marne avait souligné que Retailleau «n’est ni ministre des Affaires étrangères ni président de la République», et qu’il outrepassait donc ses fonctions.
M. Khadidja
