
Depuis plusieurs mois, la bande de Ghaza subit un blocus meurtrier qui prive ses habitants des ressources essentielles à leur survie, tandis que les forces sionistes et les colons poursuivent leur politique d’expansion illégale en Cisjordanie, notamment à El-Khalil et Naplouse. Dans ce climat de violence et d’oppression, la Journée de la terre prend une signification encore plus profonde, rappelant que la terre palestinienne n’est pas seulement un territoire physique, mais aussi un symbole identitaire et historique inaliénable.
Une commémoration sous le signe de la dépossession
Raed Muqadi, spécialiste des affaires de colonisation au Centre palestinien de recherche foncière, souligne que cette journée incarne la résilience du peuple palestinien et sa volonté inébranlable de préserver son identité. Face à une colonisation qui s’intensifie, il a rappelé que l’expansion des colonies sionistes en Cisjordanie se fait sous la protection de l’armée d’occupation, en toute impunité, grâce au silence complice de la communauté internationale.
«La terre est plus qu’un simple espace géographique pour les Palestiniens, elle est le témoin de leur histoire et de leur droit inaliénable à l’existence», a expliqué Muqadi. Selon lui, la stratégie sioniste repose sur une politique de judaïsation systématique, visant à effacer tout ce qui symbolise l’identité palestinienne.
Ces dernières années, l’occupation sioniste a multiplié les avant-postes de colonies pastorales, grignotant des centaines d’hectares de terres agricoles palestiniennes. En parallèle, les autorités sionistes continuent de renforcer les regroupements de colonies pour fragmenter les territoires palestiniens et empêcher toute continuité territoriale, rendant la création d’un État palestinien de plus en plus hypothétique.
Un combat quotidien contre la spoliation
Malgré les pressions, les expropriations et les menaces, le peuple palestinien refuse de céder. L’attachement à la terre est une constante dans la lutte nationale, car chaque parcelle arrachée à l’occupation représente une victoire contre l’oppression. Pour Muqadi, la persévérance des Palestiniens repose sur leur conviction profonde que la justice finira par triompher.
«Les Palestiniens savent qu’ils sont les véritables propriétaires de cette terre. Ils y sont nés, y vivent et y mourront. Cette certitude nourrit leur combat contre l’oppression», a-t-il affirmé. L’occupation cherche à effacer leur présence, mais les Palestiniens continuent de revendiquer leurs droits par tous les moyens possibles, que ce soit par la protestation, la mobilisation politique ou la résistance sur le terrain.
L’impératif d’une mobilisation internationale
Face à cette situation alarmante, la communauté internationale ne peut plus rester passive. La multiplication des colonies, les déplacements forcés et l’apartheid imposé par l’occupation israélienne sont contraires au droit international et aux résolutions onusiennes. Il est urgent que les États et les organisations internationales agissent pour mettre un terme à ces violations et garantir au peuple palestinien le droit de vivre en paix sur sa propre terre.
Muqadi a appellé à l’application stricte des résolutions des Nations unies et à la fin de la colonisation, qui constitue le principal obstacle à la paix. «Tant que l’impunité prévaudra, l’occupation poursuivra son entreprise destructrice. La pression internationale doit être forte et constante pour stopper ces crimes», a-t-il insisté.
En cette Journée de la terre, les Palestiniens réaffirment leur attachement à leurs droits historiques et leur détermination à résister à l’oppression. La terre, symbole de leur identité et de leur souveraineté, demeure au cœur de leur lutte. Seule une action internationale déterminée pourra freiner l’expansion coloniale et ouvrir la voie à une paix juste et durable.
G. Salah Eddine
Appel à un cessez-le-feu à Ghaza «dans les plus brefs délais»
Le déplacement forcé des Palestiniens de Ghaza constitue un crime de guerre et une violation grave du droit international humanitaire, a dénoncé vendredi dernier, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, appelant à un cessez-le-feu permanent dans les plus brefs délais.
