
« L’Algérie, engagée dans un processus de stratégie souveraine en matière de cybersécurité » est une thématique d’actualité stratégique qui peut être explorée sous plusieurs angles : politique, technologique, juridique et géopolitique.
Dans un contexte mondial marqué par la montée des cybermenaces et l’importance croissante du numérique dans tous les secteurs (gouvernance, économie, défense, etc.), la souveraineté numérique est devenue une priorité nationale.
L’Algérie, à l’instar de nombreux pays, a pris conscience des risques inhérents à la cybersphère et s’engage progressivement dans une stratégie souveraine de cybersécurité.
Avec une expansion numérique rapide, caractérisée par une augmentation de la connectivité internet, de l’adoption des technologies numériques dans divers secteurs et une transformation des comportements numériques. Cette évolution est soutenue par une volonté gouvernementale de moderniser l’administration, de stimuler l’économie numérique et de renforcer la souveraineté numérique du pays.
Un contexte numérique en pleine évolution
l Expansion rapide du numérique : digitalisation des services publics, essor de l’e-administration, développement des infrastructures (fibre optique, data centers, etc.).
l Vulnérabilités accrues : augmentation des cyberattaques visant les institutions, les entreprises stratégiques (énergie, télécoms) et les données des citoyens.
l Dépendance aux technologies étrangères : logiciels, plateformes cloud, équipements réseau souvent issus de fournisseurs non algériens.
Une volonté affirmée de souveraineté
l Cadre juridique en renforcement : adoption ou mise à jour de lois sur la cybersécurité, la protection des données personnelles (projet de loi sur les données numériques), et les infractions cybernétiques.
l Création d’organismes dédiés : tels que l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI), ou le Centre national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication (CNLTIC).
l Développement de solutions nationales : encouragement à la production de logiciels locaux, à l’hébergement des données en Algérie et à la formation d’une expertise nationale en cybersécurité.
Vers une stratégie souveraine structurée.
Axes stratégiques en cours d’élaboration :
l Renforcement des capacités techniques nationales.
l Sécurisation des infrastructures critiques.
l Collaboration interinstitutionnelle (ministères, défense, éducation, etc.).
l Coopération internationale encadrée (notamment dans le cadre africain ou arabe).
Priorité à la sensibilisation et à la formation : intégration de la cybersécurité dans l’éducation, appui aux universités et aux start-up, développement d’un écosystème numérique souverain.
L’engagement de l’Algérie dans une stratégie souveraine de cybersécurité est une démarche nécessaire et stratégique inspirée de la vision éclairée du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Elle reflète une volonté de renforcer l’indépendance nationale dans le cyberespace, de protéger ses infrastructures et données sensibles et de bâtir un modèle numérique résilient et adapté à ses réalités. Ce processus devra s’appuyer sur une vision à long terme, des investissements ciblés et une coopération équilibrée avec les acteurs internationaux.
Alger 16
Proactive et souveraine

La généralisation de l’infrastructure de la fibre optique à haut débit et la réduction de la facture du numérique sont, entre autres, les actions entreprises par notre pays, dans le cadre de la stratégie nationale en matière de cybersécurité. «Il y est aussi question de préparer le lancement des services 5G», explique le ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Sid- Ahmed Zerrouki, lors de l’ouverture des travaux du 2e Forum algéro-coréen sur la cybersécurité, qui s’est récemment tenu à Alger.
En effet, l’Algérie est pleinement engagée dans une transformation numérique depuis 2019. Elle est l’un des engagements du président de la République M. Abdelmadjid Tebboune, lui permettant à la fois de sécuriser ses systèmes d’information et également d’être bien préparée pour riposter aux accidents cybernétiques que représentent l’espionnage et la criminalité de plus en plus nombreux, en raison de l’accélération dans le monde de la transition numérique. «Notre pays s’est engagé dans un processus de transformation numérique ambitieux, inspiré par une stratégie proactive et souveraine en matière de cybersécurité», précise le premier responsable du secteur des télécommunications.
Dans cette optique, le ministre met en évidence le partenariat, reliant le secteur des télécommunications, dans ce domaine précis, avec la République de Corée, dont l’expérience et l’expertise dans les domaines des télécommunications et de la cybersécurité ne sont plus à démontrer. «Nos deux pays ont la volonté de développer une coopération concrète et fructueuse dans les domaines du transfert des connaissances, de l’innovation et du renforcement des capacités opérationnelles», précise le ministre.
Durant ce 2e Forum algéro-coréen sur la cybersécurité, qui incarne le partenariat fructueux entre les deux parties, l’ambassadeur de la République de Corée n’a pas manqué de souligner l’engagement de l’Algérie à développer les structures en lien avec la cybersécurité. «Au cours des trois dernières décennies, nos deux pays ont développé une relation fondée sur le respect mutuel, la confiance et les aspirations partagées.»
La tenue de ce forum intervient juste après la signature d’un protocole d’accord entre l’entreprise publique algérienne Proxylan SPA, qui est une filiale du Centre de recherche sur l’information scientifique et technique (CERIST), et la société russe Positive technologies, ayant pour objectif le renforcement des capacités nationales dans le processus de protection des systèmes d’information. En 2024, l’Algérie a créé une école supérieure de cybernétique au sein du pôle technologique de Sidi Abdellah. Placée sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en collaboration avec le ministère de la Défense nationale, cette école est l’une des rares écoles en la matière dans le monde arabe. Des efforts qui prouvent, si besoin est, la volonté des pouvoirs publics d’assurer une transformation numérique dynamique pour pouvoir sécuriser les systèmes d’information et endiguer les menaces cybernétiques, de plus en plus constatées.
La numérisation en Algérie constitue l’un des engagements du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Une démarche à laquelle adhèrent tous les secteurs. L’émergence de nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle (IA), le Cloud computing et la 5G, signent l’impératif de cette stratégie visant à protéger le pays contre les différentes attaques, les fausses informations circulant sur les réseaux sociaux et surtout les tentatives de manipulation de l’opinion publique.
M. Bouziane Khadidja
