Sila 2023 : Le rôle de la numérisation dans la préservation du patrimoine et de la mémoire mis en avant

Par O. Houria

Le 26e Salon international du livre d’Alger (Sila) a vu le déroulement d’une série de conférences, dont l’une s’est déroulée mercredi dernier à l’Espace numérique. Cette conférence a abordé le rôle crucial de la numérisation dans la préservation du patrimoine et de la mémoire. Elle a été animée par des chercheurs, des universitaires et des académiciens, unanimes à affirmer l’importance d’adopter rapidement les nouvelles technologies numériques pour conserver et transmettre l’héritage ancestral et historique de l’Algérie.

La pertinence de ce sujet a rassemblé des experts de renom, notamment Dahmane Madjid, directeur de recherches au Centre de recherches sur l’information scientifique et technique (Cerist), Fateh Bouzaouia, directeur de la Bibliothèque centrale de l’Université de Boumerdès « M’Hamed-Bouguerra », et Mehdi Benboubekeur, directeur général de Printemps numérique, une organisation internationale à but non lucratif basée à Montréal, au Canada.
L’enseignant-chercheur Dahmane Madjid a commencé par expliquer que la richesse et la diversité du patrimoine culturel et historique algériens, plusieurs fois millénaires, se présentaient sur « différents supports qui ne pourraient être réduit au livre seulement », ajoutant que le document historique se distinguait par sa « matérialité (caractéristiques physiques) et sa valeur immatérielle en contenu ». Les préalables à une « numérisation efficace » d’un document ont été soulignés par le conférencier qui a rappelé la « nécessité de tenir compte des aspects matériel et immatériel du document d’une part, et l’importance de permettre son accessibilité par les jeunes générations d’une autre part ».
Fateh Bouzaouia, directeur de la bibliothèque de l’université de Boumerdès, a souligné l’importance de la mémoire nationale en tant que fondement de l’identité algérienne et de la société. Il a mis en avant la nécessité d’adapter les systèmes informatiques pour assurer la sécurité des contenus liés à cette mémoire face aux avancées numériques et aux progrès technologiques en constante évolution, citant notamment les ouvrages historiques et les témoignages sonores ou filmés. « Au-delà des organismes publics tels les musées, les bibliothèques nationales ou locales, les instituts et écoles et autres établissements qui protègent le patrimoine historique et culturel et le transmettent au grand public en lui donnant de la visibilité, la fortification de la sécurité dans les réseaux informatique demeure nécessaire », a renchéri Fateh Bouzaouia.
L’amélioration de la préservation du patrimoine culturel et historique de l’Algérie, en mettant à jour de manière stricte les systèmes de sécurité informatique en utilisant les dernières avancées en matière de numérisation, permettra, selon l’intervenant, de « sécuriser la culture et l’histoire de l’Algérie contre toute tentative malveillante visant à altérer ses contenus ».
L' »impact du numérique sur le patrimoine et la mémoire est certainement important surtout dans le monde où on vit actuellement », a estimé, de son côté, le directeur général du Printemps numérique, Mehdi Benboubekeur, rappelant que le numérique était une opportunité et qu’il faudrait avoir une vision très claire sur ce qui doit être préservé ».
Face à la rapidité exceptionnelle des progrès scientifiques et technologiques, le dernier intervenant a souligné « l’impératif d’ajuster les systèmes de lecture, d’accès à l’information, de préservation et de sécurité du patrimoine culturel et mémoriel en adoptant les nouvelles approches numériques, tout en gardant à l’esprit l’importance de rendre cette richesse accessible aux jeunes générations et de la transmettre à celles qui suivront. »
Jeudi dernier, Mehdi Benboubekeur était également prévu à l’Espace numérique du 26e Sila pour présenter une autre conférence intitulée « Comprendre les avancées de l’Intelligence artificielle (IA) générative et son impact sur le monde du livre ». Il a conclu en mettant l’accent sur le concept de « découvrabilité », qu’il a défini comme la « mise en valeur des contenus de manière à permettre à des tiers de les trouver et de les consulter ». Pour étayer son argumentaire, il a souligné que « les requêtes sur les moteurs de recherche sont traitées par des algorithmes et non par des êtres humains ».
Depuis le 26 octobre, le 26e Sila a rassemblé des exposants, des écrivains et des intellectuels venant de 61 pays. Ils mettent en avant les réalisations historiques et culturelles de l’Afrique, sous le thème « L’Afrique écrit l’avenir », en tant que continent majeur, berceau de l’humanité et invité d’honneur de cette édition.

ALGER 16 DZ

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