Dans un communiqué, repris par l’agence palestinienne de presse Wafa, M. Türk a indiqué que l’entité sioniste doit immédiatement mettre fin à l’entrave de l’acheminement de l’aide humanitaire à l’enclave palestinienne, et de s’abstenir de toute action constituant un crime de guerre, appelant à un cessez-le-feu permanent à Ghaza dans les plus brefs délais. Le Haut-Commissaire a également exprimé ses préoccupations face à la réduction de l’espace disponible à Ghaza pour les Palestiniens soumis au déplacement forcé par l’armée sioniste, et à des ordres d’évacuation militaire obligatoire depuis la reprise de son offensive le 18 mars, tout en assiégeant des dizaines de milliers de Palestiniens dans les villes de Khan Younis et Rafah.
Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur
le 19 janvier dernier à Ghaza après plus de 15 mois d’agression génocidaire sioniste qui a provoqué une catastrophe humanitaire sans précédent, mais les forces d’occupation ont violé cet accord et ont repris le 18 mars leur agression contre l’enclave palestinienne, après une interruption de deux mois.
La communauté internationale interpellée

Dans trois lettres identiques envoyées vendredi dernier au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au président du Conseil de sécurité pour le mois de mars (Danemark) et au président de l’Assemblée générale de l’ONU, le représentant permanent de la Palestine auprès des Nations unies, Riyad Mansour, a appelé la communauté internationale à agir pour contraindre l’entité sioniste à lever le siège imposé à Ghaza et à mettre fin à sa politique de punition collective et à ses tentatives d’affamer, de détruire et de déplacer de force de leurs terres les Palestiniens, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa.
M. Mansour a dénoncé l’utilisation continue par l’entité sioniste de toutes les formes d’armes létales et explosives dans la bande de Ghaza, densément peuplée, sans aucun égard pour la vie des civils.
Cette agression sioniste a fait au moins 792 martyrs et plus de 1.700 blessés depuis que les autorités d’occupation ont décidé de mettre fin au cessez-le-feu à Ghaza, en plus du déplacement de plus de 142 000 Palestiniens au cours de la semaine dernière.
Le diplomate palestinien a également rappelé que le bilan de l’agression sioniste sur la bande de Ghaza s’est aggravé à 50 144 martyrs et 113 704 blessés, depuis le 7 octobre 2023, soulignant que l’occupant sioniste continue d’empêcher toute aide humanitaire d’entrer dans l’enclave palestinienne depuis trois semaines consécutives, la plus longue période de privation depuis le début du blocus.
Le représentant permanent de la Palestine à l’ONU a notamment exprimé son inquiétude face à la décision des Nations unies de réduire leur présence à Ghaza, compte tenu de la catastrophe humanitaire sans précédent et de l’augmentation des besoins fondamentaux dans l’enclave.
Il a mis l’accent sur les lourdes pertes parmi les travailleurs humanitaires et les journalistes à Ghaza, le nombre total de travailleurs humanitaires tués depuis octobre 2023 ayant atteint 399, dont 289 membres du personnel de l’ONU, et celui des journalistes palestiniens tombés en martyrs environ 200, dont 27 femmes, au cours des 17 derniers mois.
Par ailleurs, M. Mansour a alerté sur le fait que l’agression sioniste en cours sur le reste des territoires palestiniens occupés, y compris El Qods-Est a fait 99 martyrs depuis le début de l’année, en plus de la saisie de biens, de la démolition de maisons, du déplacement de dizaines de milliers de civils, des attaques contre des lieux saints et des arrestations continues.
Le diplomate a, à ce titre, souligné la responsabilité de la communauté internationale, en particulier du Conseil de sécurité, qui doit mettre fin à l’attaque sioniste et protéger le peuple palestinien, tout en appelant au rétablissement du cessez-le-feu et à la garantie de l’acheminement de l’aide humanitaire.
G. S. E./APS
