
À l’approche des élections législatives du 2 juillet, les partis politiques affinent leurs préparatifs dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes et des enjeux économiques et géopolitiques majeurs. Cette échéance s’annonce décisive pour la recomposition du paysage politique et les priorités de la prochaine Assemblée populaire nationale. Dans cette dynamique, les formations politiques accélèrent la structuration de leurs programmes et de leurs listes afin de répondre aux défis de représentativité et de gouvernance. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) poursuit, de son côté, la consolidation de sa vision politique autour des mutations en cours et des priorités nationales.
Dans ce cadre, Alger16 a eu l’honneur d’échanger avec Abdelmonaim Benhamda, secrétaire national chargé de la communication au sein du MSP, pour un entretien consacré à la lecture du parti sur la conjoncture et ses priorités pour les législatives.
Entretien réalisé par G. Salah Eddine
À quelques semaines des législatives décisives du 2 juillet prochain, quelle lecture le MSP fait-il de la conjoncture actuelle ? Estimez-vous que l’Algérie s’oriente vers une reconfiguration de son paysage politique et économique pour les années à venir ?
La phase actuelle est marquée par des mutations internationales fulgurantes et des périls géopolitiques majeurs. Il s’agit là d’un prolongement des secousses liées au « Déluge d’Al-Aqsa », de la transition vers un monde multipolaire et de l’émergence de l’ère « trumpiste». Cette réalité impose une sagesse politique accrue, une grande capacité d’adaptation et une gestion rigoureuse des relations avec l’ensemble de nos partenaires internationaux. Elle exige également une stabilité interne pérenne et un consensus autour des questions régaliennes afin de garantir la sécurité nationale et de prémunir le pays contre les menaces régionales et mondiales.
Quelle vision votre parti compte-t-il porter lors de ces législatives, particulièrement au regard des transformations socio-économiques que connaît le pays ?
Le MSP abordera ces élections avec une vision intégrée — politique, économique et sociale — formalisée dans un programme électoral dont les axes majeurs seront dévoilés prochainement lors d’une conférence de presse. Notre ambition est l’édification d’une Algérie émergente, souveraine, sûre et autonome dans ses choix stratégiques ; une Algérie capable d’optimiser ses ressources financières et humaines pour impulser une renaissance durable.
La jeunesse occupe aujourd’hui une place prépondérante dans le débat public (entrepreneuriat, numérisation, initiatives locales). Comment le MSP traduit-il cette présence dans ses listes pour le 2 juillet ?
Le MSP s’enorgueillit de la place qu’il accorde aux jeunes, aux femmes, aux étudiants et à toutes les forces vives de la Nation. La présidence du mouvement dispose d’organes consultatifs dédiés à l’étude de ces questions. Nous considérons les élections comme une opportunité de consacrer l’autonomisation de ces catégories dans le cadre d’un dialogue permanent et non saisonnier. Cette présence sera d’autant plus affirmée qu’elle s’inscrit dans le respect rigoureux des dispositions de la loi électorale.
Selon vous, quelles sont les priorités impérieuses sur lesquelles le prochain Parlement doit se pencher : l’économie, le pouvoir d’achat, l’investissement ou la souveraineté nationale ?
La prochaine législature devra s’atteler à des dossiers complexes, au premier rang desquels la quête d’une souveraineté réelle et d’une sécurité multidimensionnelle (économique, alimentaire, sanitaire, hydrique et numérique) dans un contexte de conflits internationaux et de lutte pour les ressources rares. L’enjeu est de légiférer pour instaurer un cadre normatif stable, garant de cette transition et capable d’assurer au citoyen une vie digne et sereine.
Face aux défis régionaux et aux tensions de la zone, comment la future Assemblée populaire nationale (APN) peut-elle contribuer à la protection des intérêts stratégiques de l’Algérie et au renforcement du front intérieur ?
Le Parlement est une institution clé dont la mission sera de coordonner la protection des positions nationales, notamment via la diplomatie parlementaire. Sa force réside aussi dans sa proximité avec le citoyen : écouter ses préoccupations et s’en faire le défenseur authentique. Le désintérêt électoral s’explique souvent par le sentiment de trahison du citoyen envers des élus qui, une fois sous la coupole, délaissent l’intérêt général. C’est une responsabilité partisane : les formations politiques doivent redonner tout son sens à la représentation parlementaire en imposant des mécanismes de reddition de comptes pour que l’élu honore ses engagements.
L’Algérie prône de plus en plus la diversification économique pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. Quelles propositions phares défendrez-vous au Parlement pour soutenir cette orientation ?
Ces propositions seront détaillées dans notre programme électoral. Bien que nous ne puissions les divulguer prématurément, nous affirmons détenir une vision claire et structurée pour accompagner cette transition. Nous organiserons samedi un forum médiatique d’envergure pour dévoiler notre identité visuelle, notre slogan de campagne, ainsi que notre site internet. Forts de notre expérience lors de la dernière élection présidentielle, nous investirons tous les canaux disponibles — traditionnels comme numériques — pour porter la voix du mouvement, diffuser notre programme et faire connaître nos candidats, en mobilisant les technologies de communication les plus avancées.
G. S. E.
