
Avec ses grandes oreilles, ses dents pointues et ses couleurs éclatantes, Labubu ne passe pas inaperçue. Créée par l’illustrateur hongkongais Kasing Lung, cette étrange créature mi-lapin, mi-monstre, à l’allure malicieuse et à l’esthétique « moche mais attendrissante », est devenue un objet culte. Initialement lancée en Asie, elle s’impose désormais comme un phénomène mondial, notamment en Europe. Derrière ce succès fulgurant : Pop Mart, le géant chinois du jouet, qui commercialise les Labubu sous forme de peluches et de porte-clés en boîtes mystères. Le principe ? L’acheteur ignore quelle version il recevra. Certaines éditions sont rares, voire « secrètes », poussant les fans à multiplier les achats.
TikTok, star system et spéculation
Le phénomène s’est amplifié grâce à TikTok, où les vidéos d’« unboxing » (ouverture de colis) cumuleraient plus de 1,4 million de publications sous le hashtag #labubu. Des célébrités comme Rihanna, Dua Lipa ou Lisa (Blackpink) ont aussi contribué à populariser ces petits monstres en les exhibant sur leurs accessoires. Proposées à environ 30 euros, certaines éditions atteignent ou dépassent les 100 euros sur le site officiel. Pire encore, des revendeurs les écoulent à plusieurs centaines d’euros sur Internet, alimentant un marché parallèle très lucratif.
Tensions, ruptures de stock et mesures d’urgence
L’engouement est tel que des files d’attente interminables ont créé des tensions, notamment à Londres, où Pop Mart a dû suspendre ses ventes en boutique pour des raisons de sécurité. À Paris, les files s’étendent parfois sur toute l’avenue de l’Opéra, et les fans se plaignent de stocks épuisés en quelques secondes ou de bugs lors des achats en ligne. Face à cette frénésie, certains demandent un système de tirage au sort, tandis que la marque promet une nouvelle stratégie « plus équitable ». En Chine, le phénomène est désormais encadré : la vente est interdite aux moins de 8 ans et nécessite l’accord parental jusqu’à 16 ans.
