
Idir Benaibouche est acteur, comédien et humoriste algérien. Il a commencé sa carrière dans le théâtre avant de se tourner vers la télévision et le cinéma. Passionné par l’art de l’interprétation, il aime explorer des rôles variés pour repousser ses limites et s’investir dans des projets porteurs de sens.
Entretien Réalisé par Cheklat Meriem
Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre le casting d’El Ard ?
Le scénario m’a immédiatement séduit. El Ard est une série profonde qui aborde des thèmes universels et contemporains, avec une réelle profondeur dramatique. Le rôle qui m’a été proposé représentait un véritable challenge en tant qu’acteur, notamment en raison de ses nombreuses nuances et évolutions. J’aime les personnages complexes, et celui-ci m’offrait une palette d’émotions et de situations très riche, ce qui a renforcé mon envie d’y participer.
Pouvez-vous nous parler de votre personnage et de son évolution dans la série ?
Mon personnage, Chokri, est un homme tiraillé entre un déchirement familial, el hogra et une crise identitaire profonde. Tout au long de la série, il oscille entre l’amour qu’on lui a promis, sa propre naïveté et une quête de reconquête de soi. Ce qui m’a attiré, c’est sa complexité : c’est un personnage qui porte en lui une douleur silencieuse, mais aussi une grande résilience. Son évolution est marquée par des prises de conscience douloureuses, mais aussi par une volonté de se reconstruire, ce qui le rend très humain et touchant.
Comment s’est déroulé le tournage et quelle a été votre expérience avec l’équipe ?
Le tournage a été une véritable aventure humaine et artistique. Le réalisateur est quelqu’un de très attentif à ses comédiens, ce qui crée un environnement de travail rassurant et stimulant. Il accorde une grande importance aux détails, aussi bien dans la mise en scène que dans la direction d’acteur, ce qui m’a permis d’explorer mon personnage en profondeur. L’équipe était extrêmement professionnelle et passionnée, ce qui a contribué à instaurer une ambiance de travail motivante et inspirante. Travailler avec des talents aussi impliqués pousse à donner le meilleur de soi-même.
Selon vous, quels messages la série cherche-t-elle à transmettre au public ?
El Ard aborde des thèmes forts et engagés qui résonneront profondément auprès du public. La justice, la famille, la trahison, la lutte sociale et l’identité sont autant de sujets qui sont traités avec beaucoup de justesse. La série cherche à faire réfléchir le spectateur sur sa propre condition et sur les défis que traversent de nombreuses personnes dans notre société. J’espère que cela suscitera des débats et encouragera les gens à regarder ces problématiques sous un nouvel angle.
Quelle a été la scène la plus marquante ou la plus difficile à jouer pour vous ?
La scène finale de mon personnage a été particulièrement marquante et exigeante. Elle demandait une grande intensité émotionnelle et une implication physique importante. Il fallait retranscrire un éventail d’émotions en un laps de temps très court, ce qui a demandé une concentration et une précision extrêmes. Ce genre de moment nous rappelle pourquoi on aime ce métier : c’est une expérience immersive et bouleversante.
Votre parcours d’acteur est riche. Quels ont été les moments clés de votre carrière jusqu’à présent ?
Chaque projet a été une étape importante dans mon parcours, mais certains ont marqué des tournants décisifs. L’Oranais, Soula, Chronique d’un siège (film palestinien), L’Esclave devenu roi, Première ligne, ainsi que mes spectacles solo ont tous été des expériences enrichissantes. Chaque rôle m’a apporté quelque chose de nouveau, que ce soit en termes de jeu, de technique ou de vision artistique.
Avez-vous une préférence entre le cinéma et la télévision ? Pourquoi ?
Les deux m’attirent pour des raisons différentes. Le cinéma permet un travail plus approfondi sur un personnage et sur l’esthétique d’une histoire, tandis que la télévision offre une proximité et une continuité avec le public. J’aime naviguer entre ces deux univers, car chacun présente des défis uniques et complémentaires.
Quel regard portez-vous sur l’évolution du cinéma et des séries en Algérie ces dernières années ?
Il y a une réelle évolution, notamment grâce à l’intérêt croissant du public pour des productions locales de qualité. On observe aussi plus d’audace dans les scénarios et les mises en scène, ce qui est très encourageant pour l’avenir du secteur. Concernant le cinéma, il y a une volonté politique de développer l’industrie, notamment à travers la construction de nouvelles salles de cinéma. Il reste à voir comment cela va évoluer dans les années à venir.
Avez-vous d’autres projets en cours ou à venir ?
Oui, plusieurs projets sont en préparation. J’ai aussi envie d’explorer de nouveaux univers et de relever de nouveaux défis qui me permettront de continuer à grandir en tant qu’acteur.
Y a-t-il un rôle ou un genre que vous n’avez pas encore exploré mais qui vous attire ?
J’aime jouer tout. J’adore interpréter des personnages aux profils variés et me réinventer à chaque rôle, c’est ce qui rend ce métier si passionnant.
Ch. M.
