Algérie–Union européenne : Un partenariat dans un esprit d’équilibre et de respect mutuel

Dans un contexte de redéfinition des partenariats économiques internationaux, le président du Conseil de la nation, M. Azouz Nasri, a reçu mardi dernier à Alger l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Algérie, M. Diego Mellado Pascua, pour une visite de courtoisie à haute teneur politique. La rencontre, tenue au siège de la chambre haute du Parlement, a été l’occasion d’un échange approfondi sur l’avenir des relations entre Alger et Bruxelles.

Selon un communiqué officiel, cette entrevue a été «l’occasion d’échanger les vues sur plusieurs questions bilatérales, régionales et internationales d’intérêt commun, notamment en ce qui concerne l’activation des mécanismes du dialogue politique et la révision de l’Accord d’association signé entre les deux parties en 2005, ce qui permettra d’assurer un meilleur équilibre des acquis, en tenant compte des intérêts économiques vitaux de l’Algérie».
Signé il y a près de deux décennies, l’Accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne est désormais au centre d’une réflexion bilatérale sur ses effets concrets et sa nécessaire actualisation. Les deux parties ont ainsi «examiné les moyens de hisser les relations entre l’Algérie et l’Union européenne à des niveaux plus coordonnés et efficaces», un objectif qui implique une meilleure synchronisation des agendas politiques, économiques et stratégiques.
Dans cette perspective, M. Nasri a insisté sur la nécessité de rééquilibrer le partenariat en faveur d’une dynamique fondée sur des fondements solides et équitables. Il a réaffirmé l’attachement de l’Algérie à une coopération fondée sur les principes du respect réciproque et de la souveraineté économique.
Le président du Conseil de la nation a ainsi souligné «l’importance de donner un nouvel élan au partenariat algéro-européen, fondé sur le principe de l’égalité et du respect mutuel, et qui tient compte des transformations que connaît l’Algérie dans le cadre de la construction d’une économie diversifiée et moderne».
M. Nasri a également mis l’accent sur la nécessité d’un dialogue pragmatique et adapté à la réalité des deux rives. Il a notamment insisté sur «la nécessité de mettre en place des mécanismes flexibles qui prennent en compte les spécificités des deux parties et permettent de surmonter certains déséquilibres apparus dans l’application des clauses de l’accord, de travailler à son élargissement à d’autres secteurs et domaines, et de favoriser la diversification des investissements européens en Algérie, à la faveur des avantages offerts par la nouvelle loi sur l’investissement», a précisé le communiqué.

Un échange géopolitique profond
Sur le plan international, la rencontre entre M. Azouz Nasri et l’ambassadeur de l’Union européenne s’est également élargie aux grands enjeux de l’heure, révélant un alignement sur des principes humanitaires et multilatéraux majeurs. Le président du Conseil de la nation a ainsi souligné «l’impératif de mettre fin à la crise humanitaire à Ghaza», insistant sur «le rôle dévolu à l’Union européenne à cet égard, à travers le soutien des efforts en faveur de l’établissement et la reconnaissance de l’Etat palestinien conformément aux résolutions de la légalité internationale».
M. Nasri a, dans le même esprit, rappelé «le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément aux résolutions de l’ONU», appelant la communauté internationale à «intensifier les efforts pour le règlement de ces deux questions et à éviter toute politique à géométrie variable».
Dans un monde confronté à de multiples recompositions, le président du Conseil de la nation a réitéré «l’appel de l’Algérie à la réforme du Conseil de sécurité, fondé sur le principe de l’augmentation du nombre des membres permanents et la révision des mécanismes et modalités de recours au droit de veto». Une position en phase avec la revendication croissante des pays du Sud de voir refléter leur poids démographique, économique et diplomatique au sein des institutions multilatérales.

