Parler pour se protéger la nouvelle voix des victimes de harcèlement

Depuis quelques années, les réseaux sociaux algériens connaissent une montée des campagnes de sensibilisation contre le harcèlement, dont la plus virale est celle portant le hashtag (Dénonce le harceleur).

Ces campagnes incitent les femmes victimes de harcèlement à prendre la parole et à dénoncer leurs agresseurs, parfois en publiant leurs noms, leurs messages ou leurs photos. Si ce mouvement trouve un écho fort chez une jeunesse de plus en plus consciente de ses droits, il soulève aussi plusieurs problématiques juridiques et éthiques. En Algérie, le harcèlement — qu’il soit de rue, en milieu professionnel ou sur Internet — demeure un phénomène répandu mais encore largement tabou. Beaucoup de victimes hésitent à porter plainte par peur du jugement social ou du manque de prise au sérieux de leur parole. C’est dans ce contexte que les campagnes comme #Dénonceleharceleur sont nées, donnant aux femmes une forme de pouvoir
symbolique : celui de parler, de se défendre et de prévenir d’autres potentielles victimes. Plusieurs influenceurs et journalistes ont pris la parole pour soutenir ce mouvement. À titre d’exemple, Nassima djaffarbey , très suivie sur les réseaux sociaux, a partagé une story appelant les jeunes filles à ne pas avoir peur de dénoncer leurs harceleurs, mais à le faire dans le cadre de la loi. Ces prises de position publiques jouent un rôle crucial dans la sensibilisation et encouragent de nombreuses victimes à briser le silence. Elles contribuent aussi à normaliser l’acte de dénonciation, longtemps perçu comme honteux. Mais comme le rappelle justement Nassima dans sa story, le code pénal algérien interdit la diffusion d’images ou d’informations personnelles sans le consentement de la personne concernée. En exposant un présumé harceleur sans preuve ni procédure judiciaire, la victime s’expose à des poursuites pour diffamation ou atteinte à la vie privée. Le dilemme est donc le suivant : comment se défendre publiquement sans enfreindre la loi ? Les associations féminines et certains avocats appellent à renforcer la confiance entre victimes et institutions. Elles insistent sur l’importance de déposer plainte auprès de la police ou de collecter les preuves dans un cadre légal. Les campagnes de sensibilisation, si elles sont importantes, ne doivent pas se substituer à l’action judiciaire. Ce mouvement révèle un changement profond dans la société algérienne, notamment parmi les jeunes générations. La libération de la parole féminine, autrefois étouffée, gagne du terrain. Toutefois, pour qu’elle ait un impact durable, elle doit s’accompagner d’une réforme des lois sur le harcèlement, d’une meilleure prise en charge des victimes, et d’une éducation à l’égalité dès le plus jeune âge.

ALGER 16 DZ

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