
Les législatives de 2026 s’annoncent comme un moment charnière où la scène politique se remet en mouvement, entre redéfinition des priorités, montée des attentes sociales et pressions économiques de plus en plus fortes. Dans ce climat en recomposition, chaque parti cherche à clarifier sa vision et à marquer son positionnement dans une compétition politique qui s’intensifie. C’est dans cette dynamique que le parti Tajamou Amel El Djazaïr (TAJ), présidé par Mme Fatma-Zohra Zerouati, met en avant une ligne axée sur l’efficacité de l’action publique, la proximité avec les citoyens et les défis du développement national. Dans ce contexte, ALGER16 a eu l’honneur d’échanger avec la présidente de TAJ, pour un entretien consacré à la vision du parti pour les législatives de 2026 et aux grandes priorités qu’il entend porter au sein de la future Assemblée.
Entretien réalisé par G. Salah Eddine
Les législatives de 2026 arrivent à grands pas. Cela s’annonce comme une nouvelle phase politique et économique pour l’Algérie. Un commentaire ?
Pour le parti TAJ, ces législatives constituent une opportunité de renouveler la confiance entre les citoyens et les institutions, mais aussi de renforcer la stabilité politique à travers une représentation parlementaire plus efficace, plus proche des préoccupations réelles des Algériens et davantage orientée vers les résultats. Nous sommes face à un rendez-vous politique majeur qui intervient dans un contexte marqué par des mutations économiques profondes, des défis géopolitiques importants et des attentes sociales fortes.
Et nous souhaitons que la prochaine Assemblée soit à la hauteur des enjeux de cette phase, notamment en matière de développement économique, de justice territoriale et de souveraineté nationale.
Dans TAJ, nous abordons cette échéance avec un esprit de responsabilité et une vision politique claire.
Justement, quel sera votre approche par rapport à ces échéances ?
Notre approche repose sur la proximité avec les citoyens, l’écoute des préoccupations locales et la proposition de solutions réalistes et applicables. Nous préparons ces élections dans une logique de mobilisation constructive, avec des candidats capables de défendre les droits des citoyens et aussi porter un discours crédible et des propositions concrètes. Nous voulons une campagne fondée sur le débat d’idées, loin des promesses irréalistes, en mettant au centre les priorités nationales, à savoir : l’économie, l’emploi, la gouvernance locale, la transition numérique et la justice sociale et bien évidemment les énergies renouvelables
Notre objectif n’est pas de participer pour participer, mais de contribuer activement à construire une majorité de propositions au service de l’intérêt national dont le citoyen est au centre des propositions.
L’Algérie a récemment dépassé le seuil des 300 milliards de dollars dans son PIB. Le futur Parlement devra-t-il devenir un Parlement économique avant tout afin d’accompagner cette dynamique ?
Vu les enjeux auxquels fait face le monde, le futur Parlement devra incontestablement être un Parlement du développement et de l’efficacité économique, sans renoncer à ses autres missions constitutionnelles qui resteront très importantes. Aujourd’hui, l’Algérie est engagée dans une dynamique ambitieuse de diversification économique, d’amélioration du climat des affaires, de transition numérique et de valorisation de ses ressources nationales.
Le rôle du Parlement ne doit plus se limiter à produire des textes de loi ; il doit accompagner les transformations économiques du pays à travers une législation moderne, adaptée aux besoins de l’investissement, de l’innovation, de l’entrepreneuriat et de la création de richesse.
Nous avons besoin d’un Parlement qui évalue les politiques publiques, encourage l’investissement productif, protège le pouvoir d’achat et favorise un développement équilibré entre toutes les régions du pays.
On sait que les listes finales n’ont pas encore été données et que ce sera finalisé la semaine prochaine. Quelle place TAJ donnera-t-il aux jeunes ?
Pour le parti TAJ, les jeunes sont à la tête de plusieurs wilayas, donc pour nous, ces jeunes ne sont pas une catégorie à représenter symboliquement, mais comme une véritable force de proposition et de transformation. Nous croyons profondément que l’avenir du pays se construit avec la force de sa jeunesse. Et concernant nos listes électorales, elles accorderont une place importante aux jeunes compétences, aux profils porteurs d’initiatives, aux cadres engagés dans la société et capables d’apporter une vision renouvelée de l’action politique. Le renouvellement générationnel est aujourd’hui une nécessité politique. Nous voulons permettre à une nouvelle génération de participer à la décision publique, tout en favorisant un équilibre entre l’expérience politique et les compétences émergentes.
Le président de la République insiste régulièrement sur la souveraineté économique et la diversification. Comment TAJ compte-t-il traduire cette vision en propositions concrètes au sein de la future Assemblée ?
Le parti, une fois au Parlement, adhèrera pleinement à l’orientation stratégique visant à consolider la souveraineté économique nationale et à diversifier les sources de croissance. Cette vision va se traduire par des propositions législatives concrètes et mesurables.
Nous défendrons notamment des initiatives favorisant l’investissement productif, la transformation industrielle, l’économie verte, la sécurité alimentaire, la numérisation de l’administration et le soutien aux start-up et aux PME et PMI.
Nous estimons également qu’il faut renforcer les mécanismes de contrôle sur l’efficacité des dépenses publiques, encourager l’innovation locale et améliorer l’environnement économique afin de créer davantage d’emplois durables, notamment pour les jeunes diplômés.
L’objectif est clair pour le parti TAJ : construire une économie plus résiliente, plus compétitive et moins dépendante des fluctuations extérieures dans le respect de l’environnement et des intérêts stratégiques de l’Algérie.
Quel sont les autres axe sur lesquels doit se baser le futur Parlement, selon vous ?
C’est une bonne question. Le futur Parlement aura une responsabilité majeure dans le renforcement du front intérieur et la consolidation de la position stratégique de l’Algérie face aux tensions régionales et aux mutations internationales. L’unité nationale, la cohésion sociale et la défense des intérêts supérieurs du pays doivent rester des priorités absolues. Le Parlement doit soutenir les orientations diplomatiques de l’État, contribuer à la protection de la sécurité nationale par une diplomatie parlementaire plus active et renforcer les mécanismes législatifs liés à la sécurité économique, énergétique et alimentaire.
L’Algérie dispose d’une voix crédible sur la scène régionale et africaine. Le rôle des élus sera aussi de valoriser cette position à travers une représentation responsable, objective et patriote.
G. S. E.