Une approche sécuritaire fondée sur le respect
La dimension sécuritaire a également été au centre des échanges. Selon le communiqué, les deux parties ont «procédé à un échange de vues sur les défis sécuritaires dans la région du Sahel et en Libye», soulignant «l’importance de la concertation continue et de la complémentarité des rôles, afin d’assurer la stabilité et lutter contre le terrorisme et le crime organisé».
À ce propos, M. Nasri a tenu à rappeler «les positions constantes de la diplomatie algérienne, fondées sur les principes du respect de la souveraineté des Etats et de la non-ingérence dans les affaires internes», réaffirmant la conviction algérienne de longue date en faveur du «dialogue et du règlement pacifique des conflits».
Lors de cet échange, le président du Conseil de la nation a également mis en avant «l’engagement de l’Algérie, sous la direction du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à consacrer un partenariat basé sur les intérêts mutuels et les acquis communs, au mieux des intérêts des peuples, afin de renforcer la paix et la stabilité aux niveaux régional et international».

Un approfondissement du partenariat
De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne, M. Diego Mellado Pascua, a tenu à exprimer la considération de l’UE pour la qualité des liens noués avec Alger. Il «s’est félicité du niveau des relations politiques et diplomatiques existant entre l’Algérie et l’UE», tout en soulignant que «l’UE accorde une attention particulière à l’approfondissement du partenariat avec l’Algérie, étant un partenaire fiable et essentiel dans la région de la Méditerranée et en Afrique du Nord ».
L’Union européenne, à travers la voix de son ambassadeur, a également « réaffirmé son soutien aux efforts de l’Algérie dans les domaines de la transition énergétique, de la sécurité alimentaire et du développement durable», des axes stratégiques portés au plus haut niveau par le président Abdelmadjid Tebboune dans sa vision d’une économie résiliente, souveraine et tournée vers l’avenir.
Sur les grandes questions géopolitiques, M. Diego Mellado Pascua a mis en exergue la singularité constructive de la posture diplomatique algérienne. Il a salué «les positions de la diplomatie algérienne fondées sur le principe du non-alignement et du respect de l’indépendance de la décision des États», des valeurs qui retrouvent une importance croissante au sein des forums multilatéraux.
Cette reconnaissance marque non seulement un respect des équilibres Sud-Nord, mais elle souligne aussi le rôle modérateur que l’Algérie s’efforce d’incarner dans les crises régionales et internationales, notamment en Afrique, au Moyen-Orient et dans le Bassin méditerranéen.
Enfin, les deux parties ont accordé une place importante au rôle croissant des institutions parlementaires dans la consolidation du dialogue entre les peuples. À ce titre, elles ont souligné «la nécessité d’activer la coopération entre le Parlement algérien et le Parlement européen et de relancer les groupes d’amitié, vu l’importance de la diplomatie en tant que levier et soutien de la diplomatie conventionnelle», selon le communiqué.
À travers cette convergence, l’Algérie et l’Union européenne affirment leur volonté partagée d’inscrire leur relation dans la durée, en lui imprimant une nouvelle dynamique, fondée sur la complémentarité stratégique, la souveraineté économique, et l’attachement aux principes du droit international.

Plus qu’une rencontre symbolique
Cette rencontre entre le président du Conseil de la nation, M. Azouz Nasri, et l’ambassadeur de l’Union européenne, M. Diego Mellado Pascua, s’inscrit dans une séquence diplomatique majeure, porteuse de signaux forts quant à la volonté commune de refonder les bases du partenariat entre Alger et Bruxelles.
En replaçant les intérêts stratégiques de l’Algérie au cœur du dialogue, tout en affirmant les principes de respect mutuel, d’égalité souveraine et de solidarité régionale, les deux parties tracent les contours d’une nouvelle phase de coopération, plus pragmatique, plus équitable et ancrée dans les transformations du monde contemporain.
Dans un environnement international en recomposition, marqué par des tensions géopolitiques et des mutations économiques profondes, l’Algérie et l’Union européenne ont désormais l’opportunité – et la responsabilité – d’ériger un partenariat d’excellence, fondé sur la réciprocité des intérêts, le dialogue franc, et l’ambition partagée de contribuer à la stabilité, à la prospérité et à la paix dans la région euro-méditerranéenne.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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