
Le secrétaire général (SG) de la Ligue des ouléma, prêcheurs et imams du Sahel (LOPIS), Lakhmissi Bezzaz, a indiqué, lundi dernier à Alger, que le terrorisme et l’extrémisme violent tirent leur force de la fragilité sociale et des failles du système éducatif dans les pays du Sahel. Il a également dénoncé la montée de l’ »islamophobie » en France, attribuée à la progression de l’extrême droite.
Dans une déclaration à la radio nationale, M. Lakhmissi Bezzaz a exprimé son inquiétude face à la montée préoccupante de l’ »islamophobie » en Occident, notamment en France. Il a souligné que plusieurs statistiques avaient mis en évidence une hausse des actes islamophobes dans ce pays au cours des deux dernières années, atteignant 79 cas rien que durant la dernière année. Un chiffre qu’il qualifie d’ »extrêmement dangereux ». M. Bezzaz attribue cette situation à la progression de l’extrême droite, qui, selon lui, utilise l’ »islamophobie » comme un levier électoral, contribuant ainsi à l’alimentation de l’extrémisme.
À ce sujet, il a évoqué le « meurtre barbare » du jeune musulman Aboubakar Cissé, perpétré dans une mosquée en France par un extrémiste de droite, qui a filmé son acte tout en exprimant sa haine.
Le secrétaire général de la LOPIS a également abordé la question de la présence étrangère dans la région du Sahel, affirmant que celle-ci « ne peut en aucun cas constituer un facteur de solution ».
Il a précisé que l’extrémisme violent et le terrorisme tirent parti de l’ignorance qui prévaut dans la région, soulignant que l’accès à l’éducation reste limité dans plusieurs pays du Sahel. Cette situation favorise l’exploitation des failles du système éducatif par les groupes extrémistes.
Dans ce cadre, il a expliqué que « le terrorisme se nourrit de la vulnérabilité sociale dans la région », où les populations se sentent isolées, injustement traitées et marginalisées, en particulier parce qu’elles ne bénéficient pas des ressources naturelles de leurs pays. Cela entraîne, selon lui, un désengagement vis-à-vis des approches de l’État.
M. Bezzaz a indiqué que l’Algérie, confrontée au phénomène de l’extrémisme violent et du terrorisme, « a acquis, grâce à son expérience pionnière, un capital significatif » dans la lutte contre ce fléau complexe. Il a souligné que ce phénomène « s’est transformé en un outil de règlements de comptes, servant à porter atteinte aux peuples et à s’approprier leurs richesses ». Il a ajouté que l’Algérie avait, dans ce contexte, œuvré à inciter « la communauté régionale à adopter un ensemble d’approches », notamment par la mise en place de « l’unité de coordination et de communication », un dispositif choisi par les pays africains pour mieux appréhender ce phénomène. L’une des principales conclusions de ce processus a été le lancement d’une réflexion ayant abouti à la création de la LOPIS. Il a enfin souligné que la LOPIS constitue un des instruments de la diplomatie religieuse et sociétale venant en appui à la diplomatie officielle, avec pour objectif de combattre l’association injustifiée entre islam, extrémisme et terrorisme.
A. Ryad
